À l’écoute des victimes des mouvements sectaires

Jean-Louis Dumas assure désormais des permanences à Capbreton, Labenne et Tarnos.

À l’écoute des victimes des mouvements sectaires

Jean-Louis Dumas : « Les dérives sectaires touchent de nombreux secteurs. »© PHOTO

PHOTO B. M.

 

Le Landais a retrouvé sa terre natale. Parti dans la Drôme pour officier dans le secteur bancaire, Jean-Louis Dumas a regagné sa Gascogne d’origine, une fois venu le temps de la retraite. Mais pas question pour autant de lézarder au soleil ! Ce passionné d’histoire, de théâtre et de chansons d’auteurs possède un agenda bien rempli.

Animateur à Côte Sud FM, Jean-Louis Dumas œuvre par ailleurs au soutien des victimes, quelles qu’elles soient. « Mon premier cheval de bataille fut la lutte contre la peine de mort, à travers le monde. Puis mon combat s’est porté sur les victimes dans leur globalité. Ainsi, dans la Drôme, j’ai présidé l’Association départementale d’aide aux victimes d’infractions pénales. J’ai également été médiateur pénal auprès du procureur de la République, dans ce même département. »

De retour dans les Landes, à Capbreton, cet homme engagé a naturellement répondu à l’invitation de l’ADFI, Association pour la défense des familles et des individus victimes de sectes et mouvements à dérives sectaires. « Les ADFI sont nées en 1975, créées par des parents dont les enfants avaient été embrigadés par une secte. J’ai été sollicité car il n’y avait pas d’antenne sur la Côte sud des Landes. J’assure désormais des permanences, à Capbreton, Labenne et Tarnos. »

Et à l’écouter, le travail ne manque pas : « Actuellement, de nombreux secteurs sont gangrenés par les dérives sectaires. Je pense notamment à tout ce qui touche le développement personnel, la relaxation, la psychologie, la santé, le soutien scolaire, l’humanitaire et même le monde de l’entreprise ! Les sectes sont à l’affût de toute vulnérabilité. N’hésitez pas à nous contacter si vous avez le moindre doute, si vous vous sentez menacés ou si l’un de vos proches change de comportement. Nous pouvons aussi intervenir dans les lycées ou collèges afin de sensibiliser les élèves ».

Bruno Magnes

Les horaires des permanences : le premier jeudi du mois, de 14 h 30 à 17 heures au centre social de Tarnos, le deuxième jeudi du mois de 9 heures à 11 h 30 au CCAS de Capbreton et le troisième jeudi du mois de 14 h 30 à 17 heures, salle la Pradette à Labenne.

Renseignements : adfi6440@gmail.com ou au 06 79 65 07 09.

Source : Sud Ouest

Dans le Nord-Pas-de-Calais, la lutte contre les dérives sectaires explose

SECTES – L’Association pour la défense des familles et de l’individu (ADFI) du Nord-Pas-de-Calais enregistre une augmentation de 40% du nombre de ses dossiers. Sa présidente met en garde contre des micro-groupes ou même des personnes isolés. Explications.

Dans le Nord-Pas-de-Calais, la lutte contre les dérives sectaires explose

En France, l’Eglise de scientologie est classée comme une organisation à caractère sectaire.Photo : SIPA

Elle n’a jamais eu autant d’affaires à accompagner. En un an, les dossiers traités par Charline Delporte, présidente régionale de l’Association pour la défense des familles et de l’individu (ADFI), ont augmenté de 40% en 2013, soit environ 280 dossiers.

