Attentat de Boston : Une punition divine, selon la secte homophobe Westboro Baptist Church

La secte homophobe Westboro Baptist Church a attribué l’attentat du Marathon de Boston à une punition divine.

« Dieu a envoyé les bombes pour le péché du Massachusetts d’avoir adopté le mariage homo », a affirmé ce groupe sur Twitter, après la double déflagration qui a fait au moins 3 morts et une centaine de blessés.

Mis en ligne le 16/04/2013 

Source : http://reloaded.e-llico.com/depeche.htm?une-punition-divine-selon-la-secte-homophobe-westboro-baptist-church&articleID=30544

Cinq ans ferme pour le libraire « sorcier » et pervers sexuel cannois

 

Publié le jeudi 25 avril 2013 à 07h05
Condamnation du pseudo-gourou de Grasse
C’est dans sa librairie ésotérique de l’avenue Francis-Tonner, à Cannes-la-Bocca, que le pseudo-gourou abusait des femmes.(Photo Gilles Traverso)
Des jeunes femmes, parmi lesquelles des collégiennes, avaient subi des attouchements dans la boutique cannoise de ce pseudo-gourou. Il a été condamné hier par le tribunal de Grasse

Veste noire japonisante, crinière aux boucles blanches retombant en cascade sur les épaules, Marcel Ascencio porte beau mais fait profil bas. Détournant soigneusement la tête pour ne pas croiser le regard de ses victimes en début d’audience. A 67 ans, l’homme était jugé hier à huis clos pour viol et agression sexuelle, par la chambre collégiale du tribunal correctionnel de Grasse, présidée par Isabelle Imbert. Ce « descendant de sorcier »,comme il le prétend, a pourtant échoué à envoûter le tribunal hier.

L’affaire date de l’an dernier. Dans sa libraire ésotérique de Cannes-la-Bocca, « La licorne 2 », Marcel dispensait des cours de magie et des séances de magnétisme à ses clientes. Dans un réduit de 2 m2, sur une table éclairée à la bougie, ses mains se faisaient volontiers baladeuses. Mais pas seulement.

Parmi ses victimes, il y a quatre mineures âgées de 12 à 15 ans au moment des faits, toutes scolarisées au collège des Mûriers. C’est l’une d’elle qui a donné l’alerte. Elle était la seule absente hier à l’audience. « À cause de l’affaire, elle a déménagé, elle porte en elle une souffrance immense », confie son avocate Gisèle Beddouk. « Lors d’une séance, Marcel Ascencio l’avait attachée à un tabouret et giflée.»

Sous le choc, l’adolescente se confiera à la psychologue scolaire, qui donnera immédiatement l’alerte. Le point de départ de la procédure judiciaire.

« Le courage des victimes »

Le pseudo-gourou prétendait faire des jeunes filles « de grandes prêtresses ».Bien souvent, les collégiennes avaient innocemment franchi la porte de sa librairie pour acheter un exemplaire de « Twilight », livre en vogue chez les ados.

Puis il tentait par la persuasion de les amener dans son arrière-boutique où, sous prétexte de les magnétiser, il leur touchait la poitrine et le sexe. Deux majeures ont également subi ses déviances. Dans le box, face à cinq des six victimes, l’homme a tout nié. Jurant au complot.

Sortant de l’audience, Me Dominique Romeo, avocat d’une jeune fille de 13 ans, s’est avoué « consterné, inquiet également de la personnalité du prévenu ».

Pour Me Gisèle Beddouk, l’homme est « un gourou manipulateur ». Ce que notera d’ailleurs la procureure dans son réquisitoire. « Vos victimes sont dans la culpabilité, expliquent avoir fait preuve de naïveté. Mais c’est vous qui êtes naïf de penser que vous pouvez manipuler le tribunal aujourd’hui », a asséné Céline Raignault. Et de saluer« le courage des victimes et la dignité des parents ».

La défense, qui n’a pas voulu s’exprimer sur le dossier à l’issue de l’audience, a plaidé la relaxe. En vain. Le tribunal a condamné Marcel Ascencio à cinq ans ferme, avec maintien en détention. Le pervers s’est également vu interdire de rentrer en contact avec les victimes ou avec des mineurs. Il sera en outre désormais fiché au Fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions sexuelles.

