Démenti de l’ex-Secrétaire d’Etat belge Gisèle Mandaila citée pour collusion avec le M23

Kinshasa, 28/03/2013 / Politique

Pour avoir été citée dans un rapport de la Sûreté belge d’être de mèche avec les terroristes pro-rwandais du M23, l’ex-secrétaire d’Etat belge d’origine congolaise Gisèle Mandaila vient de démentir énergiquement l’accablante accusation en exigeant des autorités judiciaires de Bruxelles de la laver du préjudice lui causé par ladite citation

Gisèle Mandaila, députée bruxelloise FDF, ex-secrétaire d’Etat aux Familles et deux autres élus d’origine congolaise sont cités dans un rapport de la Sureté de l’Etat belge pour être en relation avec l’Eglise de Scientologie, soucieuse d’étendre son influence en Rd Congo. Le même rapport évoque le soutien de la Scientologie aux rebelles pro-rwandais du M23.

Celle qui est désormais considérée comme traître à Matonge a intenté une action judiciaire contre la ministre de la Justice, Annemie Turtelboom pour être rétablie dans ses droits. D’autant que ce rapport de la Sûreté lui aurait causé un préjudice grave et il ne vise qu’à la décrédibiliser.

La Belge d’origine congolaise avoue qu’elle n’a jamais eu de contacts avec la Scientologie et rappelle qu’en novembre 2012, elle avait même demandé au ministre belge des Affaires étrangères de condamner fermement le M23 et ses alliés rwandais.

Au fur à mesure, les masques sont entrain de tomber quant aux soutiens extérieurs dont aurait bénéficié le mouvement rebelle M23 réputé très dangereux pour ses violations flagrantes des droits de l’homme en Rd Congo. Au-delà des révélations de certaines Ongs spécialisées dans la défense des droits de l’homme, c’est une enquête des experts des Nations Unies qui a mis à nu l’implication du Rwanda et de l’Ouganda dans le recrutement, le financement et l’utilisation des rebelles du M23 pour déstabiliser la Rd Congo.

Nombreux sont les Congolais qui n’ont cessé de dire que la guerre que connaissait la Rd Congo l’était par procuration, surtout que les rebelles devaient réaliser un agenda leur imposé par leurs maîtres à penser. Et ces maîtres se recrutent au Rwanda, en Ouganda et dans certaines multinationales accros au pillage des ressources et à l’exploitation illégale de celles-ci.

C’est dans ce contexte qu’intervient un rapport de la Sûreté d’Etat belge accusant Gisèle Mandaila Malamba, Belge d’origine congolaise, députée bruxelloise FDF, ex-secrétaire d’Etat aux Familles d’être en relation avec l’Eglise Scientologie, qui soucieuse d’étendre son influence en Rd Congo et qui apporterait son soutien aux rebelles pro-rwandais du M23.

Mandaila réclame réparation 

Même s’il n’y a pas de fumée sans feu, la dépêche du journal Le Soir renseigne que c’est une femme meurtrie qui s’est finalement résolue à introduire une action judiciaire pour rétablir sa réputation. Gisèle Mandaila, députée bruxelloise FDF, ex-secrétaire d’Etat aux Familles, vient d’adresser à la ministre de la Justice, Annemie Turtelboom, une citation à comparaître, le 9 avril prochain, devant le tribunal de première instance de Bruxelles, apprend-t-on de la même source. Gisèle Mandaila réclame 15.000 euros de dommages et intérêts. « Ce prétendu rapport de la Sûreté m’a causé un préjudice grave… J’ai même reçu des menaces anonymes par téléphone : on m’annonçait qu’on allait enlever mon fils, âgé de 7 ans, pour que je comprenne ce qu’est la trahison »…

Il sied de souligner que tout est parti de la publication, le 17 janvier dernier, d’extraits d’un rapport de la Sûreté sur les sectes et leur lobbying auprès des responsables politiques. Trois élus d’origine congolaise, Gisèle Mandaila (FDF), Bertin Mampaka (CDH) et Pierre Migisha (CDH), étaient cités pour être en « relation » avec l’Eglise de scientologie, soucieuse d’étendre son influence en République démocratique du Congo (RDC). Le même rapport évoquait le soutien présumé de la Scientologie aux rebelles pro-rwandais du M23.

« Vu mon engagement, sur le terrain, auprès des jeunes d’origine congolaise, afin qu’ils ne finissent pas membres d’une bande urbaine, et mon implication aux côtés des femmes, qu’elles soient d’origine congolaise ou rwandaise, l’annonce de mes prétendus liens avec la Scientologie et le M23 ne visent qu’une chose : me décrédibiliser. Et cela a fonctionné : on m’a fait comprendre qu’il valait mieux que j’évite le quartier de Matonge, parce qu’on m’y considérait comme traître ! ».

La Sûreté de l’Etat belge ne dément pas

« La Sûreté de l’Etat n’a pas démenti le contenu du rapport, relève Georges Henri Beauthier, avocat de la députée bruxelloise. Nous n’avions d’autre choix que d’assigner le Service public fédéral Justice, en la personne de la ministre Annemie Turtelboom. Si elle intervient pour dire que la Sûreté s’est trompée, ou qu’elle a été trompée, éventuellement, par un informateur mal intentionné, nous sommes prêts à interrompre l’action civile ».

