Belgique – Dix membres de la Scientologie renvoyés en correctionnelle

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FAITS DIVERS

 La chambre du conseil de Bruxelles a décidé jeudi du renvoi en correctionnelle de deux asbl liées au mouvement de la Scientologie et de dix de leurs membres.

Le parquet fédéral qualifie l’Église de Scientologie d’organisation criminelle et poursuit notamment les prévenus pour escroquerie, pratique illégale de la médecine et non-respect de la législation sur protection de la vie privée. La toute première enquête concernant l’Église de Scientologie a commencé en 1997 lorsque plusieurs ex-membres avaient déposé plainte. Dix ans plus tard, le parquet a demandé le renvoi de douze personnes et de deux associations, la branche belge de l’Église de Scientologie et le bureau européen de l’Église de Scientologie internationale, devant le tribunal correctionnel.

Avant que la chambre du conseil ne s’exprime sur la question, une deuxième enquête a été ouverte après que l’office régional bruxellois de l’Emploi (Actiris) a déposé plainte. L’Église de Scientologie était suspectée de fausses offres d’emploi. Les personnes répondant à l’annonce ne décrochaient pas d’emploi mais bénéficiaient d’une sorte de statut de bénévole.

Il y a quelques mois, le parquet fédéral a décidé de fusionner les deux enquêtes. La chambre du conseil a à présent décidé que les faits pour lesquels un des prévenus était poursuivi sont prescrits et qu’un deuxième suspect devrait être transféré car il est anglophone. Dix autres membres et les deux asbl sont par contre renvoyés en correctionnelle, mais peuvent faire appel de cette décision.

Le mouvement de la Scientologie a été fondé en 1954 par l’écrivain américain de science-fiction Ron Hubbard et compterait 12 millions de membres, répartis dans 8.000 églises et 165 pays.

La décision rendue jeudi par la chambre du conseil de Bruxelles « met en cause de grands principes constitutionnels », a réagi le jour même l’Église de Scientologie de Belgique, qui dénonce « un procès d’intention ».« Nous ne pouvons que constater que cette enquête interminable n’est rien de moins qu’une inquisition moderne et un affront à la liberté de religion et aux droits de la défense », ajoute-t-elle dans un communiqué.

Selon l’Église de Scientologie, « la longueur de l’enquête » montre que les faits sont « inexistants » et que le dossier est « constitué de rumeurs, de procès d’intention et de mensonges sur ce qu’est réellement la religion de scientologie », qui ne devrait pas être traitée « différemment des autres religions ».

L’Église est bien déterminée « à se battre contre toute procédure pénale biaisée qui violerait ses droits fondamentaux, et cela jusqu’à obtention finale d’une vraie justice », conclut le communiqué.

Source : Belga