Source : http://www.nicematin.com/cannes/cinq-ans-ferme-pour-le-libraire-sorcier-et-pervers-sexuel-cannois.1232902.html

Se prémunir des sectes

Jean-Pierre Abraham, Daniel Picotin, Bruno Lafon, Martine Amelineau.

Jean-Pierre Abraham, Daniel Picotin, Bruno Lafon, Martine Amelineau. (Photo J.-R. V.)

Au Centre culturel jeudi 18 avril, maître Daniel Picotin a animé une conférence sur « le rôle des autorités publiques, des responsables sociaux et éducatifs face aux dérives sectaires ». Le public, nombreux, a activement participé à la conférence.

« Les manipulations mentales représentent un phénomène plus large que les sectes et qui n’est pas toujours bien compris du grand public, ni même des professionnels du droit, magistrats, avocats ou services d’enquête », explique Daniel Picotin, président de l’association Info-sectes Aquitaine. Daniel Picotin estime que « les faux souvenirs sont très pernicieux, car les véritables thérapeutes ont beaucoup de mal à détricoter ces faux qui passent pour des manifestations de l’inconscient et qui, en fait, ont été induits chez les patients souvent sous hypnose ». Ces décodages biologiques provoquent naturellement des drames dans les familles.

Ce n’est jamais la personne qui va vers le mouvement sectaire, mais c’est ce dernier qui vient vers elle, par différents procédés. Pour se prémunir, il faut ouvrir l’œil de manière critique et du bon sens. Attention aux promesses (approche séduisante pour une offre de développement personnel, de thérapie ou de spiritualité, promesse de bonheur, d’amitié fraternelle, de guérison, etc.).

Infos-sectes Aquitaine (Association pour la prévention et l’éducation sur les phénomènes sectaires). Contact : tous les mercredi de 14 heures à 17 h 30 ou par téléphone au 05 56 44 25 58/09 64 07 81 77 ou aquitaine@ccmm.asso.fr

Source : http://www.sudouest.fr/2013/04/25/se-premunir-des-sectes-1035159-2770.php

Saint-Pé-de-Bigorre. Dérives sectaires ou épanouissement personnel ?

Publié Le 24/04/2013 à 07:43

tribunal

Un procès pas comme les autres ? Sans doute. D’entrée de jeu, l’avocat de l’un des prévenus, un ténor du barreau de Paris, a tenté de faire capoter la procédure, au motif que «l’enquête préliminaire a duré plus de 5 ans, ce qui n’est pas de nature à garantir un procès équitable». C’est que l’affaire est un peu particulière, puisque Michel M. et Marie H, qui gèrent, non loin de Saint-Pé, un centre où se tiennent «des stages d’épanouissement personnel», sont accusés, disons-le, de dérive sectaire et d’incitation à la consommation de stupéfiants, en l’espèce l’ayahuasca. Les mêmes faits, peu ou prou, leur avaient été reprochés en 2005, ils avaient alors bénéficié d’un non-lieu.

Tous les deux s’en défendent. Non, ils n’ont pas poussé leurs stagiaires à se rendre au Pérou, fréquenter un centre appelé Takiwasi, animé par un médecin à la sulfureuse réputation… S’ils y ont été, c’est de leur plein gré. En revanche, Michel s’y est rendu, il l’avoue tout naturellement, et oui, il a écrit un livre sur l’ayahuasca. «Mais j’étais alors mandaté par l’hôpital de Pau, dont j’étais le responsable du service psychiatrie. J’ai expérimenté l’ayahuasca, qui permet des «visualisations mentales» parce qu’il a été étudié en tant que médicament. À l’époque, il n’était pas classé comme stupéfiant. Après tout, on parle bien de la morphine…»

Certes, mais à l’époque, il ouvre un site internet où l’ayahuasca est présenté, site fermé depuis… «La frontière entre incitation et information est tenue», fait-il remarquer.