« Je n’ai jamais eu de contacts avec la Scientologie, insiste Gisèle Mandaila. Et en novembre 2012, j’ai demandé au ministre belge des Affaires étrangères, M. Reynders, de condamner fermement le M23 et ses alliés rwandais. Les fréquentations qu’on me prête sont farfelues. Qu’attendent la Sûreté et sa ministre de tutelle pour les démentir ? ». Du côté de la Sûreté, on se contente, jusqu’à présent, de confirmer qu’une plainte pénale a été déposée pour tenter d’identifier l’auteur de la fuite du rapport controversé. L’affaire n’en restera pas là. Bertin Mampaka précisait, mardi après-midi, qu’il avait l’intention, lui aussi, avec Pierre Migisha, d’assigner la ministre de la Justice, au civil.

Selon le moteur de recherche Wikipédia, Gisèle Mandaila Malamba, née à Kinshasa, le 4 septembre 1969, poursuivant actuellement une licence en sciences du travail est une femme politique belge d’origine congolaise membre des Fédéralistes Démocrates Francophones (FDF). Elle a assumé au sein du gouvernement Verhofstadt II les fonctions de Secrétaire d’état aux Familles et aux Personnes handicapées, adjointe au Ministre des Affaires sociales et de la Santé publique sous la bannière du FDF (Front Démocratique Francophone), composante du MR.

Outre ses mandats, Gisèle Mandaila Malamba est active au sein de plusieurs associations culturelles et sociales, liées à la communauté congolaise de Belgique. Elle a été élue députée bruxelloise le 7 juin 2009.

L’Avenir

Source : http://www.digitalcongo.net/article/90764

Blagnac. Nouvelle alerte sur les Béatitudes

PUBLIÉ LE 12/10/2012 08:30

Comme il en a désormais l’habitude en fin de conseil municipal, lors des questions diverses, l’élu d’opposition Régis Léonard a tenu à informer ses collègues de la sortie de deux livres qui condamnent les agissements de la communauté religieuse des Béatitudes dont le siège est sur le domaine de Maniban à Blagnac.

«Nous avons plusieurs fois alerté le conseil municipal sur les agissements de la communauté des Béatitudes, sur ses pratiques sectaires, dangereuses pour les individus et les familles», a indiqué l’élu. «Nous n’avons pas été entendus pourtant tout au long du  »Livre noir de l’emprise psycho-spirituelle», les témoignages d’anciens membres des Béatitudes sont accablants.

Dans l’autre livre  »Apocalypse menace imminente ? Les sectes en ébullition » de Georges Fennech, plusieurs pages sont consacrées à Blagnac.

Quand allez-vous monsieur le maire regarder la vérité en face et penser aux Blagnacais ?». Interpellé, Bernard Keller a répondu : «Je suis surpris que la justice ne se soit pas encore emparée du dossier. J’ai eu l’assurance de l’évêché que les Béatitudes ne sont pas une secte. Allez en parler à monseigneur le Gall», a conclu le maire.

La Dépêche du Midi

Source : http://www.ladepeche.fr/article/2012/10/12/1462953-blagnac-nouvelle-alerte-sur-les-beatitudes.html

Quand les enfants souffrent de leur arbre généalogique

 

PARIS, 3 sept 2012 (AFP) – Ils ont entre 6 et 11 ans, on pourrait les croire insouciants comme tous les enfants de leur âge. Mais ils souffrent des « péchés graves » de leurs aïeux et il leur faut purifier leur arbre généalogique. D’où l’idée née dans l’esprit du père bénédictin Joseph-Michel Lemaire, issu de la communauté des Béatitudes, de créer en 2003 la « Maison d’Abba », où, lors de retraites, les enfants prient pour la « délivrance » de ces maux héréditaires et de leurs influences maléfiques.Dans son « Livre Noir », le Collectif CCMM des victimes et familles de victimes du psycho-spirituel reproduit le questionnaire « confidentiel » adressé aux parents souhaitant inscrire leur progéniture à une retraite à la Maison d’Abba.

Où il est demandé notamment : « Y-a-t-il chez vos ascendants suicides, magie, sorcellerie, alcoolisme, appartenance à la franc-maçonnerie, esprit de violence, athéisme, spiritisme, magnétisme, voyance ?

La conception a-t-elle été précédée d’une fausse couche ou d’un avortement ? La vie intra-utérine (grossesse) a-t-elle été paisible ? Difficile ? Sujette à des tensions conjugales ? Assombrie par une catastrophe naturelle (incendie, inondations, tempête …)

L’enfant est-il né le cordon autour du cou, par césarienne, accouché au forceps, placé en couveuse ? Le père était-il absent à la naissance ?

S’ensuit une longue demande de renseignements sur les difficultés relationnelles de l’enfant, son tempérament – « anxieux, jaloux, colérique, désobéissant, désinvolte (m’en foutisme) » -, ses problèmes : énurésie, phobies…

On en vient, comme toujours au chapitre des « guérisons intérieures », aux « blessures de la sexualité ». L’enfant a-t-il été confronté à la pornographie ?

Autres éléments d’importance pour la « Maison d’Abba » : a-t-il joué aux Pokémons, à des jeux de stratégie, est-il passionné par Harry Potter ?

Autant de questions, autant de réponses « déterminantes » quant aux « blessures ».

Dans un document confidentiel réservé aux évêques, il y a 18 mois, le psychiatre Bertrand Guiouillier s’érigeait contre la recherche abusive du traumatisme dans les pratiques de « guérison intérieure ».

« L’émotion transmise in utero est surestimée et figée, ne laissant pas place à une évolution adaptative, vivante. La distinction entre l’enfant imaginé, fantasmé par la mère, et l’enfant réel n’existe pas ».

