Canada – Pontbriand : Faire l’amour et des confitures

Secte du gourou Pontbriand

Première publication 22 novembre 2012 à 09h17
Par Stéphan Dussault | Agence QMI

Dans sa commune de l’Arizonale gourou et fraudeur Marcel Pontbriand tente de couper les liens entre ses disciples et leurs proches. Cela explique que plusieurs n’aient pas de nouvelles de leurs enfants depuis des années.

«On s’en fout de l’argent que Pontbriand nous a volé. Ce qu’on veut comme cadeau de Noël, c’est de revoir notre fille.»

Pauline Larose ne décolère pas. Voilà trois ans qu’elle est sans nouvelles de sa fille Lucie, partie rejoindre ce Marcel Pontbriand qu’elle déteste tant.

«C’est terrible de faire vivre ça à une mère», dit la femme de 72 ans.

Pontbriand est ce Québécois à la fois gourou, guérisseur et fraudeur, en cavale depuis plus de trois ans dans le sud de l’Arizona. Il serait accompagné d’une trentaine de Québécois dont il dirigerait la destinée, terré au fond du désert.

Juste un appel

La mère de Magog est morte d’inquiétude, surtout depuis qu’elle a appris, après le passage du Journal en Arizona la semaine dernière, que l’homme était probablement armé.Parmi les boîtes découvertes dans les autos laissées dans la cour de la maison que Pontbriand venait à peine de déserter de nuit se trouvait un sac écrit «Lucie» à la main.

«J’ai reconnu son écriture et le linge dans le sac, dit-elle avec encore la gorge nouée. Je veux juste un appel, être certaine qu’elle est en vie.»

Mais elle perd tranquillement espoir. La dernière fois qu’elle a donné des nouvelles, c’était pour lui dire qu’elle faisait l’amour et des confitures. «On n’a plus rien à faire, Marcel s’occupe de tout. Arrête de t’inquiéter», lui aurait-elle dit.

Quand la femme de 53 ans a rencontré Pontbriand par hasard il y a quatre ans, il lui a demandé quels étaient ses rêves. Elle a répondu: faire de la peinture. Il lui a alors offert de l’employer en Arizona.

Sa tâche: ajouter une touche artistique aux camions et autos de collection qu’il rénove. «Ce camion, qu’il a baptisé « Le petit train du bonheur », je suis certaine que c’est ma fille qui l’a peinte», dit-elle.

Fraude familiale

Pontbriand aurait aussi vendu pour environ 3000 $ d’actions bidon à ses trois sœurs et pas moins de 25 000 $ à son frère.«On a fait notre deuil de cet argent-là. Là, on veut juste se retrouver en famille. Toute la famille», lance Mme Larose.