N’empêche, pour Mme le procureur, les liens existent bien entre le centre d’épanouissement bigourdan et le centre péruvien. «Plusieurs personnes sont en lien et font la promotion de ces «cures» à l’ayahuasca.» Mais sans en apporter réellement la preuve… Aussi, une simple amende de 5.000€, dont 2.500 avec sursis, a été requise pour chacun des deux prévenus.

Du caviar pour la défense, qui a plaidé, sans hésitation, la relaxe. «Le parquet a été instrumentalisé par un homme, dont la fille avait été suivie en psychiatrie par ma cliente, qui leur a littéralement pourri la vie, les a accusés d’être des gourous, des chamans», a vociféré l’avocat parisien, «ce dossier est vide, c’est de la calomnie pure et simple, d’ailleurs nous allons contre-attaquer et demander des indemnités». Même discours chez Me Sagardoytho : «On dirait le continuum d’un premier procès perdu, nous sommes dans un conflit de personnes, et rien d’autre. On accuse mon client d’avoir fait l’apologie de l’ayahuasca, mais dans la moindre librairie, on trouve dix livres qui y sont consacrés !» Et de les produire à la barre, avant de les proposer au tribunal… «Nous allons également attaquer ce monsieur en calomnie.»

Le tribunal a tranché et a prononcé la relaxe pure et simple pour les deux prévenus. Mais rien ne dit que l’affaire soit définitivement close…

Christian Vignes

Sectes : les seniors de plus en plus ciblés

Le président de la Miviludes, Serge Blisko, a remis jeudi son rapport annuel au premier ministre, Jean-Marc Ayrault.
Le président de la Miviludes, Serge Blisko, a remis jeudi son rapport annuel au premier ministre, Jean-Marc Ayrault.Crédits photo : BERTRAND GUAY/AFP

Selon le dernier rapport de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes), les groupes sectaires n’hésitent pas à approcher les personnes âgées dans les maisons de retraite.

Signe que la structure est dorénavant bien connue mais aussi que le phénomène sectaire en France est loin de reculer, la Miviludes (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires) est de plus en plus saisie. Alors qu’en 2011, les saisines, au nombre de 2300, avaient progressé de 25 % par rapport à 2010, la tendance à la hausse se confirme en 2012 puisque sur les huit premiers mois, les signalements ont augmenté de 22 % par rapport à la même période 2011.

«En cas de saisine, nous demandons aux forces de l’ordre de mener des vérifications et si nécessaire nous informons les procureurs, alertés de 50 à 100 cas par an en général», indique le président de la Miviludes, Serge Blisko, qui a remis jeudi son rapport annuel au premier ministre, Jean-Marc Ayrault.

Victimes au sein de maisons de retraite

Dans ce document, l’accent est mis sur les dérives sectaires qui frappent les personnes âgées. Un phénomène émergeant, selon Serge Blisko et qui prendra forcément de l’ampleur. «Nous comptons 2,5 millions de personnes de plus 80 ans. En 2040, elles seront 7,5 million», dit-il. Une catégorie de plus en plus importante et qui devient donc un «nouveau marché» pour les sectes à la recherche de secteurs porteurs.

Proies faciles quand elles sont isolées à leur domicile et coupées de leur famille, les personnes âgées peuvent aussi devenir des victimes au sein de maisons de retraite où des groupes, sous couvert de démarches spirituelles, se rapprochent d’elles. Ces manœuvres d’approche ne sont la plupart du temps que frauduleuses pour prendre les biens mais il peut y avoir aussi emprise mentale. La Miviludes a d’ailleurs reçu plusieurs appels de responsables d’établissements signalant «des groupes inquiétants». Objectif prochain de la mission interministérielle: former les responsables de ces structures à mieux repérer les risques sectaires.

Source : http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2013/04/25/01016-20130425ARTFIG00645-sectes-les-seniors-de-plus-en-plus-cibles.php

Sectes: « Je suis encore hantée par mon passé »

Magalie a fait partie durant près de dix ans du mouvement fondé par sa mère, « Amour et Miséricorde ». Elle fait partie « des sortants de groupe » que la Miviludes, qui rend ce jeudi son rapport, souhaite aider.

Alexandra Gonzalez
Le 25/04/2013 à 6:34
Mis à jour le 25/04/2013 à 8:15
Magalie, 31 ans, a réussi à s'extraire du mouvement de sa mère, Amour et Miséricorde. (Magalie B.)