En outre, écrivait-il, « on n’échappe pas à sa destinée. Il n’y a place ni pour des phénomènes de résilience, ni pour des évolutions positives de sorties de crises humaines (…) Il est fait appel à un dieu magique qui viendrait gommer les imperfections humaines ».

Dans une vidéo, Alain, un ancien membre de la communauté charismatique des Béatitudes, ayant lui-même participé à ces séances de guérison sur les enfants, lance un cri d’alarme aux parents : « Je vous en prie, n’entrez pas dans ces trucs-là. Surtout n’y conduisez pas vos enfants. C’est une vraie arnaque ! ».source : 03/09/2012 07:38:16 GMT+02:00 #717369 DVBP 373 OET02 (4) AFP (489)

Les Béatitudes peuvent-elles être sauvées ?

Une enquête de Marie-Lucile Kubacki

LA VIE du 14 juin 2012

Splendeurs et misères d’un charisme publié le 14/06/2012

Pour comprendre l’esprit de la communauté, fruit de Vatican II, il faut remonter à ses origines. Quand Gérard Croissant, alias Ephraïm, fonde, en 1973, la communauté du Lion de Juda et de l’Agneau immolé (ancien nom des Béatitudes), son idée est de réaliser les grandes intuitions du Concile dans une nouvelle forme de vie communautaire : celle du « peuple de Dieu » où laïcs et consacrés prient et vivent ensemble, à égalité. Il insiste aussi sur la redécouverte des racines juives du christianisme, à travers notamment la célébration du shabbat et les danses juives.

C’est aussi l’époque du renouveau charismatique, un doux vent d’euphorie souffle sur l’Église catholique, où l’on exalte les dons donnés par le Saint-Esprit, comme le charisme de guérison. Les « charismatiques » veulent exprimer leur foi dans un langage à la fois affectif et spirituel, plus prophétique, qui séduit… Quand elle arrive aux Béatitudes, Gisèle est fraîchement convertie, elle ne maîtrise pas les « codes » de l’Église : « Au moment de ma conversion, j’ai essayé de m’intégrer dans une paroisse, je voulais parler de ma foi, mais je ne savais ni à qui m’adresser, ni en quels termes le faire. Aux Béatitudes, à Cuq-les-Vielmur (Tarn), j’ai trouvé une famille accueillante et chaleureuse ». La communauté, aussi, accueille des pauvres, des pauvres en esprit, abîmés par la vie. Mais, dès les premières années, la manière de vivre les grandes intuitions de départ est éprouvée par la réalité, mise à mal par des abus de pouvoir… Pourtant, bon nombre de ceux qui restent, comme cette sœur qui a pour prénom de profession Thérèse d’Avila, et qui a fait beaucoup de missions à l’étranger, croient encore à la beauté du charisme pour lequel ils se sont engagés : « J’ai été envoyée à l’autre bout du monde fonder des maisons avec la confiance de mes responsables et j’avais les mains libres. Nous étions jeunes et devions mûrir, mais il y avait un bel élan, un peu fou, je le concède, mais fructueux à certains égards. La preuve en est l’extraordinaire expansion de la communauté en quelques années. »

Aujourd’hui, une question demeure, et non des moindres : dans quelle mesure cet élan garde-t-il sa valeur quand celui qui l’a initié s’est rendu coupable de telles déviances ? « Une personne peut recevoir un authentique charisme de fondateur, mais ensuite le dévoyer du point de vue personnel, dit le frère Henry Donneaud. Le charisme est différent de la grâce de sainteté. Il faut donc que la communauté renonce à avoir un saint fondateur, qu’elle en fasse le deuil. » La décision de fermer la maison de Cordes-sur-Ciel et une autre en milieu rural a été prise. Les Béatitudes réfléchissent à des implantations en milieu périurbain pour redynamiser leur vocation principale, celle de l’accueil. À la recherche d’un nouveau souffle.

ENQUÊTE Les Béatitudes peuvent-elles être sauvées ? Marie-Lucile Kubacki – publié le 14/06/2012

Ébranlée par de graves scandales et dérives, cette communauté de religieux et de laïcs connaît une refondation délicate. C’est un château perdu dans la forêt aveyronnaise. Derrière le porche de pierre, une abbaye cistercienne du XIIe siècle, désertique mais bien entretenue. Ils sont quatre, le père Jean-Baptiste Tison, Alain, Gisèle et Murielle, à faire vivre ¬Bonnecombe. Quatre anciens des Béatitudes, à se battre depuis dix ans pour dire leur vérité, celle des vic¬times d’une certaine époque de la communauté. Une mémoire qui -permet de comprendre le travail de refondation qui a lieu en ce moment dans cette communauté nouvelle, issue du renouveau charismatique.