Tandis que l’association vient tout juste de déménager dans des nouveaux locaux lillois, rue des Jardins, cette pasionaria de la lutte contre les mouvements sectaires lance un appel à la prudence : « Les individus sont fragilisés par cette crise à la fois financière et psychologique, qui se poursuit durablement, indique-t-elle. En parallèle, on observe une recrudescence des manipulateurs isolés et de microgroupes. Ils utilisent beaucoup Internet pour recruter sur ce terreau alimenté par la perte de repère et l’individualisme. »

Des dérives thérapeutiques

Dans la région Nord-Pas-de-Calais, Charline Delporte constate que les dérives thérapeutiques ont le vent en poupe. « Certains se font passer pour des thérapeutes et recrutent directement à proximité des hôpitaux psychiatriques, témoigne-t-elle. Ils arrivent à convaincre leur victime d’arrêter leur traitement pour suivre leur doctrine en assistant notamment à des séminaires ».

S’ensuit un engrenage dangereux, car les victimes se sentent enfin écoutées. « Certaines sont obligées de vendre leur maison pour entretenir ces mouvements », se désole Charline Delporte, qui pointe également une hausse du fondamentalisme islamiste, « où des jeunes sont embrigadés et partent à l’étranger ».

Pour tenter d’endiguer ce phénomène, l’ADFI59 ouvre dorénavant ses portes et sa bibliothèque chaque mercredi après-midi. Une bande dessinée a également été éditée à 7 000 exemplaires. Enfin, un livre blanc réunissant des témoignages de victimes depuis dix ans va être déposé par l’association devant la Cour européenne des droits de l’homme.

*ADFI 59 : 7-9, rue des Jardins, Lille. Infos : 03 20 57 26 77 et www.adfi59.net

Source : metronews

Lambersart : l’ADFI (lutte contre les sectes) réagit à la création de l’académie d’hypnose

PUBLIÉ LE 11/11/2013

Par CHRISTIAN FURLING

L’Académie européenne d’hypnose et l’École française de magnétisme viennent d’ouvrir leurs portes à Lambersart, au cœur du Pacot. La nouvelle a fait réagir la présidente de l’Association pour la défense des familles et de l’individu (ADFI). Charline Delporte appelle à la vigilance face aux dérives sectaires qui accompagnent parfois les pratiques liées au bien-être. Explications.

« Actuellement, les dérives sectaires liées à la santé représentent 40 % des cas que nous traitons, pointe Charline Delporte, présidente de l’ADFI. Les praticiens peuvent mettre en œuvre plusieurs techniques, dont certaines sont sectaires. La population a envie de mieux-être, elle est en demande de thérapies brèves. Certaines personnes, en souffrance, peuvent être facilement manipulées. »

Dans ce contexte, l’ADFI se montre particulièrement vigilante. Elle souligne d’abord que «Thomas Descazeaux n’est pas un professionnel de la santé ». Le magnétiseur et hypnothérapeute n’a pas prétendu le contraire. Le magnétisme n’est pas reconnu par la médecine officielle. Il a été formé à Montpellier au magnétisme thérapeutique, fondé sur la circulation d’énergie au sein du corps. Il n’a pas de diplôme universitaire d’hypnose, mais une formation à l’hypnose eriksonienne, de même que Tony Dhalleine, fondateur et animateur de l’académie européenne de Lambersart, et prothésiste capillaire. Tous deux délivreront des formations qui ne pourront pas déboucher sur un diplôme, mais sur des certifications, comme ils l’ont indiqué.

Les deux associés, qui se sont connus lors d’une formation, soulignent leur volonté de venir en aide à des personnes en détresse et assurent vouloir exclusivement pratiquer le magnétisme et l’hypnose thérapeutiques (hypnose dite douce, fondée sur la suggestion). À Toulouse, Thomas Descazeaux travaillait au sein d’Hypnoticea. Charline Delporte a découvert, sur le site du cabinet, dans la rubrique « liens », un bandeau publicitaire pour le site www.sciences-occultes.org, lequel abrite l’association Alpha International.

