Belgique – Qui a « trahi » à la Sûreté de l’État ?

 

Ben Weyts, vice -président de la N-VA, veut que ministres et la Sûreté de l’État s’expliquent.

 

Ben Weyts, vice -président de la N-VA, veut que ministres et la Sûreté de l’État s’expliquent.

BRUXELLES – Gros malaise. La Sûreté de l’État a enquêté sur les liens entre des politiques et des sectes. Qui a vendu la mèche? Et cette enquête est-elle démocratique?

La Sûreté de l’État va déposer plainte contre X après que le contenu d’un rapport secret a été divulgué dans les médias samedi, a indiqué Alain Winants, l’administrateur général de la Sûreté de l’État. Des dizaines de noms d’hommes politiques étaient cités dans ce rapport.

La Sûreté de l’État a envoyé, il y a une dizaine de jours, un rapport secret aux plus hautes autorités du pays, parmi lesquelles le Premier ministre et les vice-Premiers ministres du gouvernement fédéral, le parquet fédéral, les Affaires étrangères ainsi que le palais royal. Le rapport, rédigé en octobre 2012, étudie les faits et gestes d’organisations sectaires comme la Scientologie ou Sahaja Yoga.

La Sûreté de l’État y mentionne notamment les contacts qu’ont eu certains hommes politiques avec ces organisations. Une dizaine de noms y étaient cités. Le rapport était classé secret, c’est-à-dire sous la plus haute protection. «La divulgation de ces informations est un délit», a assuré Alain Winants, précisant que la Sûreté de l’État portera plainte contre X.

« Dans le cadre strict de la loi »

Selon l’administrateur général, le rapport – qui a provoqué l’émoi en raison des noms de personnalités politiques qui y étaient cités – a été réalisé dans le cadre strict de la loi.

M. Winants a formellement démenti que les politiciens concernés avaient fait l’objet d’une enquête sur leurs antécédents. «S’ils sont cités, c’est parce qu’une secte a tenté de les approcher en raison de leur fonction. Ils ont donc été les victimes plutôt que les cibles», a-t-il conclu.

Mais du coup, la N-VA réclame l’audition des ministres de l’Intérieur et de la Justice ainsi que de l’administrateur général de la Sûreté de l’État. Et ce, «non pas derrière des portes closes, mais ouvertement. Car il ne s’agit pas ici de discuter des détails d’un dossier, mais bien des règles de base de notre démocratie parlementaire», précise la N-VA.

«La Sûreté de l’État justifie l’espionnage des parlementaires en affirmant que des organisations sectaires tentent d’influencer les processus de décisions, d’adapter des lois ou d’exercer leur influence», indique le vice-président de la N-VA, Ben Weyts. «Si elle juge que ces soupçons sont suffisants pour espionner les hommes politiques, alors je crains que nous soyons ou que nous puissions être suivis dans n’importe quel domaine», s’est-il indigné.

«Dans une démocratie parlementaire, le parlement contrôle le gouvernement et les institutions étatiques comme la Sûreté d’État. Ce n’est pas l’inverse», a-t-il poursuivi.

Source : http://www.lavenir.net/article/detail.aspx?articleid=DMF20130204_00263916