Quand il arrive en 1975, Alain est toxicomane « et complètement paumé ». Il rencontre Ephraïm, le fondateur et modérateur général, qui en fait rapidement l’un de ses possibles successeurs. À l’époque, il ressent de violentes douleurs dans les articulations, une conséquence de son addiction à la drogue. Ephraïm le convainc qu’il vit la Passion du Christ : « Chaque vendredi, je restais alité en me tordant de douleur, je ne laissais personne m’approcher. » Ephraïm pra¬tique alors sur lui des exorcismes à répétition et expérimente ses techniques psychospirituelles : « J’étais son cobaye, je subissais des séances de programmation neurolinguistique, d’hypnose… Pour se justifier, il disait que la Vierge lui était apparue. »

Ephraïm lui faisait porter un habit religieux, lui disait qu’il était prophète, voulait en faire un prêtre. Près de 30 ans plus tard, Alain, aidé par les trois autres, finit par consulter un psychiatre qui pose un diagnostic. Sous traitement médical, il prend conscience de ce qui lui est arrivé, de ce que, sous influence, il a fait subir aux autres. Depuis, il essaie de se reconstruire en acceptant ses souvenirs. Lucide, il explique : « La reconstruction passe par l’acceptation de la vérité. »

Mais évidemment il n’y a pas que ceux de Bonnecombe. En 2006, d’anciens communautaires, Myriam, infirmière en psychiatrie, et Pascal Michelena publient un livre choc, les Marchands d’âmes (Golias). Ils y racontent leur passage aux Béati¬tudes de 1998 à 2002. Ils dénoncent des abus de pouvoir et des problèmes de confusion mentale consécutifs à des dérives dans l’exercice de pratiques mélangeant le psychologique et le spirituel. En 2007, le Vatican donne une série de directives à la communauté pour améliorer la situation, notamment celle de « choisir entre la vie monastique ou celle d’une communauté de laïcs ». En effet, l’intuition originale d’Ephraïm est de rassembler laïcs, religieux et religieuses pour vivre pleinement la communion des états de vie dans l’esprit de Vatican II. De fait, il existait au sein des Béatitudes une partie des laïcs qui vivaient comme des religieux, portant l’habit monastique et un prénom de profession, deux attributs, qui, comme le souligne Rome, sont « non conformes au statut de laïc que la communauté revendique ».

Le Vatican place donc la communauté sous l’autorité de la Congrégation pour les instituts de vie consacrée (CIVC), à la fin de l’année 2008. C’est alors que survient un nouveau scandale. Une affaire de pédophilie met en cause le chantre de la communauté, Pierre-Étienne Albert, un proche d’Ephraïm, qui avoue une cinquantaine d’agressions perpétrées sur des enfants âgés de 5 à 14 ans, commises entre 1985 et 2000, et accuse les anciens modérateurs d’avoir couvert ses agissements malgré ses appels à l’aide. Jugé coupable par le tribunal de Rodez, en décembre 2011, il purge une peine de cinq ans de prison. Face à la complexité des problématiques, la CIVC a nommé un commissaire pontifical, Henry Donneaud, frère dominicain, pour reprendre les rênes des Béatitudes en 2010. Pour être sauvées, explique le Vatican, les Béatitudes doivent accepter de se refonder. Cesser les pratiques d’accompagnement psychospirituel. « Je me souviens d’une femme qui avait subi un viol, raconte Gisèle. L’animateur de la session lui a demandé de revivre son viol en souvenir… Pendant des semaines, elle a été hantée par des cauchemars de plus en plus traumatisants. »

Décompensations, ruptures fami¬liales : en 2005, déjà, un rapport confi¬dentiel de l’Église catholique adressé aux évêques de France et aux responsables de communautés religieuses tirait la sonnette d’alarme sur « la confusion entre psychologique et spirituel dans les communautés ». À l’époque, certains « praticiens » cumulaient les pouvoirs de psychothérapeute, d’accompagnateur spi¬rituel et, parfois, de responsable de maison. Depuis la parution des directives vaticanes en 2007, affirme Henry Donneaud, « les pratiques mélangeant le psychologique et le spirituel ont complètement cessé dans la communauté ». La difficulté est que « des dérives résiduelles ont persisté, dans des endroits fondés par Ephraïm à un moment où il n’était plus à la tête de la communauté. Des endroits qui n’ont rien à voir avec les Béatitudes et sont sous la surveillance des dio¬cèses concernés. » Pour ce qui concerne les Béatitudes, à Cuq-¬les-Vielmur (Tarn), des « sessions de restauration intérieure » dites « Nicodème » ont succédé aux anciennes sessions de « guérison ». On accède au château Saint-Luc, isolé dans la verte campagne tarnaise, par une petite route dépar¬tementale. D’anciens communau-taires craignent que le contenu des retraites ne soit le même qu’avant. Une accusation que réfute le frère Bernard-Marie, responsable du lieu : « Ce sont des retraites spirituelles. On ne fait pas un parcours systéma¬tique du sein de la mère jusqu’à l’âge adulte… Cela évite de remuer toutes les émotions de la vie passée, ce qui pourrait provoquer des phénomènes de décompensation. Si la personne manifeste une difficulté psycholo¬gique, nous l’incitons à faire un travail thérapeutique avec un spécialiste. En aucun cas, nous ne pratiquons nous-mêmes de thérapie, il est évident que ce n’est pas de notre ressort. »

Par ailleurs, depuis les débuts, laïcs et religieux partagent une même vie communautaire. Mais, à force d’être proches, des couples et des familles calquent leur mode de vie sur celui des moines, décidant d’être aussi pauvres, obéissants et chastes qu’eux. Inversement, Ephraïm, diacre et fondateur, a reconnu des « unions mys¬tiques » avec des sœurs. La confusion donc régnait quant à la manière de vivre la communion des états de vie. En 2007, le Vatican notait même « avec surprise l’expression “enfants communautaires” », ce qu’il juge « inadmissible ». Pour remédier à cette confusion, pointée comme « l’un des principaux points de dérive », une priorité de la gouvernance d’Henry Donneaud a donc été de préciser canoniquement les spécificités de chaque état de vie, mais aussi d’établir des responsables et de mettre en place des formations par branche.