Un lien vers Alpha

Alpha International délivre des cours d’hypnose, mais aussi de parapsychologie. Elle s’intéresse à la voyance et aux sciences occultes en général. Son accès complet est réservé à ses membres. Et elle réserve à ses adeptes les plus doués l’entrée dans l’Ordre maçonnique hermétique. Elle travaille « sur les états de conscience », appelle à « l’Éveil », croit en la « haute magie » et en « l’alchimie ». La présidente de l’ADFI dénonce la «manipulation » pratiquée par Alpha, même s’il n’est pas possible, stricto sensu, de parler de secte.

Un prédécesseur d’Alpha International, l’Association culturelle Alpha, elle aussi basée à Montpellier, avait, elle, été répertoriée comme secte dans le rapport parlementaire français de 1995. Mais il n’est pas possible d’identifier l’une à l’autre. Dans une autodéfense, Alpha International reconnaît pourtant que l’Ordre maçonnique hermétique, sommet de sa pyramide initiatique, recrute ses membres parmi les 172 sectes listées par le rapport de 1995, mais affirme que les deux Alpha sont « complètement différentes ».

Si le site d’Hypnoticea renvoie à Alpha International, l’inverse est vrai. Tomas Descazeaux est-il membre d’Alpha ? Il assure que non. Il ajoute : « Je n’ai pas été formé par eux, et je ne sais pas exactement ce qu’ils font. » Quand on précise, il note : « Il y a beaucoup de choses à apprendre sur l’être humain… Qui peut se targuer de connaître la vérité dans ces domaines ? » Néanmoins, il assure « ne pas partager leurs idées » et indique qu’il n’a «jamais fait d’alchimie ».

Décodeur biologique ?

Et le « décodage biologique » (il apparaît sous cette rubrique dans l’annuaire des thérapeutes de Haute-Garonne) ? « Pour moi, c’est un travail d’hypnose de régression, pour faire la paix avec certaines périodes de sa vie et garder le positif, admet Thomas Descazeaux. J’ai eu cette technique en main, mais les mêmes termes recouvrent des choses différentes. » Il ne place pas dans le « décodage biologique » l’idée selon laquelle un organe est malade s’il ne peut remplir sa fonction, ce qui implique qu’il faille le laisser se guérir seul. « Pata-médecine particulièrement dangereuse », dénonce Charline Delporte.

« À Lambersart, je ne pratiquerai pas le décodage biologique, complète le magnétiseur.Notre optique, à Tony et moi, est exclusivement thérapeutique. Il n’y a rien d’ésotérique, le but n’est pas d’amener les gens à une recherche métaphysique. » Ce qu’il avait déjà affirmé. Quant au lien publicitaire vers Alpha International, il assure qu’il l’avait accepté « il y a quatre ans, pour se positionner sur Internet, ce qui est très difficile ». Il dit avoir tourné la page Hypnoticea et se dit prêt à « supprimer ce lien, s‘il dérange » (ce qui a été fait dans la journée, jeudi).

Terreau local

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« Les sectes prospèrent dans le département »

 

Par Recueilli par Renée Mourgues

Publié le 12/08/2013 à 06h00
Mise à jour : 12/08/2013 à 10h01

"Tous les grands mouvements cités dans le rapport national de 1995 sont implantés sur notre territoire, plus ou moins discrètement. Il existe aussi des structures souterraines", indique Claude Léobon.

« Tous les grands mouvements cités dans le rapport national de 1995 sont implantés sur notre territoire, plus ou moins discrètement. Il existe aussi des structures souterraines », indique Claude Léobon. (A. Torrent)

Élue en décembre 2012 à la présidence de l’Association pour la défense des familles et des individus victimes de sectes et mouvements à dérives sectaires (l’Adfi compte une quarantaine d’adhérents), Claude Léobon mise sur la prévention et appelle au bénévolat.

Comment les sectes se portent-elles dans les Pyrénées-Atlantiques ?

Leur situation prospère à cause de la crise et des gens en recherche de quelque chose. Tous les grands mouvements cités dans le rapport national de 1995 sont implantés sur notre territoire, plus ou moins discrètement. Il existe aussi des structures souterraines. À Pau, on a même signalé des cas de satanisme. Tout cela est difficile à chiffrer mais les sectes sont bien présentes.

