Vivre de «lumière», sans manger ni boire : les dangers du respirianisme

AGENCE QMI

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CAPTURE D’ÉCRAN / TVA NOUVELLES

Après avoir séduit des adeptes partout dans le monde, le prana et le respirianisme gagnent en popularité au Québec.

Après avoir séduit des adeptes partout dans le monde, le prana et le respirianisme gagnent en popularité au Québec. Les défenseurs disent se nourrir d’eau, d’énergie et de lumière.

Lors de son enquête, J.E. à découvert qu’une école pour démystifier le prana a pignon sur rue au Centre-du-Québec. Une collaboratrice s’est présentée à une journée portes ouvertes à l’école de vie consciente. Une fois sur place, elle a constaté qu’elle pouvait facilement se procurer un produit non homologué par Santé Canada.

Le chlorite de sodium, aussi connu sous le nom de solution minérale miracle ou le MMS, peut entraîner de graves problèmes de santé comme une intoxication, de l’insuffisance rénale et des dommages aux globules rouges pouvant réduire la capacité du sang à transporter l’oxygène.

Morts de faim

Au moins cinq personnes dans le monde seraient décédées à la suite de ce type de pratiques, dont une à Montréal, le 14 mars 2007.

J.E. a obtenu une copie du rapport d’enquête du coroner Jacques Ramsay.

Il écrit que des livres à caractères spirituels ont été retrouvés sur la table de nuit de la victime, dont celui de la grande prêtresse du respirianisme Jasmuheen intitulé Vivre de lumière.

Source : Le journal du Quebec

E.U. – Transcender la mortalité au quotidien est aussi facile que de manger McDonald et de pratiquer le respirianisme

Par Kyla projets de loi le 4 Mars 2014

Modèle récemment ukrainienne, « Barbie humaine », et l’auto proclamé temps voyageur étranger Valeria Lukyanova prétendu être un adepte du respirianismeEn bref, elle pense qu’elle peut vivre sans nourriture et de l’eau par subsistant uniquement au large de la «micro-alimentaire cosmique » trouvé dans la lumière et l’air. Malheureusement pour Lukyanova, et d’autres dévots, pur Respirianisme s’est avéré être assez mortelle . Toutefois, selon l’ Institut Breatharian d’Amérique , le chemin de transcender votre être physique et croissant de Cinquième Dimension Terre pourrait être aussi facile que battre un McChicken.

Wiley Brooks est le fondateur de l’Institut Breatharian d’Amérique. Au début des années 80, il a été mis sous les projecteurs des médias à travers une série de télévision montrent des apparitions dans laquelle il affirmait ne pas avoir eu la nourriture pendant 17 ans . Sa demande de ne pas avoir mangé a été prouvé faux assez rapidement et il avoue même à manger maintenant, mais au cours des 30 dernières années, il a élargi Respirianisme dans une philosophie hilarante fou et un site horriblement confus.

Brooks affirme que les êtres humains ne sont pas censés vivre dans une troisième réalité dimensionnelle, nous sommes en fait des êtres dimensions cinquième qui sont en vacances sur cette terre, et maintenant nous nous noyons dans notre monde de troisième dimension qui est pourquoi nous nous sentons comme si nous devons de manger des aliments troisième dimension.Selon lui un corps humain parfait n’a pas besoin de manger, il est possible d’obtenir tous les éléments nutritifs nécessaires à la survie de l’air. Puis, en découpant tout ce qui est la troisième dimension, tout de l’eau à des téléphones cellulaires, nous serons en mesure de monter à un niveau supérieur d’être jusqu’à ce que finalement nous devenons cinquième dimension.

Tout comme n’importe quel chef de la secte qui se respecte, Brooks estime également l’apocalypse est proche. En fait, il sorte de déjà arrivé. Le 21 Décembre 2012, le apocalypse a commencé, mais je suppose que les « diables » ne voulaient pas tuer tout le monde à la fois si ils tuent des gens vraiment lentement. L’apocalypse prendra fin « dans le courant de 2015, » la date exacte est encore inconnue. Pour vous assurer que vous allez monter au Cinquième Dimension Terre à la fin de l’apocalypse, vous avez juste à prendre l’immortalité Atelier de Brooks pour le prix très juste de un million de dollars. Pocket Change vraiment.

