Belgique – Le gourou Robert Spatz poursuivi aussi pour pédophilie

Le patron de la secte OKC s’est installé clandestinement à Aiseau-Presles. Il est aussi accusé de viols sur une mineure.

En 1997, la Commission parlementaire d’enquête sur les sectes avait épinglé Ogyen Kunzang Chöling, OKC en abrégé, comme l’une des organisations sectaires nuisibles actives en Belgique.

Les conséquences judiciaires de ce rapport de la Chambre n’avaient pas tardé puisqu’une pluie de perquisitions s’était abattue en Belgique et à l’étranger dans les centres fondés en 1972 par Robert Spatz, un Ixellois né en avril 1944, ainsi qu’aux domiciles privés de ses dirigeants.

L’association que le parquet de Bruxelles dénonce comme une organisation criminelle internationale avait étendu ses activités en France, en Espagne et au Portugal, notamment.

Nous reviendrons sur les 117 préventions de ce dossier qui fera l’objet d’un méga-procès devant le tribunal correctionnel de Bruxelles. Mais il y a encore du neuf depuis lors.

Mineure violée?

Le parquet de Bruxelles a en effet indiqué hier que Robert Spatz et son épouse se seraient installés clandestinement à Aiseau-Presles, en 2001. Mais il y a pire encore: «Il est soupçonné d’y avoir commis des viols et des attentats à la pudeur sur la personne d’une jeune fille, mineure à l’époque des faits, ce qui porte à cinq le nombre de jeunes femmes ayant signalé avoir été victimes de faits de viols et/ou d’attentats à la pudeur de la part de Robert S. Le ministère public reproche à J.B., deuxième prévenue de cette cause, d’avoir prêté son aide aux faits d’attentats à la pudeur éventuels. Le réquisitoire du parquet vise aussi à sa charge des faits de non-assistance à personne en danger», dit la porte-parole du procureur du Roi, Ine Van Wymersch.

Enfin, un troisième prévenu est également ciblé dans cette seconde cause: P.C., poursuivi pour faux et usage de faux, soit un faux contrat de bail au bénéfice de Spatz.

Rapts d’enfants

Voici donc un volet «aiselien» qui vient se greffer aux préventions qui couvrent les volumineux cartons de cette instruction qui s’est déroulée pendant 11 ans, de 1997 à 2008. Reste pour le moment un mystère: pourquoi a-t-il fallu plus de 6 ans pour que la chambre des mises ordonne le renvoi correctionnel des sept personnes physiques et de quelques-unes de leurs sociétés? Sachant aussi que les premiers délits remonteraient à 1975… Nous finirons par savoir. Ce qui est spécifique à OKC, qui se réclame d’un boudhisme tibétain, c’est son caractère familial, puisque plusieurs membres de la famille de Spatz sont poursuivis avec lui. Les restos-épiceries végétariens de cette galaxie tournent très bien et sont mêmes reconnus par les fins becs. Au reste, le menu judiciaire de l’affaire reste tristement classique au rayon des sectes nuisibles, selon l’accusation: empire financier, cheptel immobilier, sociétés en pagaille dont une off-shore, exploitation éhontée de la crédulité et surtout d’une main-d’œuvre bénévole réduite à des conditions de semi-esclavage, escroqueries, blanchiment, détournements massifs…

Outre les faits de mœurs déjà mentionnés et dont auraient été victimes trois mineures, le réquisitoire est cinglant à propos de rapts d’enfants, dès l’âge de 4 ans, pour les endoctriner dans un centre, à l’abri de leurs parents. Ce n’est pas la Sciento, c’est du Belge. Mais ce n’est pas pour rire.

Source : lavenir