AISNE Le tonton idéal s’estime inexcusable

Leur incompréhension est totale. « J’avais une telle confiance en ma sœur, et mon beau-frère. Ils étaient témoins de Jéhovah, c’était un gage de moralité », dit la maman de la jeune femme.Aux assises de l’Aisne, l’oncle idéal reconnaît n’avoir « aucune excuse » pour avoir violé sa nièce d’une dizaine d’années, de2000 à2002 dans une petite commune du Laonnois.

Très entourée par sa famille, la victime de ses agissements (au nombre de 380 pénétrations selon le magistrat instructeur), a peine à retenir ses hoquets. Elle s’est tue pendant près de dix ans par crainte de tensions familiales. Ses proches multiplient les gestes d’attention et de tendresse auprès d’elle et tentent d’effacer ses cauchemars.

Elle (la maman) culpabilise : « lorsque j’ai soigné ma fille pour ce que le médecin pensait être de la constipation, je ne me suis pas posé les bonnes questions. »

L’épouse de l’accusé est atterrée : « J’étais très attachée à ma nièce. J’ai l’impression d’avoir trahi les siens. » Elle n’aime pas trop que l’on évoque les témoins de Jéhovah, dont elle a rejoint le mouvement dans les années1970.

Son mari l’a suivie, comme il l’a fait en bien des choses ; il ne savait pas dire non. Certes, il est passé devant un comité judiciaire du mouvement et a été sanctionné pour son comportement, en perdant certains « privilèges », tel d’intervenir et de poser des questions.

Mais il n’a pas été exclu. « Il suffisait de se repentir », précise-t-il. Un traitement qui n’est pas accordé aux femmes ne pouvant être ministres du culte ni effectuer des tâches administratives.

« Elles sont loin d’être les égales des hommes », a lancé Me Antonini, avocat de la partie civile. Dans le box, le presque sexagénaire fait ses actes de contrition comme s’il voulait en finir, le plus vite possible, avec son procès et se retrouver seul avec sa conscience.

source : http://www.courrier-picard.fr/courrier/Actualites/Info-locale/Saint-Quentin-Chauny/Le-tonton-ideal-s-estime-inexcusable

LE COURRIER PICARD Mercredi 06 Juin 2012 F.-J. C.