Heureusement pour les passionnés de Respirianisme Brooks a été pris de manger McDonalds, alors il a incorporé que dans sa philosophie aussi. Toutes les zones McDonalds sont apparemment construits sur des propriétés protégées par cinquième énergies dimensionnelles et portails spirituels. C’est pourquoi Breatharians se sentent plus heureux et en paix dans McDonalds, alors que j’ai l’habitude de me sens coupable et malsain. Il recommande que ses disciples boire autant Diet Coke et de manger autant de pièces de deux quarts avec du fromage de McDonalds que possible avant qu’ils méditent, parce que Diet Coke est lumière liquide et les vaches sont des convertisseurs dimensions cinquième magiques qui transforment troisième alimentaire dimensions en cinquième alimentaire dimensions. Ce n’est pas fan fiction.

Montée vers la cinquième dimension est apparemment aussi simple que de manger beaucoup de McDonalds et méditer après  –  qui ressemble à la philosophie de votre collège étudiant de stoner moyenne. Apparemment, après avoir fait de sorte que vous vous sentirez «magique» quand vous allez sur son site Internet, ce qui est réaliste un mal de tête à partir de la quantité de calories vides que vous avez consommé.

Malheureusement, Wiley Brooks n’est pas un stoner inoffensif avec un penchant pour McDonalds, mais plutôt un chef de la secte qui dit aux gens soit se meurent de faim ou ne mangent fast food.Brooks prouve juste que les gens sont terrifiantes, l’apocalypse est en fait probablement proche et peu importe la façon dont quelque chose est fou, si vous le mettez sur l’Internet que quelqu’un va te croire.

Source : nyulocal – Traduction Google

Michelle Pfeiffer : vivre uniquement d’air et de lumière

Photo AP

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SOPHIE ALLARD

Cette semaine, l’actrice Michelle Pfeiffer, 55 ans, a révélé auSunday Telegraph avoir été sous le joug d’un couple d’adeptes de respirianisme (traduction libre de breatharianism), qu’elle croyait d’abord être des entraîneurs personnels. Elle avait 20 ans et était dans une secte dont elle est sortie grâce à son mari, a-t-elle raconté.

Connaissez-vous le respirianisme ? Il s’agit d’un mouvement sectaire selon lequel manger, boire et dormir ne sont pas nécessaires pour vivre. On parle aussi d’inedia (latin). De quoi se nourrissent les croyants ? D’air pur, des rayons du soleil, de l’énergie vitale prana (dans l’Hindouïsme) et, parfois, d’un peu d’eau. Un genre de «détox» extrême, quoi. Pour purifier le corps et l’esprit.

Une longue privation, associée à une déshydratation, peut éventuellement mener à la mort. Des décès, associés au respirianisme, ont d’ailleurs été médiatisés. On raconte tout de même que certaines adeptes ont survécu 15 jours (probablement avec des séquelles!).  Rien pour mettre fin au mouvement.  Dans les années 1990, Elle Greve, alias Jasmuheen, a été la gourou de ce mouvement. Selon ses dires, elle compte toujours plus de 5000 fans, notamment Europe. Ils paient 2000 $ pour un séminaire.(…)

Suite de l’article

E.U. – A Seattle, une femme tente de vivre de la lumière du soleil et de l’eau

 

SEATTLE – Quelques plantes rares peut vivre exclusivement la lumière du soleil, l’eau et l’air.Mais un être humain? Un Seattle femme tente de le découvrir.

Navenna Shine, le fondateur et le sujet de la vie sur l’expérience Lumière, prévoit de consacrer les quatre à six prochains mois s’abstenir de nourriture de toute sorte et vivant uniquement sur la lumière, l’eau et le thé.

Selon son site Web Livingonlight.co , service a commencé l’expérience dans une tentative de suivre un groupe de yogis obscurs, qui pendant des milliers d’années, ont réclamé la possibilité de vivre dans la lumière. Certains de ceux qui adhèrent à de telles pratiques sont appelés «Respiriens,» – quelqu’un qui obtient l’énergie et la nourriture strictement par l’air et le soleil – et brillance veut prouver qu’il est possible de vivre l’expérience.

Bien qu’il soit difficile, service espère que le corps peut être formé à vivre à travers les difficultés de survivre sans nourriture.

«La seule façon de le prouver est de le faire », a déclaré Shine.

