Pourquoi entre-t-on dans une secte ?

Et un jour tout bascule…

Souvent, lorsque l’on regarde une émission de télévision parlant des groupes sectaires, et que l’on voit un adepte parler on se surprend à dire : « mais comment fait-il pour raconter autant d’inepties ? Moi, à sa place, je ne me serais pas fait avoir ! » Et c’est exact sauf que les informations que l’on reçoit du téléviseur sont biaisées.

Nous ne connaissons pas le pourquoi du comment qui a fait que cette personne est, un jour, été absorbée dans ce groupe, nous ne connaissons rien de sa vie, de ses états d’âme, de ses joies et de ses peines. Mais ce que l’on peut être sur c’est qu’il y a eu un moment dans sa vie une raison (consciente ou non) qui l’a fait chuter.

Si nous étions des êtres rationnels 24 heures sur 24, cela ne nous arriverait pas, car tout serait réfléchi et analysé. Mais heureusement ce n’est pas le cas, car nous sommes des êtres sociaux qui nous fabriquons à partir des autres. Nous avons des sentiments (qui peuvent être bon ou mauvais suivant les jours), nous avons des peines, des joies bref nous sommes humains.

On ne se réveille pas un matin en se disant : « tiens, je vais rentrer dans une secte  » (heureusement!).

Il y a juste eu un concours de circonstances qui a fait qu’une personne est entrée dans le cerveau d’une autre pour mettre des informations capables d’anéantir a plus ou moins long terme son libre arbitre.

Au début ces informations peuvent être de différentes sortes : love bombing (« tu es super, nous t’aimons », etc. cette technique fonctionne avec les personnes en manques d’affections), le rationnel (« tel prix Nobel est avec nous » celle-ci fonctionne avec celles qui sont plus terre-à-terre) ou encore le spirituel (« tu peux être un élu de Dieu » et celle-là fonctionne mieux avec les personnes se cherchant intérieurement). Malheureusement ce ne sont que 3 exemples.

Bien évidemment les adeptes ne bombardent pas d’informations le nouvel arrivant. Elles sont données subtilement et le temps fait son œuvre. Une personne bien dans sa tête, dans son corps et qui n’a pas de problèmes particuliers ne prêtera pas oreille à ce genre de propos. Mais celle qui a baissé sa garde (en général sans s’en rendre compte), aura de fortes chances de tomber dans les griffes bienveillantes d’un gourou.

Et ces gourous sont partout : en groupe, en médecine, en formation professionnelle, en entreprise, sur internet, dans les forums de discussions, etc. Ils sont partout et dans toutes les couches sociales.

Alors devons-nous être paranoïaques ? Non. Soyons seulement sur nos gardes.

Si l’on connaît une personne (un ami ou de la famille) qui commence à avoir un discours étrange, une manière d’être qui a changé, ou tout autre changement radical (ou non) il est temps de se poser des questions et d’être attentif.

Car même s’il n’est jamais trop tard pour sauver quelqu’un, il est plus facile de le faire au début qu’après 20 ans d’embrigadement.

Mais les deux choses primordiales à faire sont de ne jamais couper le contact avec cette personne et de ne jamais rentrer en conflit avec elle au sujet de son groupe (ou gourou), car cela aura comme effet de renforcer en plus sa croyance.

Christophe Jaming