Boisbriand : Communauté hassidique, un mode de vie qui dérange

Reine

Reine Côté
Publié le 05 décembre 2014

Alors que la communauté juive Tosh se retrouve une fois de plus sur la sellette, la mairesse de Boisbriand, Marlene Cordato, se fait interpeller pour rappeler à l’ordre les hassidim qui ne suivent pas la réglementation municipale, une situation qui exaspère certains citoyens.

Lors de la séance du conseil municipal de Boisbriand le mardi 2 décembre, la citoyenne Marlene Côté a longuement questionné Mme Cordato sur son plan de match concernant la kyrielle de griefs déposée par un comité de Boisbriannais lors d’une assemblée citoyenne, en mars dernier.

Selon Mme Côté, les résidants du quartier juif n’ont nullement modifié leurs habitudes de vie depuis ce temps. Pas plus tard que la semaine dernière, elle dit avoir entendu de la musique «dans le tapis» en provenance de leur quartier.

Elle désirait également savoir ce que compte faire la mairesse avec la problématique des poubelles, des écoles illégales et des soukas érigées lors des fêtes juives. À ce sujet, Mme Cordato affirme que le conseil municipal envisage l’adoption d’un règlement les limitant à trois semaines, mais qu’elle ne peut les interdire, les soukas ayant fait l’objet d’une jurisprudence.

Mme Cordato a tenté de calmer le jeu. Elle dit avoir récemment rencontré, en compagnie du directeur général, des dirigeants de la communauté hassidique pour discuter avec eux. «Le canal de communication est bien rétabli. Ils m’ont rencontrée, alors on a été capables de leur présenter nos récriminations et nos attentes comme Ville. Est‑ce parfait? Non, mais je pense qu’ils ont bien saisi l’importance du respect de la réglementation municipale», a stipulé Mme Cordato.

Cette dernière dit s’être également déplacée pour parler avec des citoyens des environs pour savoir comment se passait la cohabitation et assure avoir reçu une majorité de bons commentaires. «Ça se passe bien et il y a une bonne intégration»,lui a‑t‑on signalé.

Concernant la musique forte, Mme Cordato affirme que les citoyens peuvent déposer leur plainte en téléphonant à la Ville, en assurant que cette situation ne les dérange pas tous.

Pour régler le débordement d’ordures en bordure du chemin, la Ville envisage d’installer éventuellement des «conteneurs» semi-enfouis dans les secteurs à haute densité, dont le quartier juif.

Quant aux écoles illégales, la mairesse avoue que son administration se trouve devant une situation pour le moins difficile à régler puisqu’à chaque déplacement des inspecteurs municipaux sur les lieux d’une soi-disant école-maison, celle-ci a changé d’adresse, remettant ainsi leur existence en cause et empêchant toute démarche judiciaire visant leur fermeture.

Devant la longue insistance de la citoyenne, le conseiller municipal Érik Rémy lui a signalé que la communauté hassidique participait elle aussi au développement économique de Boisbriand, où elle est établie depuis 50 ans, et qu’il est dans l’intérêt de tous de s’entendre plutôt que de se chicaner. «Plus on a des liens avec cette communauté un peu plus difficile, plus on peut leur faire comprendre qu’il y a des règles à respecter. Cette communauté est plus ouverte qu’elle ne l’a jamais été. On fait des progrès, de petits progrès, mais on en fait», estime‑t‑il.

Source : Nordinfo