YouTube

Courtoisie YouTube

Service dit qu’elle n’est pas complètement sûr qu’elle sera en mesure de réussir, mais a l’intention de donner l’expérience d’une tentative équitable. Tout au long de l’expérience, elle va se filmer sur huit caméras placées tout au long de sa maison pour assurer à elle-même et d’autres, elle ne triche pas.

«Puis-je faire cela? » Service demandé.« Vais-je réussir? Je ne connais pas la réponse à cette question parce que je ne l’ai pas encore fait. Je sais seulement que je ne vais pas tricher. Je veux savoir cela autant que vous le faites. Le temps nous dira le reste. « 

Service appelé sa tentative d’un « grand moment dans l’histoire. »

Selon la page Facebook de service , elle était dans son 32e jour sans nourriture mercredi. Elle a perdu plus de 20 kilos depuis l’expérience a commencé, et dans son plus récent poste le plus décrit, comment son corps a épuisé toutes ses graisses et est à la recherche d’autres sources d’énergie.

« J’ai le sentiment que mon corps a atteint un point où il a utilisé toutes ses graisses stockées et est maintenant en regardant autour de ce côté de consommer», écrit Shine. « Je soupçonne que cela pourrait être le point où il décide soit de trouver et de le raccorder à la source où il est capable de vivre sur la lumière, ou à consommer le corps pour assurer leur subsistance. Je fais tout ce que je peux conscience approfondi pour ouvrir l’espace pour ‘Vivre sur la lumière.Nous verrons bien. « 

Autant que quatre « Breatharians » sont morts en essayant de vivre uniquement sur la lumière, le site Seattleglobalist.com rapporté.

Source : http://q13fox.com/2013/06/05/seattle-woman-attempts-to-live-on-sunlight-water/#ixzz2VWvGIzqy

traduction Google

La dérive sectaire des respirianistes

 

Jasmuheen est de passage à Paris ce mardi. Cette Australienne de 55 ans affirme ne plus manger depuis 19 ans. Son mouvement prétend que l’homme peut se nourrir exclusivement de lumière. Zoom sur une dérive sectaire.

L’Australienne Ellen Greve ou « Jasmuheen » assure qu’elle ne se nourrit que de « force de l’amour divin ». © capture d’écran vidéo du site de « Jasmuheen »

L’homme n’a pas besoin de manger, ni de boire. Respirer suffit pour vivre. Voilà en substance la théorie du respirianisme et de Jasmuheen, sa grande prêtresse. C’est tellement incroyable que la télévision australienne l’a prise aux mots et lui a demandé en 1999 de jeûner devant les caméras.

L’expérience a finalement dû s’arrêter au bout de 4 jours, le médecin ayant jugé son état de santé préoccupant. Echec donc pour Jasmuheen qui expliqua le plus sérieusement du monde, avoir été victime d’interférences polluantes. Depuis, elle continue à grand renfort de livres, de conférences et séminaires payants, de promouvoir sa méthode de nourriture à base d’air et de soleil.

Elle revendique 40.000 adeptes dans le monde – chiffre invérifiable et certainement surestimé. En France, ils seraient 400.

Outre les séminaires, le mouvement publie des livres et des vidéos sur internet.

Le problème, c’est que pour pouvoir en arriver là, il faudrait que les cellules du corps humain puissent réaliser la photosynthèse. Or, c’est complètement impossible, explique Daniel Tomé professeur de nutrition à AgroParisTech: « Les espèces supérieures et en particulier les espèces animales n’ont pas la capacité de fixer l’énergie lumineuse ou toute énergie par des rayonnements. Elles doivent pour fabriquer leur énergie dégrader de la matière organique. »

De fait, se lancer dans cette expérience du respirianisme avec jeûne de longue durée peut entraîner de graves séquelles, voire la mort. A ce jour le processus respirianiste a été fatal pour cinq personnes toutes de nationalités étrangères. Pour d’autres, l’expérience s’est arrêtée à temps.