En effet, il n’existait aucune formation à la vie consacrée, hormis pour les prêtres. Depuis 2010, un noviciat a été mis en place en France et un second en Afrique. Et il est désormais obligatoire, dans les couples, que l’un des conjoints travaille : le but est de s’assurer que les familles soient financièrement indépendantes. Les situations ne sont cependant pas comparables d’une maison à l’autre et évoluent avec le temps. Dans certains lieux, les laïcs bénéficient d’une grande auto¬nomie depuis les débuts. À Cuq-les-Vielmur, où vécurent les Michelena (auteurs des Marchands d’âmes), Daniel et Marie-Gabrielle Creton affirment que leur vie de famille s’est toujours « paisiblement déroulée » : « Nous ne serions jamais restés si nous n’avions pu assumer l’éducation et l’avenir de nos enfants. Ce sont d’ailleurs nos enfants qui ont insisté pour que nous vivions ici, alors que nous venions d’y passer une quinzaine de jours. »

Si de réels efforts de refondation ont été faits, des questions, dont dépend la survie de la communauté, restent en suspens. La première est d’ordre financier. D’anciens membres des Béatitudes se retournent aujourd’hui contre la Communauté : ils portent plainte devant les prud’hommes pour obtenir le recouvrement de cotisations de retraite non payées. À 60 ans, Gisèle se trouve dans cette situation. Dans sa cuisine fraîche où elle nous reçoit, elle jette quelques bûches dans le poêle à bois et commence son récit. Infirmière, elle a vécu en communauté de 1982 à 2009 comme laïque consacrée. À l’époque, elle fait don de ses biens. Pendant près de 30 ans, elle s’est occupée successivement du tri des médicaments, de la garde d’enfants, de chantiers de réfection, de convois humanitaires en Russie, de la formation des nouveaux arrivants… Jusqu’en 2000, aucune cotisation retraite n’a été versée. En quittant les Béatitudes, elle se retrouve sans économies, avec pour toutes ressources 400 € de RSA mensuels et demande un rappel de salaires pour les cinq dernières années, ainsi que le recouvrement de ses cotisations non payées.

Si les plaignants ne sont pas nombreux devant la justice, les Béatitudes vont malgré tout devoir assumer les retraites de ceux qui sont restés et de ceux qui sont partis, soit la moitié des membres en moins de dix ans. Henry Donneaud évoque la situation financière avec gravité : « La communauté n’est pas riche du tout et le sujet est en effet problématique, admet-il. Il va falloir établir les responsabilités de chacun avant de s’attacher à trouver des solutions. Cette année, nous avons réussi à rétablir l’équilibre financier. Nous cherchons des solutions pour mettre de l’argent de côté et constituer un fonds pour faire face à cette question des retraites. Cela va prendre du temps. Si la communauté devait tout assumer immédiatement, elle n’aurait plus qu’à se mettre en liquidation, et tout le monde serait perdant. »

Le deuxième défi, et non des moindres, est celui de la mémoire. En 2011, quand ils apprennent les « graves manquements » d’Ephraïm et les « faits moralement graves » perpétrés par son beau-frère et successeur ¬Philippe Madre, par un communiqué de presse d’Henry Donneaud, la plupart des membres tombent des nues. Certains refusent de le croire. Ils pensaient que le fondateur était parti de son propre chef et ignoraient vraiment qu’il y avait été poussé après avoir été réduit à l’état laïc en 2008. Encore aujourd’hui, l’un des documents qui décrivent la spiritualité de la communauté est le Livre de vie, écrit par Ephraïm, même si la dernière édition a été retravaillée par la communauté. Autre conséquence de l’héritage du fondateur : de fortes divisions ont longtemps persisté entre les opposants et les partisans de la gouvernance de François-Xavier Wallays, dernier modérateur général, présenté dès 2000 comme le « sauveur de la communauté » par Ephraïm. Ses partisans estimaient qu’il était le garant du charisme originel et qu’il avait toujours œuvré au bien de la communauté. Ils supportaient mal l’intervention du Vatican, vécue comme une ingérence. Ses détracteurs lui reprochaient un mode de gouvernance autoritaire, un manque de dialogue et une mauvaise circu¬lation des informations. Lors d’élections internes qui s’étaient tenues en octobre 2011, il avait été réélu, comme d’autres membres de l’ancienne équipe dirigeante.

Dans la communauté, certains se disaient que si l’Église avait vraiment désapprouvé son mode de gouvernement et ses conceptions, elle l’aurait dit clairement… Et les divisions s’accentuaient. Mais les choses ont changé. Le Vatican a expliqué qu’il ne souhaitait pas du tout que François-Xavier Wallays siège à la prochaine assemblée générale, ni qu’il participe à la future gouvernance de la communauté. Signe des temps, la décision de fermer la maison de ¬Cordes-sur-Ciel (Tarn) vient d’être prise. « Nous sommes en voie d’apai¬sement, dans une phase de dialogue et de concertation », commente Henry -Donneaud, serein. Mais, pour se tourner vers l’avenir, la communauté devra trouver des personnes capables de lui faire poursuivre le chemin de maturité qu’elle a commencé à emprunter : « C’est l’un des défis, reconnaît le commissaire pontifical. Il y a eu de nombreux départs, souvent de personnes compétentes. Les dix années de l’ancien gouvernement n’ont pas vraiment favorisé l’émergence de personnalités dirigeantes, mais il en reste malgré tout, notamment au sein de l’actuel gouvernement, et de nouvelles compétences commencent déjà à émerger. » Des origines à nos jours • Créée en 1973, dans l’élan du renouveau charismatique, la communauté des Béatitudes impulse une forme de vie communautaire où laïcs et consacrés prient et vivent ensemble. Dans les maisons de formation sont proposés des retraites et accompagnements psychospirituels. Le fondateur, Gérard Croissant (alias Ephraïm), est un ancien pasteur protestant devenu diacre catholique.

