Canada – Faible sentence pour le membre d’une secte

Nicolas Saillant

NICOLAS SAILLANT @

PUBLIÉ LE: LUNDI 26 NOVEMBRE 2012, 20H11 | MISE À JOUR: LUNDI 26 NOVEMBRE 2012, 20H14

Justice

QUÉBEC – Un ex-membre de la Mission de l’Esprit-Saint, une secte établie à Montréal, a vu sa sentence suspendue après avoir reconnu sa culpabilité pour avoir battu ses six enfants à répétition.

Pendant plusieurs années, le père et la mère, tous deux issus de la secte, ont frappé leurs six enfants à coups de pied et de ceinture, dès que ceux-ci ne respectaient pas les règles très strictes qui leur étaient imposées. Au moindre écart de comportement, les enfants, qui ont aujourd’hui de 12 à 18 ans, se faisaient tordre un bras, frapper au visage ou plaquer fortement contre un mur.

Mariés à 18 ans seulement, le père et la mère des enfants issus de deux familles membres de la Mission de l’Esprit-Saint ont été bannis de la secte en 2009, après avoir quitté le mouvement. Après que le couple se soit réfugié à Pont-Rouge, c’est en 2010 qu’un signalement a été fait à la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) pour mauvais traitement à l’endroit des enfants.

Éducation stricte

Dans sa décision, le juge Alain Moran a pris en compte l’éducation particulièrement sévère dans laquelle ont grandi les accusés, dont il est impossible de divulguer les noms pour protéger les enfants. Il a notamment donné l’exemple du père de l’accusé qui reprochait à son fils d’être trop mou avec ses enfants. «Pour faire des enfants parfaits, la ceinture devait être utilisée, a illustré le juge. Ce sont les mauvaises influences qui ont amené ce mode de pensée», a-t-il ajouté.

Aujourd’hui, les six enfants du couple sont en famille d’accueil, mais bénéficient de contacts partiels avec leurs parents qui sont maintenant pleinement conscients de leurs erreurs. Puisque «le risque de récidive est inexistant» selon le juge, ce dernier a accepté de surseoir au prononcé de la peine, tout en exigeant une période de probation de deux ans à l’accusé, en plus de suivre les recommandations de la DPJ.

Source : http://www.journaldequebec.com/2012/11/26/faible-sentence-pour-le-membre-dune-secte