BELGIQUE – Alain Winants: « Les fuites ne viennent pas de la Sûreté de l’Etat »

L INDISCRET | dimanche 17 février 2013 à 11h39

  • Alain Winants dans L'invité répond aux critiques sur la Sûreté de l'Etat
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    « Quand j’entends un spécialiste autoproclamé de la justice et un ancien ministre de la Justice (Renaat Landuyt et Philippe Moureaux, ndlr), dire que la sureté de l’Etat n’est pas nécessaire, que nous sommes des boyscouts, que nous nous occupons de jouer ou de ramasser des racontars. Et que dès lors, un ministre de la Justice se permet de dire que lorsqu’il était ministre, il n’avait pas de respect pour ceux qui y travaillaient, je trouve cela aberrant, honteux et injurieux« , a-t-il déclaré d’emblée, les bras croisés et les traits tirés.

     

    Ce manque de respect est « surtout dû à l’ignorance totale du monde du renseignement en Belgique », estime Alain Winants qui regrette qu’on ait mis en danger les sources du service ainsi que sa réputation.

    D’ailleurs, « les fuites ne viennent pas de la Sûreté de l’Etat », affirme-t-il.

    « Il faut pouvoir se taire« 

    Sans vraiment accuser quelqu’un, l’administrateur général de la Sûreté de l’Etat propose, comme« je l’ai déjà proposé à plusieurs reprises, que les membres de la Commission du suivi disposent d’une habilitation de sécurité très secrète, ce qui leur permettrait de prendre connaissance de tous les dossiers ». Et de s’interroger sur le fait de savoir pourquoi « une femme de ménage doit avoir cette habilitation alors que les autres au niveau politique n’en ont pas ».

    « Pour un débat entre gens responsables et responsabilisés, il faut que mon interlocuteur dispose de cette habilitation mais cela signifie aussi qu’il faut pouvoir se taire », précise-t-il avant d’ajouter :« Dans le monde du renseignement, tout savoir, tout vouloir savoir et tout pouvoir savoir ne signifie pas la même chose et c’est pratiquement l’inverse de tout pouvoir dire à n’importe quel moment ».

    Les politiques sont-ils espionnés ?

    A la question de savoir si les hommes ou les femmes politiques font parfois l’objet d’une surveillance particulière, Alain Winants répond ceci : « Nous ne suivons pas des partis politiques, des mandataires politiques dans l’exercice de leurs fonctions en tant que tel. Notre travail est un travail qui se base sur notre loi organique. Dans cette loi organique, il y a plusieurs menaces que la sûreté de l’Etat doit essayer de contrer, notamment le terrorisme, l’extrémisme, l’espionnage, l’ingérence, les sectes ».

    En d’autres termes, la Sûreté de l’Etat n’enquête pas sur les politiques en tant que tel, mais il possible, dit-il, que lorsqu’une enquête est menée sur une secte, par exemple, le service informe que cette secte (en citant la Scientologie) essaie de prendre contact avec un tel ou un tel, parce qu’il y a « un risque d’ingérence dans le monde politique et social ».

    Quant à savoir si le Vlaams Belang a effectivement fait l’objet d’une enquête, il rétorque : « Je peux simplement vous dire que nous ne travaillons que sur base des compétences qui se trouvent dans notre loi ».

    C. Biourge

    Source : http://www.rtbf.be/info/emissions/article_alain-winants-les-fuites-ne-viennent-pas-de-la-surete-de-l-etat?id=7929244