Isère: un château d’un million d’euros au coeur d’une enquête pour abus de faiblesse

Publié le 25.10.2013, 17h32

 

Le parquet de Bourgoin-Jallieu a ouvert une information judiciaire pour abus de faiblesse aggravé visant des actes de « prédation » sur les biens d’une quadragénaire, notamment une propriété d’un million d’euros à Vertrieu (Isère), a-t-on appris vendredi.
« On va s’intéresser aux conditions dans lesquelles cette dame a mis en vente ce château », évalué entre 750.000 et 1 million d’euros, a expliqué à l’AFP Cédric Cabut, procureur de la République à Bourgoin-Jallieu, confirmant une information du Dauphiné Libéré.

Âgée de 45 ans, cette femme décrite comme « gravement dépressive » a rejoint au printempsl’association Alvenia, à Seborga, près de Vintimille, en Italie. L’association est dirigée par un couple, « Stéphane et Martine », qualifiés d' »envoyés du divin, comme et avec Jésus et les anges », selon son site internet.
« Le but de l’enquête sera de vérifier si on n’est pas en présence d’un mouvement sectaire se livrant à de la manipulation mentale et ayant pour objet la prédation des biens de cette dame », a expliqué M. Cabut.
C’est la dernière fille, tout juste majeure, de cette mère de trois enfants qui a alerté les autorités.
« La famille est très vigilante », a décrit le procureur.
Le parquet a ouvert une enquête préliminaire en mars et une procédure de placement sous tutelle ou curatelle a été lancée en parallèle.
Mais la femme a refusé de se prêter aux examens médicaux prévus dans le cadre de cette procédure.
Elle a récemment mis en vente sa demeure bourgeoise du XVIIIe siècle, Le Relais du Bac, qui fait aussi chambre d’hôtes.
« Nous faisons des vérifications sur ses comptes pour voir si elle a opéré des virements à destination de l’Italie », a précisé M. Cabut.(…)

L’école d’infirmières toujours tourmentée

PUBLIÉ LE 23/10/2013

Par Anne-Sophie Coursier

CHALONS-EN-CHAMPAGNE (51). L’école d’infirmière se trouve dans le collimateur de Miviludes pour des cours sur la sophrologie.


Certains étudiants ont refusé de suivre les cours de magnétisme.

 

L’IFPS de l’avenue Sarrail n’a pas fini d’être dans la tourmente. Après que les conditions de travail et des faits de harcèlement ont été dénoncés, via la médecine et l’inspection du travail mais également auprès du président de la Croix-Rouge française dont dépend la structure (lire notre édition du samedi 21 octobre), voilà que l’on apprend que l’institut de formation des personnels de santé est dans le collimateur de la Miviludes, la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires.

Parmi les modules de formation donnés au sein de l’établissement châlonnais, certains portent sur la sophrologie et le magnétisme, une pratique non reconnue par les instances de santé. Jusqu’à peu de temps, ils avaient été rendus obligatoires, comptant même pour l’examen final. C’est en tout cas ce que des étudiants dénonçaient auprès de leur direction. En vain. « Nous n’avons pas été écoutés », souligne l’un d’eux.

Pourtant, la Miviludes est claire à ce sujet dans l’un de ses derniers rapports. Citant l’IFPS, il dénonce ces pratiques qui « peuvent être d’une efficacité redoutable dans le processus d’emprise mentale et peuvent conduire les malades à abandonner leur traitement conventionnel ».(…)

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Jean-Pierre Coquand : « Pourquoi j’ai quitté les Témoins de Jéhovah »

    Jean-Pierre Coquand : « Pourquoi j’ai quitté les Témoins de Jéhovah »

    Les sectes ont-elles la réponse à nos interrogations ? Remplacent-elles un être cher perdu ? Apportent-elles le confort moral dont nous avons besoin ? Dans un livre publié en 2009 et intitulé « Aliénation et prises de conscience », Jean-Pierre Coquand raconte sa vie au sein de l’association Les Témoins de Jéhovah. Il en est ressorti grâce à des études, mais sa femme y est encore mem­bre.
    Des citations bibliques prises au premier degré et servies au ‘désespéré’ pour lui montrer qu’il était écrit dans la Bible que « tout cela arrivera mais que ce n’est qu’un signe annonciateur de l’apocalypse et que seuls qui croient seront sauvés ». Les visites à domicile accompagnées d’enfants, en groupes, les visiteurs toujours sages et vêtus correctement et, entre les mains le pamphlet La Tour de Garde, une revue propre, avec ses dessins édéniques et dans un français impeccable. Tout est fait pour rassurer.

