En quoi Boko Haram est-il une secte ?

 

On estime à 1 500 le nombre de victimes du groupe islamiste nigérian Boko Haram depuis le début de l’année. Voilà douze ans qu’il multiplie les massacres, mais c’est en 2013 qu’il se fait connaître en France par l’enlèvement de la famille Moulin-Fournier au Cameroun. Classée comme organisation terroriste par les Etats-Unis, mais possédant une base solide dans la population de la région, Boko Haram, dont le nom signifie «L’éducation occidentale est un péché», prône l’application stricte de la charia. Il s’attaque au gouvernement, aux chrétiens mais aussi parfois aux musulmans de la région.

En quoi peut-on qualifier ce mouvement de sectaire ?

En juin 2012, dans une publication de Sciences Po, Marc-Antoine Pérouse de Montclos, spécialiste du Nigeria chargé de recherche à l’Institut de recherche pour le développement (IRD), estimait que «le groupe tient à la fois de la secte et du mouvement social. Dès ses débuts, il est sectaire de par son intransigeance religieuse, son culte du chef, ses techniques d’endoctrinement, son intolérance à l’égard des autres musulmans et son fonctionnement en vase clos». Ce qui correspond à la définition de la mission interministérielle française Miviludes, qui caractérise une dérive sectaire par«un dévoiement de la liberté de pensée, d’opinion ou de religion qui porte atteinte à l’ordre public, aux lois ou aux règlements, aux droits fondamentaux, à la sécurité ou à l’intégrité des personnes». 

Le culte de la personnalité cultivéDès sa création en 2002 par Mohamed Yusuf, Boko Haram pratique le culte de la personnalité. Grâce à une aura naturelle et son talent oratoire, le chef de la secte captive et endoctrine une partie de la jeunesse désœuvrée du nord-est du Nigeria. A sa mort en 2009, c’est son bras droit, Abubakar Shekau, qui le remplace. Dans ses apparitions vidéo, Shekau profère ses menaces sourire aux lèvres, (…)

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Cameroun: Boko Haram soupçonné de l’enlèvement de trois religieux catholiques

Encore aucune revendication des ravisseurs

Yaoundé, 7 avril 2014 (Apic) La secte islamique nigériane Boko Haram est fortement soupçonnée d’avoir perpétré l’enlèvement, dans la nuit du 4 au 5 avril 2014, de deux prêtres «fidei donum» italiens, les abbés Gianantonio Allegri et Giampaolo Marta, et de la religieuse canadienne Gilberte Bussier. «Jusqu’ici, aucune demande n’a été faite par les ravisseurs» des religieux enlevés dans le diocèse de Maroua-Mokolo, au nord du Cameroun, selon des sources de l’Eglise camerounaise citées par l’agence d’information vaticane Fides.

 

Cameroun Diocèse de Maroua-Mokolo (Photo: gabriel.lucas2.free.fr)

Cameroun Diocèse de Maroua-Mokolo (Photo: gabriel.lucas2.free.fr)

«Etant donné la proximité de la zone de l’enlèvement par rapport à la frontière nigériane – déclarent les sources de Fides qui désirent demeurer anonymes pour raisons de sécurité – le soupçon que les ravisseurs appartiennent à la secte islamique nigériane Boko Haram se renforce. Dès que la nouvelle de l’enlèvement a été connue, des dispositions ont été prises afin de renforcer les contrôles le long de la frontière».

Boko Haram cherche à établir une base de repli au Cameroun

«Depuis longtemps – poursuivent les sources de Fides – les autorités camerounaises ont concentré leur attention sur cette zone parce que l’on sait que Boko Haram cherche à établir une base de repli sur le territoire camerounais afin d’échapper à l’armée nigériane. Les forces de sécurité avaient renforcé leur présence dans le nord du Cameroun afin d’empêcher Boko Haram de constituer des refuges sur notre territoire».

Malgré les mesures de sécurité mises en place par les autorités, Boko Haram est cependant parvenue à frapper encore une fois. «Les enquêteurs suspectent en effet que les ravisseurs aient bénéficié de complicités locales ayant permis d’échapper aux contrôles», affirment les sources camerounaises.

Les prêtres italiens Gianantonio Allegri et Giampaolo Marta, ainsi qu’une religieuse canadienne de 80 ans appartenant à l’ordre des Sœurs de la Divine Volonté de Bassano del Grappa, ont été enlevés dans le nord du Cameroun dans la nuit du 4 au 5 avril. Des hommes armés sont arrivés à bord de plusieurs véhicules vers 2H00, heure locale, et ont dévasté les habitations des religieux avant de les capturer. Ces enlèvements surviennent trois mois après la libération du prêtre français Georges Vandenbeusch. Il avait été kidnappé mi-novembre 2013 dans la même région par des membres de la secte islamiste nigériane Boko Haram, puis détenu au Nigeria voisin. (apic/fides/be)

Source : apic