Afrique – Histoire du Monde : Raël de plaisir ?

MATIN PREMIERE | mercredi 2 avril 2014 à 4h27

L’Histoire du Monde, c’est une info originale publiée dans la presse internationale mais qui ne fait pas nécessairement la Une des journaux.

 

Et notre HDM nous emmène en Afrique ce matin. L’Hôpital du Plaisir devait ouvrir au Burkina Faso il y a un mois… Un établissement spécialisé dans la réparation du clitoris après une excision. Une opération gratuite ! Un hôpital qui aurait été bien utile. Seulement voilà, il est financé par la secte Raël. Et ça, ça ne plait pas à tout le monde. L’Hôpital du Plaisir est flambant neuf, dans la campagne de Bobo-Dioulasso, la deuxième ville du Burkina… Il devait ouvrir le mois dernier, la veille de la journée des femmes. Mais tout a été annulé !

En fait, c’est la secte Raël, via une ONG, qui finance cet hôpital… Une secte internationale fondée par un Français après une rencontre avec des extraterrestres, en tout cas c’est ce qu’il prétend. Il a un projet d’immortalité grâce au clonage. La secte est régulièrement au cœur de polémiques, notamment parce qu’elle encourage une sexualité très libérée, et des soupçons de pédophilie planent sur plusieurs de ses responsables.

Le Burkina Faso est donc un peu coincé entre cet hôpital qui pourrait « réparer » des centaines de femmes et la mauvaise réputation de ceux qui le financent…

Oui mais le gouvernement a tranché, il a interdit l’ouverture de l’hôpital. Un projet pourtant rare, presque miraculeux dans un des pays les plus pauvres du monde. Il faut dire que l’Église a pesé de tout son poids dans cette affaire. Les raëliens et les catholiques s’accusent mutuellement de pédophilie. L’Église – très influente au Burkina – a une véritable mainmise sur toutes les questions sexuelles.

Les raëliens sont furieux et accusent les catholiques d’avoir mené une campagne de dénigrement et d’avoir fait changer le gouvernement d’avis au dernier moment, juste avant l’ouverture de l’hôpital.

Ce qui est sûr, c’est que les grandes perdantes, ce sont les femmes burkinabées…

Certaines attendaient déjà devant les portes, elle ont dû repartir sans avoir été soignées. C’est d’autant plus grave que l’opération de réparation du clitoris est très simple et rapide. Les moyens et les médecins étaient là. Mais le bras de fer entre l’Église et la secte a tout bloqué. L’hôpital aurait pu soigner huit femmes par jour, les responsables attendaient des patientes du pays entier et même du Kenya, du Mali ou du Sénégal. En Afrique, plus de 130 millions de femmes sont excisées. Une coutume extrêmement douloureuse qui prive les femmes de tout plaisir sexuel.

Source : rtbf