Existe-t-il des secteurs propices à leur développement ?

On observe des déviances dans le domaine de la santé, des médecines parallèles, du bien-être, du bio, du développement de la personnalité et même du soutien scolaire. Ces domaines attirent des charlatans qui dispensent des conseils, proposent des pilules et autres méthodes miracles. On voit de grands malades renoncer à leurs traitements et certains s’endetter.

Comment l’Adfi peut-elle lutter ?

On combat à armes inégales. Les sectes n’hésitent pas à nous harceler et à poursuivre les journaux qui les dénoncent. Elles ont des moyens énormes et se nourrissent de la misère humaine. Nous agissons plutôt sur le terrain de la prévention. Nous avons besoin de bénévoles pour pouvoir poursuivre nos missions.

Les victimes viennent-elles spontanément vers vous ?

C’est plus souvent l’entourage qui se manifeste. On vient nous voir quand on a des doutes : une transformation physique, de nouvelles habitudes alimentaires, un jargon trahissant une emprise mentale. En 2012, nous avons traité une trentaine d’affaires et déposé quelques plaintes dont une, sur le point d’aboutir, sur la Côte basque. Radié de l’Ordre des médecins, le praticien en cause recrutait ses clients par internet.

Quelles sont les proies privilégiées des sectes ?

Tous les publics les intéressent mais plus particulièrement les personnes âgées sans descendance, les handicapés mentaux et les parents de jeunes enfants à formater et manipuler.

Qui finance l’Adfi ?

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Dérives sectaires : une association d’aide aux victimes dénonce l’essoufflement des actions

L’ADFI (association de défense des familles et de l’individu) du Nord-Pas-de-Calais vient de tenir ses premiers États généraux des dérives sectaires, à Lille. La structure née en 1975, précurseur dans le domaine de l’aide aux victimes, fête ses 10 ans de réunions d’échange entre les familles touchées par des dérives sectaires, les « sortants » d’emprise, des bénévoles écoutants, et des professionnels de la santé (psychologues), de la justice et du social.

« Nous sommes dans l’accompagnement des personnes de A à Z, jusqu’à ce que la victime rebondisse et se réinsère », explique Charline Delporte, présidente de l’ADFI 59.

De ces 10 ans de travail, des témoignages de victimes ont été recueillis et réunis dans un livre blanc, qui devrait être bientôt rendu public, et même porté devant la Cour européenne des droits de l’Homme.

De ces 10 ans de travail, un constat s’élève aussi : le champ des sectes a mué, et la lutte tend à s’essouffler.

De la secte aux dérives sectaires

« Parler des sectes, cela ne va plus ! » affirme Charline Delporte. Parallèlement aux grands courants, se sont développés des phénomènes de dérives insidieux, notamment dans le domaine de la santé, qui, avec Internet, se multiplient et se transforment très rapidement. « Il faut que nous partagions tous le même discours : ce sont des dérives sectaires, de l’emprise psychologique, des faits dommageables. Il faut partir de l’humain, de la parole des victimes », développe la présidente de l’ADFI 59.

Ce flou sémantique recoupe une certaine indécision des réponses apportées aux victimes. « Ça ne bouge pas assez vite au niveau national et européen », dénonce Charline Delporte. Des recommandations ont été faites par la mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (MIVILUDES), notamment sur les dérives thérapeutiques sectaires en avril 2012.

« On nous dit de transmettre le signalement à l’Agence régionale de santé puis à la Direction générale de la santé. Mais rien ne se passe ! Or nous, on a la famille qui pleure devant nous. Que faire ? »raconte la présidente de l’ADFI 59.

Des propositions

Le Sénat a commis en avril 2013 un rapport de près de 1 000 pages.« Sur 41 mesures, j’en ai repéré 10 que notre association peut s’approprier ». Plutôt que de la littérature, Charline Delporte attend des actes.[…]

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