• Des problèmes surgissent : confusion dans les états de vie, dérives dans les pratiques psychospirituelles, pédophilie… Depuis 2009, la communauté est en restructuration et un commissaire pontifical a été nommé en 2010 pour en diriger la réorganisation.

« L’Histoire des communautés est faite de purifications » publié le 14/06/2012 François-Régis Wilhélem est prêtre et professeur de théologie morale au Studium de Notre-Dame-de-Vie.

« La croissance d’une communauté comporte certaines analogies avec celle d’une personne, avec des passages difficiles, qui sont autant de moments de croissance, ou, comme le disent les auteurs spirituels, de “purifications”. De fait, plus la communauté découvre son identité propre et plus elle progresse en maturité ecclésiale. Grandit alors en elle la capacité de s’ouvrir paisiblement aux autres, de donner et de recevoir en même temps, sans crainte de se “perdre”. En considérant l’histoire de l’Église, on constate que d’importantes communautés (comme par exemple les franciscains jadis) ont eu, ou ont aujourd’hui, à franchir le passage délicat entre le temps de la découverte d’un charisme à travers un fondateur, ou un groupe fondateur, à celui de la transmission de ce charisme. Or, pour que celui-ci perdure, il faut que l’Église atteste sa validité, afin que d’autres personnes puissent en vivre et le faire fructifier dans l’Église… Une personnalité charismatique ne peut avoir “raison toute seule”. C’est pour elle une phase de dépouillement, de purification, où elle doit trouver sa juste place dans la communauté. En cette période de transition, l’accompagnement de l’Église s’avère particulièrement nécessaire. Vatican II rappelle à ce sujet que “le prophète” est soumis au “pasteur” (cf. Lumen Gentium 12). Comme l’a dit Jean Paul II, “charismes et institution sont coessentiels à la vie de l’Église”. L’institution n’a pas pour but d’étouffer le charisme, mais de l’authentifier et de permettre ainsi sa fructification.

Source : http://www.lavie.fr/recherche/web.php ?q=beatitude&x=0&y=0 http://www.lavie.fr/hebdo/2012/3485/splendeurs-et-miseres-d-un-charisme-12-06-2012-28409_326.php http://www.lavie.fr/hebdo/2012/3485/les-beatitudes-peuvent-elles-etre-sauvees-12-06-2012-28410_326.php http://www.lavie.fr/hebdo/2012/3485/l-histoire-des-communautes-est-faite-de-purifications-12-06-2012-28408_326.php

La Communauté des Béatitudes offre un nouveau visage


Après quarante ans d’ambiguité et un certain nombre d’abus, l’autorité ecclésiale primera désormais sur celle des laïcs.
C’est le Frère Henri Donneaud (photo), dominicain, qui devient le nouveau responsable de la Communauté.

Mgr Robert Le Gall, archevêque de Toulouse, a présenté lundi à Paris le décret qui érigera les Béatitudes en « Association publique de fidèles de droit diocésain » en vue de devenir « Famille ecclésiale de vie consacrée ».

Cette nouvelle structure canonique « entend préserver l’identité profonde de la communauté, cette communion des états de vie – consacrés, laïcs, familles – dans les même lieux, tout en distinguant bien leur spécificité », a-t-il dit.

Fondée en 1973 par le « berger » Gérard Croissant, dit Frère Ephraïm, dans l’élan du Concile Vatican II, la Communauté des Béatitudes regroupe près de 650 membres en France, prêtres, religieux et religieuses, célibataires consacrés, fidèles en couples mariés (avec enfants ou non).

Ses membres sont répartis en une vingtaine de « maisons », près de soixante si l’on inclut les 28 pays, où la communauté a essaimé.

Désormais, c’est le Frère Henri Donneaud, dominicain, nommé commissaire pontifical qui devient le nouveau responsable de la Communauté des Béatitudes, vis-à-vis de Rome. Il gardera ses fonctions jusqu’à l’Assemblée Générale de la Communauté, qui n’aura pas lieu avant six mois.

Les Béatitudes comporteront trois branches: frères consacrés, soeurs consacrées et laïcs. Chacune aura son gouvernement propre et son assemblée générale, qui se tiendra en même temps que l’assemblée générale de la Communauté.

Le Frère Donneaud a rappelé qu' »avec le constat que de plus en plus de consacrés faisaient partie de la communauté, s’est posé la question du gouvernement. L’Eglise ne pouvait accepter que des consacrés soient placés sous l’autorité des laïcs ».

Il a notamment évoqué le fait que certains laïcs vivaient comme des consacrés « en prenant les habits monastiques » et que « des consacrés vivaient comme des laïcs », sans préciser.

La Communauté des Béatitudes a fait l’objet de plusieurs plaintes.
En février 2008, un frère a été mis en examen pour « attouchements sexuels sur mineurs » et a été exclu de la communauté.
Il avait reconnu plus de cinquante actes à caractère pédophile sur des enfants de 5 à 14 ans.

La semaine dernière, deux anciens membres des Béatitudes, se sont adressés aux prud’hommes pour le non-paiement de cotisations retraite par la communauté de 1982 à 2009.