Magalie, 31 ans, a réussi à s’extraire du mouvement de sa mère, Amour et Miséricorde. (Magalie B.)

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Bien-être, santé, religion… Dans ces domaines, de plus en plus de gourous s’improvisent guides ou thérapeutes au sein de petites structures locales, bien loin des sectes d’ordre mondial comme l’Eglise de Scientologie. Vigie de ces mouvements parfois très dangereux, la Miviludes (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires), rend ce jeudi matin son rapport annuel à Jean-Marc Ayrault.

Le rapport, qui aborde notamment les sectes en entreprise et celles dans le monde de la santé, consacre également une partie aux personnes vulnérables aux risques sectaires, rendues fragiles par leur situation professionnelle, financière, personnelle mais aussi parfois parce qu’elles ne sont que des enfants.

Ce fut le cas de Magalie. Cette belle jeune femme de 31 ans parle aujourd’hui de sa mère comme d’une étrangère, qu’elle nomme par son prénom, Eliane. « Je ne peux plus me considérer comme sa fille. Ce qu’elle a fait est impardonnable », confie-t-elle à BFMTV.com.

« Plus de 200 en pleine forêt la nuit »

Magalie a 15 ans lorsqu’un beau soir de 1996, en pleine forêt, sa mère dit voir la Sainte Vierge. C’est le début de l’engrenage. Eliane affirme que l’apparition lui demande de revenir la voir chaque 15 du mois, à 00h06 précises, dans les bois de Plombières-lès-Dijon, en Côte-d’Or.

D’abord accompagnée par ses proches, Eliane finit par rassembler à chaque fois plus de monde. « On était parfois jusqu’à plus de 200, en pleine nuit, à attendre qu’elle ait son « apparition », qui lui transmettait des messages religieux. Les gens venaient même en car de l’étranger pour y assister », se souvient Magali.

La mère fonde une communauté dans sa maison, où elle accueille les gens qui « l’adulent », moyennant une rétribution financière. « Mes frères et moi n’avions plus de chambre. On dormait sur un matelas, à plusieurs dans une pièce, on vivait les uns sur les autres », se rappelle Magalie, qui devait à sa mère « une obéissance permanente », et qui dès l’âge de 16 ans lui versait tout son maigre salaire de serveuse.

Un groupe de prières aux mœurs étranges

Quelques années passent, et le mouvement prend de l’ampleur. Il porte alors un nom: « Amour et miséricorde », Eliane à sa tête. Devant la justice, qui vient la voir à plusieurs reprises, elle parle d’une communauté « amicale », d’un « refuge » pour des gens parfois un peu seuls, à qui elle « offre » le gîte et le couvert. Mais la réalité est bien pire pour Magalie, qui est convaincue qu’elle est une véritable gourou.

Elle n’est pas la seule: la Miviludes a également le groupe de prières dans son collimateur depuis que de nombreux témoignages de proches de membres ou d’anciens sympathisants ont fait état notamment « d’humiliations, de ruptures violentes avec le cercle familial, et de demandes financières exorbitantes. »

« C’est difficile d’assumer que je suis une victime »

C’est à 24 ans que Magalie, elle, a pu échapper à « l’emprise » d’Eliane, alors que celle-ci lui demandait de choisir entre son mari et elle. Magali a fait son choix, et vit aujourd’hui toujours avec son époux et leurs cinq enfants.

Pourtant, elle reste encore hantée par son passé: « Parfois je me réveille, et je me dis que je suis une mauvaise fille, que je n’aurais jamais dû briser tous ces liens. Mon frère et mes sœurs vivent toujours avec elle et refusent de me parler. Alors oui, parfois, c’est difficile d’assumer que je suis victime et non coupable. »

Suite aux dépôts de nombreuses plaintes, un juge d’instruction a été saisi de l’affaire, et les gendarmes de Dijon enquêtent depuis plus d’un an sur Amour et Miséricorde. Mais pour le moment, hormis une garde à vue, Eliane n’a pas été inquiétée par la justice, et continue de « voir » chaque mois la Vierge.

