«Au nom du fils», des prêtres et des pédophiles. Le film qui dérange les intégristes français

CINEMA – Bien accueillie en Belgique, cette comédie féroce est en butte aux attaques des milieux intégristes en France…

Vincent Lannoo ne s’attendait pas à des réactions aussi vives pour la sortie d’Au nom du fils. L’histoire d’une mère catholique (campée par l’excellente Astrid Whettnall)  très pratiquante découvrant que le prêtre qu’elle a hébergé et en qui elle avait confiance a abusé sexuellement de son fils adolescent a été bien reçue en Belgique mais connaît une levée de bouclier des catholiques intégristes en France. «Le film a du mal à trouver des salles et pourtant les avant-premières françaises ont connu un excellent accueil», précise le réalisateur connu pour ses «documenteurs», Strass (2002) et Vampires (2010).

Un film férocement drôle

C’est avec un humour noir revigorant que le cinéaste décrit la vengeance et la perte de la foi de cette maman trahie. «Je crois que la France est particulièrement sensible de ce côté: contrairement à la Belgique, vous n’avez pas de central d’appel où les victimes de pédophilie au sein de l’église peuvent se confier», précise-t-il.

Un réjouissant cocktail de genres

«Mon coscénariste Philippe Falardeau et moi-même avons forcé le trait, admet-il, mais c’est une bonne façon de faire réfléchir et parler. J’ai été surpris que des spectateurs viennent me remercier d’avoir abordé ce thème parce qu’ils avaient été victimes d’attouchements». Entre film de genre et dénonciation, Au nom du fils trouve un ton original et séduisant. Son dénouement d’une cruauté incroyable est l’un des plus surprenant qu’on a vu depuis longtemps. 

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