Mardi, le Collectif CCMM des victimes du psychospirituel, qui dépend du Centre contre les manipulations mentales, s’est alarmé « du fait que la Communauté des Béatitudes reçoive un statut nouveau au sein de l’Eglise catholique alors que de nombreuses victimes sont toujours en attente de justice ».

Ce collectif souligne que « de nombreux doutes planent sur cette organisation et que de nombreuses plaintes ont été portées contre ce mouvement ».

 Ouest France du 28 juin 2011

De nouveaux statuts pour la communauté des Béatitudes


Le 29 juin, Mgr Robert Le Gall, archevêque de Toulouse, érigera la communauté des Béatitudes en association publique de fidèles de droit diocésain, après que 93% des membres engagés ont adhéré par écrit aux nouveaux statuts. Mgr Le Gall devient ainsi l’évêque référent de la communauté, alors que c’était jusqu’à présent l’archevêque d’Albi.

Selon Mgr Le Gall et le P. Henry Donneaud, commissaire pontifical de la communauté, qui donnaient une conférence de presse à Paris le 27 juin, il s’agit d’une « étape décisive » dans l’histoire de cette communauté fondée en 1973 dans la mouvance du Renouveau charismatique.

Depuis 2007, à la demande du Saint-Siège, la communauté a engagé un processus de refondation et de restructuration ; des directives avaient été données par Rome afin que les Béatitudes définissent mieux leur identité et charisme.

« Charisme propre de la communauté »

En la faisant passer d’un statut d’association privée à celui d’association publique, l’Église, a expliqué le P. Donneaud, « atteste la vérité et la fécondité durable du charisme propre de la communauté que, à la vue de ses fruits, elle reconnaît vraiment comme ecclésial ». Un charisme dont l’un des « éléments constitutifs » est la communion des états de vie, hommes consacrés (prêtres ou frères), femmes consacrées et laïcs (célibataires ou mariés).

Les Béatitudes sont appelées à devenir Famille ecclésiale de vie consacrée, après élection des responsables pour chacune des trois branches (frères consacrés, sœurs consacrées et laïcs) lors de leurs trois assemblées générales qui se tiendront, à la même date, « au moins dans six mois » selon le P. Henry Donneaud.

Ce sera la première fois qu’une grande communauté charismatique entrera dans ce statut, qui permet de concilier la communion entre les différents états de vie et les lois essentielles de la vie consacrée.

Clarifier les affaires du passé

La conférence de presse avait aussi pour objectif de « clarifier ce qui doit l’être quant aux affaires du passé », selon Mgr Bernard Podvin, secrétaire général adjoint de la Conférence épiscopale.

Des précisions ont été apportées sur la condamnation confirmée de l’ancien modérateur général des Béatitudes, Philippe Madre, pour abus sexuel, sur la situation du fondateur, Ephraïm (même s’il n’y a jamais eu de plaintes déposées contre lui, il est suspendu pour les mêmes raisons et depuis plusieurs années de son ministère diaconal et de toutes ses responsabilités dans la communauté), et sur les plaintes déposées aux prud’hommes par d’anciens membres de l’abbaye de Bonnecombe pour recouvrement de cotisation de retraite.

Claire Lesegretain – La Croix du 27 juin 2011

Les Béatitudes s’apprêtent à changer de statuts


De nouveaux statuts, distinguant trois branches au sein de la communauté des Béatitudes, sont en cours de validation.

Cette communauté va devenir une association publique de fidèles de droit diocésain.

Philippe Madre, diacre et ancien modérateur général des Béatitudes, a été renvoyé de l’état clérical.

Où en est le renouvellement des statuts ?

Lancé en 2007, le processus de reconfiguration de la communauté des Béatitudes se poursuit, en vue de la faire passer de l’état d’association de droit privé à celui d’association publique de fidèles. Approuvés par le Saint-Siège en avril, ces nouveaux statuts entérinent la distinction de la communauté en trois branches : les hommes consacrés, dont les prêtres, les femmes consacrées et les laïcs (célibataires ou mariés). 

Les statuts viennent d’être envoyés à tous les membres de la communauté. Ceux-ci ont jusqu’à la Pentecôte, le 12 juin, pour renvoyer leur lettre d’adhésion personnelle. « Les réponses déjà reçues sont très positives », se réjouit le dominicain Henry Donneaud, commissaire pontifical des Béatitudes, nommé par Rome.

Que deviendront les Béatitudes ?

Fin juin, et pour autant que la majorité des plus de 800 membres à travers le monde aura accepté les nouveaux statuts, l’ancienne communauté sera dissoute et une nouvelle communauté du même nom sera érigée par Mgr Robert Le Gall, archevêque de Toulouse, en charge du dossier. 

Les Béatitudes deviendront ainsi l’une des premières grandes communautés à adopter la nouvelle forme de vie consacrée, selon l’appellation de « famille ecclésiale de vie consacrée » élaborée sous le pontificat de Jean-Paul II.

Pourquoi Philippe Madre est-il renvoyé de l’état clérical ?

Médecin, père de deux enfants et beau-frère d’Ephraïm, fondateur des Béatitudes, Philippe Madre était membre de la communauté depuis ses débuts en 1975. Il en avait été le modérateur général pendant six années (1985-1992). Ordonné diacre permanent pour le diocèse d’Albi, il a été accusé dès 2003 d’« abus sexuel par personne ayant autorité », dans le cadre de ses accompagnements spirituels. 

