Procès des exorcistes : Antoinette raconte son « lavage de cerveau »

AFP
08/10/2013, 21 h 40 | Mis à jour le 08/10/2013, 22 h 02
Les accusés ont toujours revendiqué la sincérité et le bien-fondé de cet exorcisme.
Les accusés ont toujours revendiqué la sincérité et le bien-fondé de cet exorcisme. (PHOTO D’ILLUSTRATION – AFP JANEK SKARZYNSKI)

Au deuxième jour du procès de quatre personnes accusées de l’avoir torturée pour l’exorciser, Antoinette, 21 ans, raconte l’emprise qu’avait sur elle le « gourou » Eric Deron.

« Dans ma tête, Eric c’était Dieu, voilà ». Au deuxième jour du procès de quatre personnes accusées de l’avoir torturée pour l’exorciser, Antoinette, 21 ans, a raconté l’emprise qu’avait sur elle Eric Deron, décrit par certains comme un « gourou » qui « rêvait d’énoncer la parole biblique ». « Il avait un certain charisme. Quand il parlait de Dieu, j’étais captivée », raconte-t-elle. Antoinette avait fait la rencontre d’Eric Deron à l’âge de 16 ans par le biais de l’Eglise adventiste du 7e jour, un mouvement protestant évangélique. « J’étais touchée par tout ce qui concernait Dieu, j’étais très intéressée par tout ça. »

Groupuscule dissident

Dès leur rencontre, elle est séduite. « Il disait que j’étais investie d’une grande mission, que Dieu avait besoin de moi. C’est un discours qui m’a complètement figée ». A tel point qu’elle finit par emménager avec lui et couper les ponts avec sa famille. « Il me disait que ma mère faisait de la sorcellerie, que je ne devais plus la voir ». Radiés de l’église adventiste en raison de problèmes disciplinaires, ils créent alors, avec deux autres personnes, un groupuscule dissident et vivent tous ensemble en quasi-autarcie chez Lise-Michelle, la mère d’Eric. « Après on n’allait plus à l’Eglise, on ne sortait plus », dit-elle.

« C’était comme si Antoinette avait subi un lavage de cerveau », confirme Marguerite, sa mère. « Elle était complètement domptée par Eric ». Pendant de nombreux mois, elle avait tenté de reprendre la main sur sa fille. « Non aux sectes, non aux gourous. Eric Deron et sa mère, 2e porte à droite », avait-elle affiché dans son immeuble à Grigny (Essonne), sans résultat.

« Délires mystiques »(…)

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