Source : http://www.bfmtv.com/societe/sectes-je-suis-hantee-passe-500382.html

Le premier ministre saisi par des associations de victimes de sectes

Jean-Marc Ayrault a été saisi lundi 22 avril par l’Union des associations luttant contre les dérives sectaires afin qu’il fasse appel de la condamnation récente de la France par la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH).
Le 31 janvier, la secte du Temple Pyramide, ainsi que deux autres entités liées au Mandarom, l’Association des chevaliers du lotus d’or et l’Église évangélique missionnaire, avaient obtenu de la CEDH qu’elle invalide des procédures fiscales engagées contre elles. La Cour européenne a ainsi condamné la France à verser 4 millions d’euros pour violation de la liberté de pensée, de conscience et de religion, invoquant le non-respect de l’article 9 de la Convention européenne des droits de l’Homme.

L’Union nationale pour la défense des familles et de l’individu victimes de sectes (Unadfi) souligne dans sa lettre au premier ministre que le premier arrêt « association cultuelle du Temple Pyramide » et les redressements contestés portent sur la période 1993-1995. Or, selon la présidente de l’Unadfi, Catherine Picard, le statut de cette association « ne lui permettait pas de bénéficier des exonérations prévues par le code général des impôts ». Et d’ajouter : « La Cour ne semble pas avoir tenu compte des avis des différentes instances juridiques qui ont confirmé le bien-fondé de l’action des services fiscaux. »

L’Unadfi s’en prend aussi au fond de la décision : « En ne retenant que le critère de prévisibilité au détriment des critères de sécurité publique, protection de l’ordre, de la santé ou de la morale public, ou protection des droits et libertés d’autrui, la Cour conduit un raisonnement très éloigné du droit français pour lequel la liberté de culte ne peut être réduite à des avantages fiscaux. » Ainsi, rappelant que « la France a pris des positions courageuses contre les dérives sectaires », l’Unadfi juge « primordial que le gouvernement fasse appel devant la Grande Chambre de la CEDH des trois arrêts rendus le 31 janvier ».

Lacroix.com (avec AFP)

Source : http://www.la-croix.com/Actualite/France/Le-premier-ministre-saisi-par-des-associations-de-victimes-de-sectes-2013-04-23-951879

Le délicat retour à la vie des sortants de sectes

Créé le 23/04/2013 à 15h13 — Mis à jour le 24/04/2013 à 07h18

  • Magalie Breux

SOCIETE – Les associations prennent en charge, chaque année, près de 300 individus qui quittent des mouvements sectaires…

Cela faisait dix ans que Paul n’avait plus de contact avec sa femme et ses deux filles. Et puis, fin janvier, il a reçu un courrier. «Trois lignes et demie, décrit-il. Elles m’annonçaient avoir quitté la secte et demandaient mon pardon. Depuis, on réapprend à se connaître.» Et cela peut prendre du temps. «Plus l’embrigadement a duré, plus la sortie peut s’avérer difficile», lâche Catherine Picard, présidente del’Union des associations de défense des victimes de sectes (UNADFI). Soutien psychologique, social, aide au logement: chaque année, sa structure vient en aide à 300 personnes qui sortent de sectes.

La Vierge apparaît à 0h06 tous les 15 du mois

Paul a bénéficié de ses conseils. Depuis 2003, son épouse était «l’esclave domestique» de la gourou d’Amour et Miséricorde. Installée dans la banlieue dijonnaise, cette «voyante» prétend bénéficier de l’apparition de la Vierge, le 15 de chaque mois, à 0h06 précisément. «Aujourd’hui, ma femme a peur de voir du monde, peur du jugement», lâche Paul. Après avoir servi l’unique cause de la secte, sa première décision a été de mettre sa foi au service des autres. «Nous sommes partis à Lourdes aider les malades, poursuit Paul. Mes deux filles ont plus de mal à reprendre pied.»