    Comment l’auteur s’est-il laissé endoctriner par les membres des Témoins de Jéhovah ? « Par le processus instrumental de la manipulation mentale et du conditionnement afin de rendre, en 6 mois, les gens semblables dont prévisibles et corvéables à souhait, les amenant à penser, agir et réagir en Témoin de Jéhovah, neutralisant ainsi les résistances du facteur humain, difficulté majeure à la constitution d’un organisme social », explique l’auteur. Le processus d’alié­nation utilisé par les ‘TJ’ (Témoins de Jéhovah : initiales servies par Jean-Pierre Co­quand dans son ouvrage) est semblable à celui auquel les sectes ont recours : l’exploitation des moments de faiblesse de certains individus et la mise en place d’intervention adaptée à leurs profils respectifs.

    Dans le cas de l’auteur, il s’agit d’un jeune homme devenu orphelin à un certain âge et dont le destin bascule lorsqu’il est pris ‘en charge’ par des membres des Témoins de Jéhovah. C’est au domicile familial qu’ont lieu les premiers contacts, où le père recevait de temps en temps la visite d’un ami d’enfance (…),  qui était Témoin de Jehovah. « Mon père l’avait surnom­mé ‘La Bible’ car il nous parlait de la fin im­minente du monde et nous laissait le pé­riodique ‘Réveillez-vous !’ ».  Alors qu’il est âgé de 18 ans, Jean-Pierre Co­quand perd sa mère, qui meurt à la suite d’une seconde intervention chirurgicale cardiaque. (…)

    Des partouzes célestes et sectaires

    Par , publié le 

    Deux victimes d’une micro-secte dangereuse, dont la gouroue a été condamnée à 5 ans de prison, témoignent dans un livre de leur asservissement financier et sexuel. Extraits exclusifs.

    Des partouzes célestes et sectaires
     

    La gouroue d’une secte a été condamnée à 5 ans de prison ferme.

    afp.com/Jacques Demarthon

     

    Le 16 octobre, la gouroue Françoise Dercle a été condamnée à cinq ans de prison ferme pour avoir imposé à ses adeptes des relations sexuelles en groupe et leur avoir soutiré 400 000 euros. La Cour d’appel de Caen a rajouté un an de prison à la condamnation décidée le 22 janvier dernier par le Tribunal correctionnel de Lisieux (Calvados).

    Cette affaire exceptionnelle caractérise une micro-secte hyper-dangereuse. Le « Parc d’accueil » de Françoise Dercle a sévi le 2002 à 2007 et la prise de conscience des adeptes manipulés a été telle que la grande majorité d’entre eux se sont retrouvés sur les bancs des parties civiles, 21 personnes.

    François Dercle a été condamnée pour abus de faiblesse aggravéune qualification qui comprend des faits de complicité de viols et d’agressions sexuelles, mais aussi de violences volontaires sur personnes vulnérables.

    La gouroue avait inventé les « mêlées célestes » ou les séances de  » navigation  » pour contraindre ses adeptes de lui offrir le spectacle de méga-partouzes… en prétendant qu’il ne s’agissait pas de relations sexuelles mais d' »effusions du Saint-Esprit « . Elle-même affirmait qu’elle prêchait en tant qu’épouse de Jésus et que Dieu parlait à travers elle.

    Le 23 octobre, Eric et Julie Martin, deux anciens adeptes de la secte de Françoise Dercle, publient le récit bouleversant de « Cinq ans de cauchemar » (City Editions), avec l’aide du journaliste Manuel Sanson.

