Les dérives sectaires ont une véritable incidence sur la santé

 

«La santé c’est le sujet numéro 1, ce par quoi on démarre une conversation. De ce fait c’est aussi le domaine de prédilection des dérives sectaires », affirme Serge Blisko, président de la Miviludes (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires) présent hier, en compagnie d’Olivier Tainturier, directeur de cabinet du préfet de Vaucluse, pour présenter, aux acteurs locaux de la sécurité et la santé, les dangers liés aux sectes.

Aujourd’hui, selon les sources de la Miviludes, 4 Français sur 10 auraient recours aux médecines dites alternatives ou complémentaires. Pour Alain Milon, sénateur de Vaucluse et président de la Commission d’enquête sur l’influence des mouvements à caractère sectaire dans le domaine de la santé : « Cet intérêt s’explique en partie parce que certains médecins ne communiquent plus assez avec leurs patients. »

Une idée soutenue par Serge Blisko : « La médecine traditionnelle peut paraître froide. En face, la réponse des praticiens peu scrupuleux, c’est d’être doux avec le patient. »

Une dizaine de pseudo-thérapeutes surveillés en Vaucluse

Pourtant ce sont des vies qui sont en jeu. « Les charlatans guérissent toutes les maladies avec le même protocole. Ils montrent d’abord combien le traitement proposé par le généraliste ou les spécialistes peut être douloureux et en échange, ils conseillent de boire du jus de citron. Pour des personnes qui sont faibles, c’est plus facile de dire oui au jus de citron qu’au traitement de chimiothérapie », ajoute le président de la Miviludes. Il rencontre souvent des familles de victimes totalement dépassées par la situation et qui tentent désespérément de conduire un proche dans un hôpital.(…)

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Quatre partenariats pour protéger les usagers contre les dérives thérapeutiques à caractère sectaire

Le 14/05/2014 – Évènements

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La Miviludes a conclu 4 nouveaux partenariats pour mieux prévenir et protéger les usagers des dérives thérapeutiques à caractère sectaire.

Le nombre croissant de pseudo praticiens, de méthodes thérapeutiques illusoires proposées, de dérives thérapeutiques dues à des pratiques commerciales trompeuses et de formations débouchant sur des qualifications non reconnues par l’Etat inquiètent les pouvoirs publics. Les thérapies complémentaires sont, en effet, en plein essor, tant au plan de l’offre que de la demande de la part des patients. Or, il est de plus en plus fréquent de constater que les promesses et les recettes de guérison, de bien-être et de développement personnel peuvent être au cœur de pratiques dangereuses pour la santé.
Face à cette tendance préoccupante, la prévention paraît comme l’un des moyens les plus efficaces pour sensibiliser le grand public et ainsi éviter les conséquences dommageables et parfois irrémédiables entraînées par ces pratiques.
Aussi la Miviludes a-t-elle conclu au cours des derniers mois des accords de partenariat avec des organismes publics ou privés en signant quatre conventions cadres portant à la fois sur la formation des acteurs de santé publique et sur l’information du grand public :

  • le 25 juin 2013 avec l’Union régionale interfédérale des oeuvres et organismes privés sanitaires et sociaux d’Ile-de-France (URIOPSS-IDF). Ce partenariat a pour objectif principal de former, sensibiliser et prévenir le risque de dérives sectaires dans le domaine de la santé auprès des adhérents de l’Union, responsables d’établissements sanitaires, sociaux et médico-sociaux.
  • le 27 novembre 2013 avec l’Agence régionale de santé (ARS) Ile-de-France, première convention signée avec une ARS. Elle témoigne de l’engagement des deux institutions de développer une vigilance sur les dérives sectaires en santé et de veiller à l’information et à la protection de l’usager, notamment lorsque celui-ci s’interroge sur son parcours de soins, à savoir le choix du thérapeute ou du traitement « complémentaire ».
  • le 3 décembre 2013 avec la Fédération nationale de la Mutualité française (FNMF). Ce partenariat consiste à mener des actions communes de prévention sur les dérives sectaires potentielles dans le domaine de la santé, par des documents d’information à destination des adhérents mutualistes diffusés par l’intermédiaire des mutuelles et dewww.prioritesantemutualiste.fr, le site « santé pratique » des 500 mutuelles de la Mutualité française.
  • le 11 février 2014 avec l’Ecole des hautes études en santé publique pour la sensibilisation des cadres supérieurs de la santé et du secteur social et médico-social (formations continues et filières professionnelles accessibles sur concours au sein de la fonction publique hospitalière et de la fonction publique d’Etat) au phénomène de l’emprise mentale et des dérives sectaires.