Le syndrome de Stockholm

Magali Breux en sait quelque chose. Fille de la gourou d’Amour et Miséricorde, elle a fui sa mère il y a six ans. «La première année n’a été qu’une longue dépression, confie-t-elle. Dans ces cas-là, il ne faut pas poser de questions.» Et laisser le temps faire son effet. «Mais quand on a passé dix ans à lire des mantras, c’est dur d’apprendre à s’installer devant la télé», enchaîne Catherine Picard. D’autant que certains sortants de sectes sont parfois atteints du syndrome de Stockholm. «Mon épouse se demande encore si elle a pris la bonne décision, lâche Paul. Il faut sans cesse la rassurer.» Dans quelques jours, il pourra le faire quotidiennement. Sa femme vient d’accepter de revenir vivre avec lui.

Source : http://www.20minutes.fr/societe/1143411-20130423-delicat-retour-a-vie-sortants-sectes

Sectes: «La menace grandit et évolue»

Créé le 23/04/2013 à 15h07 — Mis à jour le 24/04/2013 à 07h18
Serge Blisko

INTERVIEW – Avant de remettre son rapport annuel à Jean-Marc Ayrault jeudi, le président de la Mission interministérielle de lutte et de vigilance contre les dérives sectaires (Miviludes), Serge Blisko, fait le point pour «20 Minutes» sur la menace sectaire en France…

Il a pris les rênes de la Miviludes en août 2012. Depuis, Serge Blisko ne cesse de faire le tour de France. Ou plutôt des préfectures françaises où il alerte les services concernés de la menace sectaire en France. Son rapport, qui doit être remis jeudi à Jean-Marc Ayrault, n’élude rien de la situation. Pour 20 Minutes, il dévoile les contours de la situation actuelle.

La menace sectaire est-elle grandissante en France?

L’an dernier, nous avons reçu plus de 2.600 signalements à la Miviludes, dont 72% qui nous parviennent par Internet. C’est une augmentation de l’ordre de 10 à 15% environ. Donc, oui, nous pouvons dire que la menace sectaire grandit en France. Elle évolue aussi comme nous l’avions déjà observé ces dernières années…

C’est-à-dire?

La menace est beaucoup plus diffuse, donc plus grave à mon sens. Les pratiques non conventionnelles, notamment dans le domaine de la santé, augmentent. Le Sénat a d’ailleurs consacré un rapport à ce sujet en particulier. Les choses sont assez simples en fait. Auparavant, quand quelqu’un poussait la porte de l’Eglise de Scientologie, on le repérait très rapidement. Et on pouvait donc agir en conséquence. Mais aujourd’hui, quand quelqu’un rencontre un pseudo psychologue spécialiste de telle médecine parallèle, il nous est très compliqué de le voir.

Comment faites-vous avec ce genre de cas?

Bien souvent, ce sont les proches de la victime qui nous alertent. Des enfants qui craignent pour leurs parents. Ou l’inverse. A ce moment-là, on prend connaissance de tous les éléments. Le problème est que de nombreux petits groupes se sont formés et ils diffusent notamment leurs idées via Internet.

Que faites-vous pour les sortants de sectes?

C’est un sujet délicat. Souvent, les personnes qui parviennent à rompre avec les mouvements sectaires éprouvent une forme de honte. Il leur est compliqué de trouver de la stabilité, de retrouver un travail, de reprendre des études ou juste de reprendre contact avec la famille. Nous avons eu le cas récemment d’une dame qui est restée embrigadée plus de trente ans. A sa sortie, elle avait une cinquantaine d’années. Et elle n’avait rien du tout. Nous travaillons en ce moment à l’idée de mettre en place des abris temporaires pour prendre en charge les sortants de sectes. De manière à ce qu’ils puissent reprendre pied et surtout éviter d’être soumis à la pression des gourous.

 Vous allez remettre votre rapport jeudi à Jean-Marc Ayrault. Qu’allez-vous lui demander?

D’abord, je voudrais lui demander plus de moyens pour les associations de victimes. Et puis, je pense qu’il faut accélérer la formation, notamment dans les écoles de police et de gendarmerie, ce que nous faisons déjà.

 Propos recueillis par Vincent Vantighem

Procès des reclus de Monflanquin : « Je protège la famille de la reine d’Angleterre ! »

Le procès en appel a débuté lundi à Bordeaux. Thierry Tilly, le « gourou » présumé, seul prévenu à la barre, s’engage dans une défense de rupture

Thierry Tilly lors de l’ouverture du procès, le 27 septembre dernier à Bordeaux.