    EXTRAITS EXCLUSIFS

    Navigation en eaux troubles

    « Le sexe s’impose au fur et à mesure. Comme à son habitude, Françoise Dercle procède par étapes. Pas question de nous braquer. Il faut y aller par petites touches… Nous glissons d’un enseignement spirituel classique à des rapports plus charnels. (…)

    Après ces frottements de dos, on passe aux guili-guili. Comme avec des gosses. À tour de rôle, nous devons chatouiller nos acolytes en effleurant de plus en plus les parties intimes de chacun. Peu à peu, l’ob­jectif se précise : tous les prétextes sont bons pour évoquer la libération des corps. Notre « mère » revient emballée d’un voyage en Finlande.

    Elle y a observé les gens se rendant au sauna et au hammam. Quel que soit leur sexe, ils n’ont aucun problème à se mettre nus, selon elle.

    Elle loue ce supposé détachement. Et sa nouvelle consigne tombe : désormais, nous devons nous embras­ser, nous faire plein de bisous. Notre guide réoriente sa doctrine. Elle choisit des binômes en fonction de ses révélations. (…)

    Attouchements sur les organes génitaux

    À travers nos vêtements, les attouchements se multiplient sur les organes génitaux. Françoise Dercle nous suggère également de nous caresser les seins.

    À chacune des séances, elle nous fait changer de partenaire. Homme ou femme, pas de distinction. C’est Françoise Dercle seule qui, à sa guise, forme et défait les couples. (…)

    Une fois qu’elle en a terminé avec ses « prières », tout le monde se retrouve en duo sur de vieux matelas de gymnastique récupérés par l’un de nos acolytes. Les travaux pratiques se déroulent maintenant en sous-vêtements. Chacun doit se dénuder et personne n’y échappe, y compris les femmes les plus âgées qui font partie intégrante du groupe. Ma mère et Lucile sont de la partie. Et gare à ceux qui refuseraient de s’y plier.

    Que vous soyez malade ou dérangé, rien ne peut vous empêcher de participer aux séances. Si elle perçoit la moindre réticence, elle se lève en sursaut et assène de violentes gifles aux contrevenants. Je ne suis pas de ceux-là, du moins au départ.

    Je me lance dans ces séances de « navigation » – le terme employé par Françoise Dercle pour qualifier ces séances orgiaques. Je suis inquiet, mais d’une obéissance absolue, faisant taire toutes les pensées qui m’assaillent et me préviennent qu’il s’agit d’une folie. Je reste convaincu: il faut chasser les démons. En mon for intérieur, je suis captif, « accroché » par son ensei­gnement. (…)

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    La Cour des comptes d’Amsterdam reconnaît l’Église de Scientologie en tant que religion d’intérêt public

    Business Wire
    Le 19/10/2013 à 1:12

    L’Église de Scientologie et ses fidèles aux Pays-Bas ont remporté une victoire majeure devant la Cour des comptes d’Amsterdam (nº 12/00652) qui a confirmé aujourd’hui en appel que l’Église de Scientologie d’Amsterdam est administrée exclusivement dans l’intérêt public et que ses activités sont de nature religieuse et idéologique et par conséquent exonérées d’impôt.

    L’Église de Scientologie et ses fidèles aux Pays-Bas ont remporté une victoire majeure devant la Cour des comptes d’Amsterdam (nº 12/00652) qui a confirmé aujourd’hui en appel que l’Église de Scientologie d’Amsterdam est administrée exclusivement dans l’intérêt public et que ses activités sont de nature religieuse et idéologique et par conséquent exonérées d’impôt.

    L’année dernière, la cour d’Haarlem a affirmé que les services fournis par l’Église à ses fidèles, en matière d’audits et de formation, sont de nature religieuse. Aujourd’hui, la Cour a statué que l’Église de Scientologie doit être traitée de la même façon que d’autres organisations religieuses au titre de la loi. La Cour a déterminé que l’Église de Scientologie est une institution d’intérêt public car ses activités sont de nature exclusivement religieuses. La Cour a également jugé que la finalité et les objectifs de la participation aux services religieux de Scientologie n’étaient pas différents de la finalité et des objectifs de la participation aux services religieux d’autres institutions religieuses.