Une mère a ainsi réussi à intercepter son fils d’une vingtaine d’années qui avait suivi un jeûne de longue durée lors d’un séminaire du mouvement: « Il a débuté son jeûne à la maison puis il est allé dans ce séminaire, il l’a suivi, une semaine uniquement avec la boisson liquide et ensuite autorisation de jus de fruits, aucune autre alimentation. Le résultat c’est qu’au bout d’une semaine, je suis passée à l’endroit du séminaire pour voir dans quel état il était, il faisait peur, il faisait très peur, il n’était pas décharné mais ce n’était pas loin. Il n’y avait aucun suivi médical. »

Une mère a récupéré son fils après dix jours dans un séminaire respirianiste. Son témoignage avec Dominique Loriou.
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Ce jeune était en recherche de spiritualité, c’est ce qui l’a poussé à faire cette expérience. La Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires tente depuis longtemps d’essayer de comprendre ce qui fait qu’à un moment donné une personne bascule vers ce genre de mouvement.

« Je crois que nous avons tous des failles et que la force des mouvements sectaires c’est de profiter des failles qui peuvent être un deuil, une épreuve, une maladie, une rupture conjugale, pour, quand ils sentent une personne fragilisée, quand une personne fragilisée se trouve un peu démunie, alors, c’est à ce moment là que le discours sectaire, la dérive sectaire peut arriver. C’est finalement une mauvaise rencontre, avec des mauvaises personnes, une mauvaise théorie et un mauvais moment », explique Serge Blisko, le président de la Miviludes, qui s’est inquiété dela diffusion du film respirationiste Lumières en décembre 2010.

Mauvaise rencontre avec des mauvaises personnes qui tentent de faire croire qu’elles se nourrissent uniquement d’air et de lumière. Que cachent-elles ? Voici l’envers du décor.

Témoignage de Thierry dont la sœur affirme ne plus manger depuis plusieurs années:

« On l’a observé, bien sûr qu’elle mange. Ces personnes mangent. Le problème c’est qu’elles se cachent pour manger. Par exemple, en été, elle part à la plage, elle justifie d’acheter des paquets de gâteaux pour les donner aux enfants. En fait elle ne les donne jamais aux enfant, elle les mange, elle se cache pour les manger ».

Faire croire que l’on ne mange pas, dire que l’air et la lumière suffisent à nourrir notre corps, rendent la personne plus résistante, plus active, en meilleure santé, bref améliorent le bien-être au quotidien, est une façon d’attirer le profane.

Et c’est là où réside le danger d’où la mise en garde de Serge Blisko :« On le sait bien, au bout de quelques jours où l’on mange peu ou pratiquement pas, on est sujet parfois à des hallucinations, à un grand état de faiblesse, on se coupe de sa famille, de son environnement social, on ne peut plus aller travailler et donc on est extrêmement vulnérable par rapport à ce type de discours et à ce type de pratiques qui sont lancés par des personnes qui savent, elles, comment manipuler les gens ».

Face à ces accusations, le mouvement respirianiste met en avant une théorie du complot, face à un sujet qui dérange et que la science n’arriverait pas pour l’instant à expliquer. Très pratique pour éluder toute discussion.

Source : http://www.franceinfo.fr/societe/le-plus-france-info/la-derive-sectaire-des-respirationistes-762437-2012-10-09

Jasmuheen porte la responsabilité d’au moins 5 décès

Jasmuheen a détaillée ses théories dans un livre, sobrement intitulé « Vivre de lumière », où elle explique comment accéder à une vie pranique (sans manger ni boire).

Elle a choisi de s’appeller Jasmuheen (« air éternel »).Rien de plus logique quand on est, comme elle, chef de file et pionnière des « respirianistes », un courant de personnes persuadées que l’on peut – et doit – vivre d’air et de lumière. En mai, Jasmuheen/Ellen Greves a porté sa « bonne » parole à Waterloo, comme elle le fait régulièrement en Belgique depuis quelques années. Cette information est loin de faire sourire Sandrine Mathen, psychologue au service d’études du CIAOSN (Centre d’information et d’avis sur les organisations sectaires nuisibles). Et pour cause : avec ses préceptes oscillant entre New Age et philosophies orientales, Jasmuheen porte la responsabilité d’au moins 5 décès d’adeptes convaincus par les discours colportés (et vendus, car, on a beau se nourrir d’air et d’amour, il faut bien vivre…). Tous avaient cessé de boire et de manger… Or si Jasmuheen parcourt le monde, c’est bien parce qu’elle y trouve encore des personnes prêtes à l’écouter puis, peut être, à la suivre.