Thierry Tilly lors de l’ouverture du procès, le 27 septembre dernier à Bordeaux. (Archives Fabien Cottereau)

Je suis agent de la DGSE. Je peux le prouver. J’ai été pilote de chasse. J’ai dissous le 1er RPIMA. Je suis double champion olympique. J’ai aussi été footballeur professionnel. Le juge d’instruction a usurpé mon identité pour jouer au foot à Sochaux. Je suis prince d’Iran. Prince de Jersey. J’ai fait l’ENA. J’ai vu mourir de Gaulle. J’ai fait l’école nationale de la magistrature. Je suis docteur en droit, agrégé de lettres. Je suis préfet indisponible. Je suis le père du président du PSG. Dans un train, j’ai fait match nul avec Kasparov aux échecs. Je suis l’homme le plus riche de France. Liliane Bettencourt est ma grand-tante. J’ai été commissaire de police. François Mitterrand est un ami personnel. Je ne suis pas un plaisantin, Monsieur le président. C’est une question d’éducation. Je suis de la famille des Windsor.

Dans le jargon judiciaire, on appelle ça « colorer un dossier ». Un art dans lequel Thierry Tilly, qui comparait depuis hier devant la cour d’appel de Bordeaux pour avoir maintenu sous son emprise et dépouillé de ses biens la famille de Védrine, de riches aristocrates Lot-et-Garonnais, excelle. Quitte à épuiser l’auditoire, ce qui est sans doute son but. À chaque question qui fâche, laissant penser qu’il pourrait être le bâtisseur machiavélique d’une prison de verre au sein de laquelle 11 membres de l’aristocratie protestante ont vécu reclus pendant plus de dix ans, Thierry Tilly se bunkerise, un sourire aux lèvres, derrière un CV et un arbre généalogique que n’auraient pas renié les adeptes de Dada.

Dans le box des prévenus, Thierry Tilly évite ainsi d’entrer dans un dossier qu’il connaît sur le bout des doigts. Et tandis que président Michel Barailla détaille l’arrivée de Thierry Tilly dans une famille qui va peu à peu se déposséder à son profit d’une partie de sa fortune, vivant soudainement dans une peur panique des francs-maçons, le prévenu ne tarde pas à dévoiler les axes de sa défense. Une défense que l’on pourrait résumer ainsi : faire la fête des Védrine ! « Ces gens-là passaient leur temps à se battre entre eux. Je n’étais qu’un conseiller, ce n’est pas moi qui prenais les décisions. C’est eux qui ont instauré ce climat de psychose entre eux ».

Mention spéciale pour Jean Marchand, l’époux de Ghislaine de Védrine et qui avait le premier dénoncé l’emprise du soi-disant agent secret sur la famille. « Il a menacé de mettre en branle ses réseaux. Il leur a fait du chantage. C’est lui qui a installé cette paranoïa. » Selon l’instruction, en retour, Thierry Tilly aurait prodigué ses conseils avertis pour exclure le récalcitrant du clan. Un clan pour lequel il ne semble manifester aucune compassion et dont il se réclame pourtant… de la même famille. « C’est la branche difficile de ma famille », assure-t-il martelant que depuis l’affaire « je ne peux plus entrer à Buckingham ».

« Avec une telle lignée, depuis trois ans, vous n’avez pourtant reçu aucune visite », remarque Me Picotin pour la partie civile. « Je protège ma famille », répond du tac au tac le prévenu. « Mais quelle famille ? », rebondi Me Martial toujours pour la partie civile. Lui: « Allons, vous l’avez très bien compris : la famille royale d’Angleterre! »

Hormis s’offrir un baroud d’honneur, Thierry Tilly cache-t-il une stratégie plus subtile à travers cette attitude de rupture exacerbée ? Me Martial le croit: « Ne voudriez-vous pas nous amener à l’idée que vous êtes tellement menteur, tellement mythomane que si on décide de vous suivre, c’est qu’on le veut bien ? »

Source : http://www.sudouest.fr/2013/04/23/je-protege-la-famille-de-la-reine-d-angleterre-1033069-3609.php#xtor=EPR-260