    L’Église de Scientologie d’Amsterdam a été créée en 1974 où elle a œuvré avec assiduité pour l’intérêt de tous. En plus de servir ses fidèles, l’Église parraine des programmes d’amélioration des conditions sociales efficaces qui touchent des milliers de personnes.(…)

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    La gourou de Lisieux rejugée en appel ce lundi à Caen

    Françoise Dercle a été condamnée le 22 janvier 2013 à 4 ans de prison ferme dans l’affaire de la secte du « Parc d’accueil ». Ce lundi, le procès en appel a débuté. L’accusée semble vivre dans un autre monde et fuit les questions.

    • Par Christophe Meunier
    • Publié le 14/10/2013 | 09:01, mis à jour le 14/10/2013 | 18:00
    Françoise Dercle ce lundi lors de son procès en appel à Caen
    Françoise Dercle ce lundi lors de son procès en appel à Caen
    Françoise Dercle, 56 ans, a été condamnée le 22 janvier à cinq ans de prison dont un avec sursis et au versement de plus de 440.000 euros de dédommagements à une vingtaine de victimes parties civiles. Ancien professeur d’anglais auprès de jeunes désocialisés pour la fondation catholique Les Apprentis d’Auteuil à Lisieux, Françoise Dercle avait comparu, pendant deux jours et demi, fin novembre, lors d’un procès à huis clos pour « abus frauduleux de l’ignorance ou de la faiblesse d’un tiers », dans le cadre de la loi About-Picard de 2001 contre les dérives sectaires.

    Françoise Dercle avait fait appel de ce jugement. Elle est rejugée en appel ce lundi 12 octobre à la Cour d’appel de Caen. Elle ne conteste pas le versement de dommages et intérêts, 400 000 euros pour les parties civiles, mais la peine de prison prononcée en première instance. « Nous considérons que 4 ans de prison ferme est une sanction inadaptée à la situation, à cette affaire, à la personnalité de Mme Dercle », a déclaré ce lundi matin Maître Schneider, son avocat, « Et puis, si vous avez suivi les premiers débats, vous savez que je n’ai pas plaidé alors j’espère que cette fois-ci, je pourrai apporter des éléments de réflexion de nature à influencer la décision ».(…)

    Sursis pour un marabout

    Maxéville. « Je me suis bien fait avoir ». Dans la salle des pas-perdus du tribunal de Nancy, ce chauffeur de 37 ans parvient à sourire de sa mésaventure. Mais devant les juges, le trentenaire perd son sourire, son vocabulaire et ses moyens.

    Il répond par « oui » ou par « non » aux questions de la présidente Hologne. Comme la plupart des victimes d’arnaques, il est plus qu’embarrassé d’avouer qu’il a joué le rôle de pigeon, juste bon à plumer. Tout est parti, en mars 2011, d’un prospectus coincé dans les essuie-glaces de sa voiture. Le papier vantait les mérites d’un marabout d’origine guinéenne installé à Maxéville.

    Le trentenaire a appelé et pris rendez-vous. « ll était dans un état de grande détresse psychologique », précise son avocat, Me Jean-Philippe Bauche. Pour être plus précis, il venait d’être plaqué par la femme qu’il aimait.

    Le marabout a flairé la bonne affaire et lui a expliqué qu’il pouvait faire revenir l’être aimé. Pour cela, il lui fallait des photos des ex-tourtereaux ainsi qu’un produit miracle dont il s’est bien gardé de donner la composition.

    « Il était super-convaincant »

    La victime trop crédule a payé la séance. Puis, dans les jours suivants, le marabout l’a relancée à de multiples reprises par textos pour obtenir, à chaque fois, un peu plus d’argent. Et cela afin –soi-disant– d’acheter des ingrédients mystérieux censés permettre la fabrication de sa potion magique.(…)

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    Pour le « gourou » de Valbonne, tout est de la faute de ses « esclaves »

     

    Publié le 

    Devant la cour d’assises des Alpes-Maritimes siégeant à huis-clos, le « gourou » de Valbonne a commencé mercredi à s’expliquer.

    Poursuivi pour viols sur trois filles de 15 ans, Sean O’Neil, 41 ans, a mis en cause les lycéennes, prétendant ne pas avoir pu résister à leurs appétits sexuels. En larmes, cet Australien adepte de Krishna a juré être venu s’installer en France, malgré lui, à « la requête pressante » de Marie (qu’il avait rencontré sur Internet).