Après un jugement en première instance rendu le 20 mai 2010 par l’officialité interdiocésaine de Toulouse, Philippe Madre a fait appel, se défendant de cette accusation provenant, selon lui, de l’ancien modérateur général.

En seconde instance toutefois, l’officialité de Rodez a confirmé en janvier 2011 la première sentence. L’avocat de Philippe Madre a alors eu recours à la Signature apostolique, la plus haute instance de jugement ecclésiastique au Saint-Siège, pour vice de forme. Mais ce recours n’a pas été pris en compte. Philippe Madre en conséquence est bien « déclaré coupable de faits délictueux qui lui ont été reprochés, conformément au code de droit canonique ».

Selon un communiqué récemment publié dans Foi et Vie, le mensuel du diocèse de Toulouse, « cette sentence définitive est celle du renvoi de l’état clérical ». Il n’a plus désormais « aucune mission canonique ni diaconale », précise Mgr Le Gall. Officiellement exclus des Béatitudes en 2010, Philippe Madre et son épouse s’étaient éloignés de la communauté depuis plusieurs années déjà et s’étaient installés en Vendée.

Claire Lesegretain – La Croix du 30 mai 2011

Comps-Lagrandville. Gisèle, ancienne membre des Béatitudes, se bat pour sa retraite

Gisèle et Alain, anciens membres des Béatitudes au sein de l’abbaye de Bonnecombe, seront aux Prud’hommes ce mardi matin, pour réclamer à la communauté religieuse plus de vingt ans d’arriérés de cotisations retraite.

« Aujourd’hui je touche 400 € de RSA, mais j’ai l’âge de la retraite. » Vivant déjà avec peu, Gisèle s’inquiète de devoir subvenir à ses besoins avec encore moins. Car sa retraite, cette ancienne religieuse, n’y aura pas droit si elle ne fait rien. « J’ai fait partie des Béatitudes de 1982 jusqu’à 2009, témoigne la sexagénaire résidant à l’abbaye de Bonnecombe à Comps-Lagrandville. Et la communauté religieuse n’a versé les cotisations retraites qu’à partir de 2000, parce que la conférence des évêques de France le lui a demandé. » Ce n’est pas avec neuf ans de cotisations, que Gisèle pourra vivre les vingt prochaines années. C’est pourquoi elle a décidé d’aller en justice. Ce mardi à 14 heures, elle et Alain, un autre ex-membre de Bonnecombe dans la même situation, seront à la première audience de conciliation devant les juges des prud’hommes.

Des dommages-intérêts pour rupture abusive

L’objet de leurs demandes ? Reconnaître leur statut de travailleur non salarié et ainsi reconnaître que leur employeur – les Béatitudes – ne les ont pas assurés auprès de la Sécurité sociale, en l’occurrence auprès du régime de la CAVIMAC (caisse maladie des cultes). Or, la loi fait obligation à tout culte de cotiser pour la maladie et la vieillesse de leurs membres mais aussi, depuis 2006 ou 2008 (selon le culte), de cotiser pour leur retraite complémentaire. À l’appui de leurs demandes, Gisèle et Alain revendiquent des années de labeur au sein des dizaines de maisons de la communauté dans lesquelles ils sont passés. Elle, comme rédactrice de la revue « Feux et Lumière » mais aussi comme infirmière dépêchée au Maroc notamment. Lui, comme imprimeur de la revue.

S’ajoutent au contentieux des dommages-intérêts pour « rupture abusive ». « On a été privé de nos droits au sein de la communauté en 2007 à cause de la médiatisation de l’affaire Pierre-Etienne (voir ci-contre, N.D.L.R.), raconte Gisèle, et lorsqu’on a demandé notre réintégration en 2009, elle a été refusée à cause de ce dossier, c’est donc une rupture abusive. »

Pour l’ensemble de leurs griefs, Gisèle et Alain réclament respectivement 140 191 € et 169 480 €. Des sommes conséquentes qu’ils auront bien du mal à obtenir, la principale difficulté étant pour eux de prouver leurs dires. Les salaires allaient aux Béatitudes et aucun bulletin de paie n’était remis. « Pour le dossier j’avais besoin de témoignages de personnes m’ayant vu travailler, précise Gisèle, mais ils ont été interceptés et je n’ai donc aucune preuve interne. » Loin de baisser les bras, l’ancienne nonne pourra tout de même produire des attestations faites par d’anciens membres et par des proches. Mais elle le sait, ce sera long.

« Ils iront jusqu’en cassation, affirme-t-elle, parce qu’il y a environ 700 sortants des Béatitudes depuis 3-4 ans à cause de toutes ces affaires (voir ci-dessus, N.D.L.R.) et ils ne veulent pas que ça fasse jurisprudence. »

Les Béatitudes au cœur de procès de mœurs

Alors que Pierre-Etienne, ancien membre des Béatitudes au sein de l’abbaye de Bonnecombe, a été mis en examen pour pédophilie et attend toujours son procès pénal, d’autres membres de la communauté sont déjà passés devant les juges, ecclésiastiques du moins.

C’est le cas de Philippe Madre, diacre, ex-modérateur général des Béatitudes et personnalité connue en Aveyron pour ses « guérisons » miraculeuses. Suspecté en 2005 d’« abus sexuel par personne ayant autorité » dans le cadre de ses accompagnements spirituels, il vient d’être déclaré coupable par l’archevêché de Toulouse qui l’a condamné au « renvoi de l’état clérical ». En d’autres termes, n’ayant plus aucune mission canonique ni diaconale, il est réduit à l’état de laïc.

La Dépêche du Midi du 22 juin 2011