Belgique – Bisbilles entre témoins de Jéhovah

Lettres anonymes adressées aux autorités par un ancien membre de la secte pour dénoncer de faux assassinats, en vue de régler de vieux comptes.

Entre octobre 2007 et avril 2008, une petite dizaine de lettres anonymes va parvenir aux parquets de différents arrondissements judiciaires belges pour dénoncer de prétendus assassinats déguisés en mort naturelle. Quatre d’entre elles vont aboutir à Arlon. Des noms et des adresses sont mentionnés et les prétendus criminels sont nommément cités. Plus étrange encore : dans certains courriers, le rédacteur de ces troublants messages, qui s’affuble de divers prénoms, s’accuse d’être le coauteur des exécutions.

Les autorités sont interpellées et des enquêtes sont déclenchées. Les personnes visées par les dénonciations sont interrogées et elles tombent de haut. Rapidement, il apparaît cependant qu’il n’y a pas lieu de douter des décès par mort naturelle ou par accident. Reste alors à identifier le très mauvais plaisant qui, manifestement, connaît bien les victimes de ses accusations sans fondement. Les parquets communiquent entre eux et les courriers calomnieux sont échangés.

À l’évidence, le rédacteur est le même pour chaque missive. Les documents manuscrits révèlent une écriture déguisée mais qui provient de la même «patte». Mieux, dans l’un de ceux-ci, l’auteur déclare qu’il «désire vider son cœur, ne faisant plus partie de la communauté actuellement».L’enquête s’approfondit et il apparaît que toutes les victimes appartiennent ou ont appartenu aux témoins de Jéhovah. Mais c’est à Bruxelles que l’instruction judiciaire va aboutir à l’inculpation d’un suspect.

À Bruxelles, une fois

Car l’un des plaignants bruxellois sait qu’il a un ennemi. Quelques années auparavant, il a été escroqué de 10 000 € par un membre de la «communauté». Il s’agit de Didier D., un Arlonais né en 1962. En raison de ce lourd contentieux, l’intéressé a été exclu des témoins de Jéhovah.

Interrogé, ce dernier va toujours nier toute culpabilité. Face à un brouillon, dont il reconnaît être l’auteur, le quadra va esquiver sans cesse. Il est d’abord soumis à des tests devant un expert graphologue. Lequel ne peut se prononcer sur la parenté entre ses manuscrits et ceux adressés aux autorités. Par contre, l’expert va affirmer que Didier D. a déguisé son écriture pour les tests.

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