    « Elle lui a demandé de le frapper, alors il l’a fait, jusqu’à en avoir mal aux mains ». L’amour en groupe? Il ne pouvait « rien refuser » à celles qu’il appelait ses « esclaves ». Ses propos ont choqué les adolescentes, en pleurs à la sortie de l’audience, ainsi que leurs avocats.

    « C’est totalement irréel » confiait Me Julien Brosson. « Il se dit passif, ce qui est formellement contredit par les experts. Et puis si la situation était si déplaisante pour lui, pourquoi n’est-il pas parti? « (…)

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    Les Témoins de Jéhovah sont-ils aujourd’hui, en droit, un culte reconnu ?

     

    Le Conseil d’État a jugé illégaux, mercredi 16 octobre, les refus d’agrément d’aumôniers pour les Témoins de Jéhovah détenus dans des établissements pénitentiaires. L’administration justifiait ces refus par l’insuffisance du nombre de détenus pratiquants.

    17/10/13 – Mis à jour le 17/10/13 – 16 H 54

    Patrice Rolland, professeur de droit à l’Université Paris-Est Créteil, spécialiste de la laïcité apporte son éclairage.

    « La décision du conseil d’État s’inscrit dans la ligne d’une jurisprudence constante depuis 1997. Le Conseil d’état avait alors été saisi pour avis, c’est-à-dire pour éclaircir un point de droit car les tribunaux administratifs ne s’accordaient pas sur le fait de savoir si l’exonération de taxe foncière dont bénéficient les associations cultuelles pouvait être accordée aux Témoins de Jéhovah.

    Il s’agissait donc de donner une définition de la notion de culte. Le 24 octobre 1997, le conseil d’État a estimé que les associations cultuelles doivent avoir exclusivement pour objet l’exercice d’un culte. Celui-ci s’entend comme l’accomplissement, par des personnes réunies par une même croyance religieuse, de certains rites ou de certaines pratiques. La seule limite posée par le Conseil d’État était que l’association ne fasse pas courir de risque à l’ordre public.

    DES ARGUMENTS FRAGILES

    Dans les années 1980, le juge administratif a mis en avant le refus du service militaire ou des transfusions sanguines par les Témoins de Jéhovah pour pointer un trouble à l’ordre public. Mais ces arguments étaient fragiles, car l’objection de conscience est reconnue et l’obligation de soin ne concerne pas les adultes mais seulement les mineurs.(…)

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    Des rabbins kidnappeurs à New York

    par Loïc Pialat, Los Angeles – En échange de dizaines de milliers de dollars, ils auraient fait enlever et torturer des Juifs orthodoxes mariés pour les forcer à divorcer. Dix personnes, dont deux rabbins, sont derrière les barreaux.

    «Croyez-moi: si vous vous retrouvez dans ce camion, vous accorderez le divorce à votre femme. Vous l’aimez probablement mais quand ils en auront fini avec vous, vous la laisserez partir.» Ce que l’auteur de ces mots, le rabbin Mendel Epstein, ignorait, c’est qu’il s’adressait en fait à une agente du FBI se faisant passer pour une Juive ultra-orthodoxe désespérée de divorcer. Et quand au début du mois les hommes de main du rabbin se sont retrouvés dans un hangar du New Jersey pour préparer le kidnapping du faux mari, les agents fédéraux les ont arrêtés comme le raconte en détail le New York Times.

    Dans la communauté juive hassidique, très présente à Brooklyn, il est très difficile pour une femme d’obtenir la séparation puisqu’il lui faut l’autorisation du mari. La méthode du rabbin Epstein pour accélérer les événements a fait ses preuves. Selon le FBI, le mari était kidnappé et torturé dans un van jusqu’à ce qu’il signe les documents nécessaires au divorce. Sac plastique sur la tête, menaces avec scalpel, tout était bon pour le pousser à bout. Y compris le recours à un pistolet à impulsion électrique comme ceux utilisés pour les troupeaux. «Si ça peut forcer un taureau de 5 tonnes à bouger…Posez-le sur certaines parties du corps et en une minute, le type saura», a confié le rabbin à l’agente sous couverture.(…)

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