Belgique : La dinguerie légitime et inguérissable du sujet

Eric de Bellefroid Publié le – Mis à jour le

La psychanalyse est plus souvent décrite en termes de chapelles que d’institution unitaire. Il n’est pas si courant, en effet, comme l’illustre le cas présent, qu’elle se mobilise à l’unisson. Or, c’est bien ce qui s’est produit sous la coupole de la Fabep (Fédération des associations belges de psychanalyse) où freudiens, freudo-lacaniens, jungiens et toutes écoles confondues craignaient de se voir confisquer leur spécificité commune, même si le commentaire de l’Article 31 de ladite proposition de loi pose explicitement que « l’exercice de la psychanalyse et le port du titre de psychanalyste ne sont pas du ressort de la présente loi » .

Membre de l’Ecole de la cause freudienne (d’obédience lacanienne), Philippe Bouillot craignait ainsi que la loi ne prévoie un diplôme de psychothérapeute que bon nombre d’analystes, psychiatres ou psychologues, possédaient déjà.

« Le piège , insistait-il, est que nous pussions paraître opposés à toute réglementation, comme d’éternels hors-la-loi. Ceci n’est pas le cas. Il se trouvait juste un danger de voir la psychanalyse assimilée à une simple psychothérapie, ce qu’elle n’a jamais été et ne pourra jamais être. La psychanalyse, de fait, réserve a priori une place centrale à l’inguérissable – là où, comme disait Freud lui-même, « la guérison vient de surcroît » – tandis que la psychothérapie classique (thérapies dites brèves ou TCC) se conçoit comme une rééducation en regard des dysfonctionnements cognitifs ou comportementaux du sujet. »

La « folie » de l’analyste

Un haut responsable de la même Cause freudienne, Gil Caroz, redoutait également, pour sa part, « le rapt de la psychanalyse aux psychanalystes » . « Quand le commentaire de l’Article 31 de la loi pose que la psychanalyse n’en fait pas partie, nous aimerions tous que cette phrase soit inscrite dans le marbre, incluse dans la loi afin d’obtenir une réelle valeur juridique. »  (…)

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