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Les Femen ne sont pas une secte selon la Miviludes

Francetv info

  • Les Femen ne sont pas une secte selon la Miviludes

    Francetv info – Les Femen ne sont pas une secte selon la Miviludes

Georges Fenech est renvoyé dans les cordes, comme le dit 20 Minutes. Le quotidien révèle que la Miviludes, la mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires, a adressé un courrier au député UMP, jeudi 20 mars, pour rejeter sa demande de classer les Femen comme une secte.

Le 1er févier dernier, le parlementaire, ancien président de la Miviludes, avait dénoncé les pratiques du mouvement féministe né en Ukraine. Farouche opposant au mariage homosexuel, Georges Fenech avait pointé du doigt, entre autres, « des actions spectaculaires, qui s’apparentent à des pratiques à caractère sectaire », la « contestation violente de l’ordre social »« la contestation violente de l’ordre religieux établi » ou encore « la profanation de lieux de culte, selon des méthodes répandues dans les mouvements satanistes ».

 

« Pas de faisceaux d’indices suffisants »

Dans sa réponse, la Miviludes rappelle d’abord le statut associatif des Femen et reconnaît que le groupe s’est manifesté « à plusieurs reprises sur la voie publique d’une manière qui a pu choquer une partie de l’opinion ». Mais ce qui empêche la mission interministérielle de considérer les Femen comme secte, c’est son manque de dangerosité : « Comme vous le savez, la Miviludes procède à l’observation et à l’analyse [des différentes entités] par l’intermédiaire d’outils méthodologiques tels que ‘critères d’appréciation de la dangerosité’, et ‘indices de perception des dérives’. »

Des critères qui ne permettent pas de s’inquiéter face aux actions des Femen : « La Miviludes ne dispose pas de faisceaux d’indices suffisants, pour le mouvement dit Femen, lui permettant d’arriver aux mêmes conclusions que vous, mais nous restons bien entendu vigilants. »

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Buveurs d’urine, Enfants divins, Réunion des crânes: Quand les sectes se mettent au 2.0

Publié le 22 novembre 2013.

JUSTICE – Alors que Serge Blisko, le président de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) alerte sur les dangers d’Internet, «20 Minutes» a recensé trois mouvements en vogue sur la toile…

Il a décidé d’y consacrer son rapport annuel. C’est dire si Serge Blisko prend la menace au sérieux. A la tête de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires, l’ancien député PS alerte, dans un entretien, sur la propagation des dérives sectaires sur Internet. 20 Minutes a recensé trois pratiques très en vogue en ce moment sur la toile…

Amaroli ou les buveurs d’urine

Florissants en ce moment, les mouvements préconisant des médecines alternatives représentent, d’après Serge Blisko «30% des dérives sectaires en France». Un chiffre en perpétuelle augmentation qui inquiète la Miviludes. «Parmi eux, il y a tous les adeptes de l’urinothérapie qui se retrouvent beaucoup sur Internet», explique le spécialiste.

