A Nantes, le combat d’une mère pour retrouver sa fille [Témoins de Jéhova]

Fatiha a choisi de se battre sur le terrain de la justice pour tenter de retrouver sa fille. Elle alimente aussi une page Facebook intitulée "Les Témoins de Jéhovah ont endoctriné mon enfant".

Fatiha a choisi de se battre sur le terrain de la justice pour tenter de retrouver sa fille. Elle alimente aussi une page Facebook intitulée « Les Témoins de Jéhovah ont endoctriné mon enfant ». Photo : SL/Metro

TEMOIGNAGE – Il y a trois ans, Fathia Wycisk a vu sa fille de 18 ans partir de chez elle, pour rejoindre les témoins de Jehovah. Depuis, elle n’a quasiment plus de contacts. Elle a pris un avocat pour tenter de récupérer sa fille.

Fatiha Wycisk n’a pas vu sa fille depuis trois ans. Quand elle en parle, les larmes lui montent aux yeux : à 18 ans, Maroussia, a quitté la maison, pour rejoindre les Témoins de Jéhovah. Sa mère n’a plus que de rares contacts. Depuis ce jour, elle lutte pour récupérer sa fille.
De 1975 à 1985, Fatiha a elle-même fait partie de cette communauté, considérée par la Miviludes (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires) comme une « groupe à dérive sectaire ». « J’y suis rentrée à l’âge de 15 ans », explique-t-elle. En quête de spiritualité, Fatiha se fait baptiser, fait du porte-à-porte, participe à des réunions trois soirs par semaine.Excommuniée des Témoins de JéhovahPuis peu à peu, elle prend conscience d’un « endoctrinement » : « Je me coupais de mon entourage. Au début, les Témoins nous déroulent le tapis rouge. Puis il faut donner de l’argent, se justifier quand on n’est pas présent… » Pour avoir choisi de partir, Fatiha est excommuniée : les membres avec qui elle a partagé sa vie n’ont plus le droit de lui parler. « Je me suis retrouvée toute seule, avec mes deux filles. Cela a été très douloureux. »La jeune femme tente de se reconstruire. Jusqu’à ce qu’en 2003, des Témoins de Jéhovah tapent à sa porte. En grande précarité, affaiblie par une maladie, Fatiha accepte qu’ils parlent avec sa fille de 11 ans, pour des études bibliques ». Elle reconnaît sa faiblesse : « Je voulais juste donner à ma fille un catéchisme de base. Je pensais pouvoir contrôler. »« Ils font beaucoup de dégâts, en silence »

Mais peu à peu, Maroussia s’implique de plus en plus dans l’organisation. « Elle s’est trouvée une famille de substitution. J’ai senti que je la perdais », reconnaît sa mère. En juin 2010, à sa majorité, Maroussia quitte la maison. « Elle m’a juste dit qu’elle partait. Les Témoins de Jéhovah lui avaient trouvé un logement et un travail », raconte Fatiha.

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Droit de réponse:
Je ne suis pas partie de chez ma mère à cause ou à la demande des Témoins de Jéhovah mais avec l’aide de mon père et de ma sœur, qui ne sont pas Témoins de Jéhovah.
Les conditions de vie étaient très difficiles à la maison. Plutôt que de saisir les services sociaux de longues années de souffrances familiales, j’ai tout simplement préféré me
préserver en m’éloignant de chez moi.
Je n’ai toutefois jamais coupé les ponts avec ma famille. Au contraire, j’ai tenté à plusieurs reprises de reprendre contact avec ma mère. J’ai même saisi un service de
médiation familiale. Je continue à voir régulièrement mon père et ma sœur qui me soutiennent pleinement.
J’aime mes études d’art, j’ai de très bons résultats scolaires, et, malgré l’étalage public de ma vie privée, j’essaie de me concentrer sur mon avenir professionnel. Toutes les
démarches et enquêtes introduites par ma mère ont d’ailleurs établi que je suis maître de mes décisions et que je ne suis sous l’influence de personne.

Maroussia Wycisk