Canada – Le pasteur Lezoka «a ruiné ma vie»

Publié le 08 avril 2014 à 08h50 | Mis à jour le 08 avril 2014 à 08h50

Le pasteur Mwinda Lesoka est accusé de fraude... (Photo Robert Skinner, archives La Presse)

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Le pasteur Mwinda Lesoka est accusé de fraude à l’endroit d’une douzaine d’anciens membres de la Communauté chrétienne de Béthel.

PHOTO ROBERT SKINNER, ARCHIVES LA PRESSE

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Christiane Desjardins

CHRISTIANE DESJARDINS
La Presse

Une garderie en haut, une école quelque part dans le bâtiment, des condos dans le grand stationnement… Le pasteur Mwinda Lezoka avait de grands projets pour son église évangélique d’Ahuntsic. Aucun n’a vu le jour. Et depuis hier, d’anciens fidèles défilent en Cour du Québec pour raconter comment ils en sont venus à s’endetter, parfois même à se ruiner, pour prêter de l’argent au pasteur.

«J’ai perdu ma maison. Je n’ai plus rien. Je vis dans une chambre avec des boîtes en carton. Il a ruiné ma vie…», a sangloté Fortunato Orsini, alors qu’il témoignait à l’enquête préliminaire de M. Lezoka, hier. Ce dernier est accusé de fraude à l’endroit d’une douzaine d’anciens membres de la Communauté chrétienne de Béthel. La fraude alléguée, à hauteur de 600 000 $, se serait déroulée entre 2005 et 2010. L’église était située au 211, boulevard Henri-Bourassa Est, une ancienne école de quartier qui avait déjà abrité le restaurant La Vieille École.

M. Orsini, qui dit avoir exercé le métier de naturopathe, a raconté qu’il était allé à l’église Béthel pour la première fois en décembre 2002. De fil en aiguille, il s’est engagé, et est même devenu diacre. Le pasteur Lezoka lui confiait des tâches et de plus en plus de responsabilités, a-t-il expliqué. C’est lui qui s’occupait de faire le ménage, accueillir les gens, s’arranger pour que tout soit prêt quand il y avait des messes, des cours ou des rencontres. C’est lui aussi qui veillait au grain et installait des seaux quand le toit coulait. «Il m’a nommé surintendant du bâtiment», a raconté M. Orsini, qui assure n’avoir eu aucun salaire pour accompagner ce titre ronflant.

Dépossédé de sa maison

M. Orsini était propriétaire d’une petite maison entièrement payée depuis 1993. À un certain moment, il aurait hypothéqué sa maison pour 42 000 $, afin de prêter cet argent à M. Lezoka. Le prêt a été remboursé, ce qui a mis M. Orsini en confiance, dit-il.(…)

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