Canada – Prières, tradition et médecine naturelle

    • Plein écran

      La Petite-Nation est depuis longtemps un terreau fertile pour les regroupements religieux et les groupes de croissance personnel. Il suffit de fouiller un peu pour en découvrir plusieurs dizaines éparpillés sur le territoire. L’un d’eux attire particulièrement l’attention: le Mouvement du Graal, dont les têtes dirigeantes au Canada sont installées au Lac-Simon.

      JESSY LAFLAMME, LEDROIT

André (nom fictif) est un ancien membre du Mouvement du Graal. Toute sa jeunesse, de l’enfance jusqu’au milieu de son adolescence, le jeune homme aujourd’hui dans la vingtaine a dû prier et vivre selon les enseignements d’Abd-Ru-Shin, le gourou autrichien du mouvement.

Il n’avait pas vraiment le choix. Ses parents étaient de fervents adeptes du mouvement. Ils l’ont été jusqu’à la fin des années 1990, époque où l’organisation prenait, selon eux, des allures de plus en plus «sectaires» et où l’argent prenait trop d’importance dans les affaires du regroupement religieux. C’est d’ailleurs à cette époque que l’immense temple de l’organisation religieuse a été construit au Lac-Simon, dans la Petite-Nation.

Le jeune homme voit aujourd’hui les choses avec détachement. Il a des souvenirs très clairs des célébrations auxquelles il participait au pied du grand clocher au Lac-Simon, où pouvaient parfois se rassembler de 300 à 400 personnes, raconte-t-il.

«Les valeurs de base ressemblent beaucoup à celles de la chrétienté, mais pour embellir tout ça, ils ajoutent des éléments de mythologie, comme les gnomes, les elfes et les lutins. Ces êtres essentiels se retrouvent tous dans les contes qui sont lus aux enfants du mouvement.»

Rejet de la modernité

André affirme que le mouvement met de l’avant un enseignement très traditionnel concernant les femmes. «C’est le choix des femmes d’avoir des enfants, mais à partir du moment où elles sont mères, elles se doivent d’être auprès de leurs enfants. Le contraire était mal vu.»

L’homéopathie occupait aussi une place centrale dans la famille d’André. «Nomme tous les produits naturels qui existent, je vais les avoir essayés, dit-il. On était très fort sur la médecine naturelle. Il y avait un peu comme un rejet de la médecine moderne au sein du groupe. Par exemple, je n’ai pas reçu tous mes vaccins lorsque j’étais enfant. Je suis une des rares personnes qui pourraient encore attraper la polio. Il faudrait d’ailleurs que je fasse un effort et que je rattrape ce retard.»

Source : http://www.lapresse.ca/le-droit/actualites/petite-nation/201302/25/01-4625123-prieres-tradition-et-medecine-naturelle.php