Canada – Une école hassidique illégale à Boisbriand?

Reine

Reine Côté
Publié le 15 mai 2014

Après la saga judiciaire entourant la taxe d’eau, l’étalement pressenti de familles juives hors de leur quartier, voilà que la communauté juive hassidique Kyrias Tosh est encore au centre de l’attention. Cette fois, c’est une école dite «clandestine» dans une maison privée qui suscite l’intérêt de la Ville de Boisbriand.

Selon toute vraisemblance, un important contingent de jeunes filles se rendrait régulièrement dans une résidence privée située sur le chemin de la Rivière-Cachée pour y apprendre les matières académiques.

Le Service d’urbanisme de la Ville de Boisbriand a tenté d’aller vérifier sur place s’il s’agissait d’une réalité ou d’une simple rumeur. Si cette maison privée tient réellement lieu d’école, elle serait illégale en vertu des règlements municipaux puisqu’elle est située en zone agricole.

Or, les propriétaires de la maison en question ont refusé de laisser entrer l’inspecteur de la Ville lorsqu’il s’est pointé chez eux.

La Ville vient donc d’intenter deux actions judiciaires, l’une en cour municipale, et l’autre, auprès de la Cour supérieure, afin d’éclaircir cette histoire et faire respecter les règlements municipaux. Le propriétaire de la résidence privée conteste les infractions émises contre lui.

Un procureur a été mandaté pour représenter Boisbriand devant la Cour supérieure, instance qui pourrait faire accélérer le processus. «Pour aller plus loin, nous devons constater l’usage qui est fait (dans cette résidence) et on n’arrive pas à pénétrer à l’intérieur», souligne la mairesse de Boisbriand, Marlene Cordato, interrogée mercredi à ce sujet.

Celle-ci rappelle que le règlement municipal interdit de tenir des activités institutionnelles ou commerciales dans une résidence privée située en zone agricole. «On réagit dans ce dossier de la même façon qu’on le ferait si quelqu’un tenait un commerce dans sa maison (en zone agricole)», précise‑t‑elle.

Selon un reportage publié sur le site de Radio-Canada le 30 avril dernier, l’académie Beth Tziril, une école réservée aux filles, a perdu son permis en juin 2013. Elles étaient alors 123 au secondaire et 213 au primaire. Et les écoles pour garçons, deux selon Mme Cordato, ne seraient même pas répertoriées par le ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport.

Enfin, l’existence de l’école clandestine du chemin de la Rivière-Cachée est parvenue jusqu’aux oreilles du ministre Yves Bolduc. Ce dernier a laissé savoir, mercredi, qu’il était décidé à enclencher des démarches afin de faire fermer les écoles juives qualifiées d’illégales ou clandestines.

Source : Nordinfo