Présentée comme l’une des plus anciennes thérapies au monde, l’urinothérapie préconise de se soigner en buvant un «Elixir» constitué de sa propre urine. Sur la toile, on trouve ainsi beaucoup de recettes d’Elixir et de communautés qui se retrouvent autour de cette pratique. «La première gorgée a été toute une expérience, avoue sur un forum Christianne. Je me sens différente depuis cette rencontre. Plus en Amour avec mon corps et avec la Vie. Je me prépare pour un jeûne de sept jours…»

Les Enfants divins

Les forces de l’ordre, vigilantes sur Internet, ont pu éviter deux suicides en Bourgogne en février 2011. Deux adeptes correspondaient en effet avec «Flot», gourou des Enfants divins installé au Québec. Invitant ses adeptes à vivre «une relation divine», il promettait aux élus «une ascension pour naître dans un vaisseau de lumière et quitter ce monde pour un nouvel univers».

Les deux Français qui se soumettaient à la discipline du mouvement étaient, selon le gourou, «pratiquement prêtes pour le décollage». De fait, elles avaient pris des dispositions avec les pompes funèbres et projetaient de se suicider pour profiter de l’ascension de lumière.

La réunion des crânes

«Quand il s’est présenté, un matin, à la Miviludes, le jeune homme était perplexe et sans solution», raconte Serge Blisko. Un peu déprimée, sa copine surfait tous les jours sans véritable but. Jusqu’au jour où, à travers un forum de discussion, elle a été approchée par le membre d’un mouvement sectaire.

Après l’avoir rassurée, il a invité la jeune fille à participer à une réunion à Paris. «Elle a dû acheter un crâne avant, raconte encore Serge Blisko. Le jour de la réunion, il fallait poser ses mains sur le crâne pour expulser ses soucis. Cela n’est pas dangereux. Sauf qu’à la fin de la conférence, elle a été invitée à un séminaire en province qui, lui, était payant…»

Source : 20 minutes

Miviludes : «La Scientologie reste notre adversaire le plus coriace»

Par Delphine de Mallevoüe
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Serge Blisko, président de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires.

 

INTERVIEW – La cour d’appel de Paris examine ce mercredi un pourvoi de l’Église de scientologie, condamnée pour escroquerie en bande organisée à 600.000 euros d’amende. Serge Blisko, président de Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) revient sur le bras de fer juridique avec cette organisation.

La Scientologie revient devant les tribunaux français ce mercredi. Après avoir été condamnées en première et deuxième instance à 600.000 euros d’amende pour «escroquerie en bande organisée» (dernier jugement en février 2012), les deux principales structures françaises de l’Église fondée parRon Hubbard voient leur pourvoi en cassation examiné mercredi à Paris. Serge Blisko, le président de la Miviludes (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires) revient sur l’implantation de la secte qui, selon lui, accuse aujourd’hui un net recul.

LE FIGARO – Les procès médiatiques des dernières années ont-ils affecté le développement de la Scientologie en France?

Serge BLISKO – Après en avoir porté au début des années 90, la Scientologie a reçu beaucoup de coups juridiques. Elle reste notre adversaire le plus coriace mais les tribunaux ont fait beaucoup de mal à son image et à son organisation. L’«escroquerie en bande organisée» – ce sont des mots au sens lourd – a été démontrée, actée. La justice a sanctionné et fait savoir que des gens vulnérables et fragilisés, malgré leur haut niveau social, avaient été abusés par elle. J’ai bon espoir que ce nouveau procès confortera une troisième fois notre combat. C’est un enjeu très important.

Les coups portés ont-ils un impact concret, par exemple au niveau du nombre d’adhérents?

Ils ne sont que quelque 5000 aujourd’hui en France. Le noyau dur, lui, ne compte que quelques centaines de convaincus. Tous les autres vont et viennent au gré de stages, de sessions, d’entretiens, c’est difficile à évaluer. Un autre indicateur ne trompe pas: la Scientologie est désormais uniquement sur la défensive, plus sur l’offensive. Pour autant, elle ne lâche pas le morceau, ses cabinets d’avocats ne laissent rien passer. Ils exigent la moindre justification des propos que l’on tient, des droits de réponse, des procès en diffamation… La Scientologie a toujours été redoutable à cause de l’argent considérable dont elle dispose.[…]

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