Faire obéir le corps

La « thérapie des lumières » propose « une autre manière de se nourrir ». Pour faire court, disons que le discours servi se fonde sur la conviction selon laquelle il est possible de demander à notre corps de digérer les « forces vitales de l’univers ». A la clé de ce programme, outre une purification,la compréhension de notre moi-profond, du sens de notre présence sur terre, et l’accès à un haut niveau de spiritualité. Ou, encore, à une co-création avec le Divin.

« Helen Greves prétend que sa technique lui a été inspirée par des entités supérieures cosmiques, des anges, des ‘maîtres ascensionnés’, parfois immortels, ou par des morts qui furent des sages et qui l’inspirent », détaille Sandrine Mathen.

« Après un lavage intestinal ou une irrigation colonique, qu’elle recommande, sa cure de 21 jours débute par 7 jours sans boire ni manger. Le 7ème jour, tisane ou eau sont autorisés, sans être encouragés : ce point est laissé au discernement des personnes, poursuit Sandrine Mathen. Ensuite, la boisson est autorisée, sauf bien sûr si un guide intérieur le déconseille. Au terme de cette ‘thérapie’, on ne ressentirait plus le besoin de manger ou de boire. » Attention : le « tu n’as plus besoin de manger de la nourriture solide ou liquide pour vivre », grand mantra de Jasmuheen, ne serait pas, dit-elle, une apologie du jeûne. Sur Internet, un « pranique » (un homme qui assure vivre sans boire ni manger depuis des années) explique que, « contrairement au jeûne, où l’on vit sur ses réserves, ce qui ne peut pas durer très longtemps, avec la nourriture pranique se met en place une toute nouvelle manière de se nourrir, non limitée dans le temps. Des milliers de personnes dans le monde vivent cette expérience. »

Des conséquences rapides

Néanmoins, ce programme a parfois des ratés. Jasmuheen a été l’une des premières à le démontrer : pour une émission de télévision australienne, elle s’était engagée à relever le défi de sa cure en direct, sous contrôle médical. Ses problèmes de pression sanguine, de stress, de déshydratation, apparus après 48 heures, étaient dus, a-t-elle dit, de la pollution du lieu où elle se trouvait. Mais un déménagement déménagement à la campagne n’a pas suffi à lui fournir de la bonne nourriture aérienne : face à ses défaillances, les médecins ont arrêté l’expérience. Depuis lors, Jasmuheen a légèrement modifié ses conseils, allant jusqu’à autoriser – si nécessaire – la prise de 300 calories par jour. Interrogée sur les décès d‘adeptes, « elle s’est contentée de dire que ces personnes n’avaient pas suivi les directives de son livre », précise Sandrine Mathen.

« En fait, la littérature est pauvre concernant le jeûne », souligne le Dr Maximilien Kutnowski, interniste. « En présence de boisson, et en fonction des ‘réserves’ initiales, un humain pourrait tenir de 70 à 100 jours sans manger : les derniers grévistes de la VUB ont arrêté peu après 100 jours. Mais cela ne veut pas dire que des lésions ne s’installent pas, même en l’absence de décès. » Des études de suivi de grévistes de la faim, au CHU Pellegrin, à Bordeaux, ou en Turquie, l’ont démontré. Selon leurs auteurs, des privations de nourriture pendant de longue durée ont, par exemple, des effets sur le système nerveux central tout comme sur le système neuromusculaire, avec des risques de séquelles neurologiques permanentes. Une étude suisse confirme aussi que certaines affections chroniques (insuffisance cardiaque, maladies cardio-vasculaires, rénales, diabète, ulcère gastrique ou duodénal, maladies infectieuses, etc.) peuvent s’aggraver lors d’un jeûne et provoquer des complications relativement rapidement. « Quant à la grève de la soif, elle entraîne la mort en quelques jours et en tout cas en moins d’une semaine », tranche le Dr Kutnowski. Parmi les respirianistes, une minorité prétend se préparer aux bouleversements attendus pour fin 2012, et qui apporteront, assurent-ils, la faim dans le monde. Seuls ceux qui savent, déjà, se nourrir « autrement », pourraient alors survivre. De quoi, peut-être, convaincre davantage de personnes fragilisées de les suivre dans la lumière. Bienheureux les nonéclairés… ◆ Laissez, laissez, passer la lumière…précise le journal ◆

Source : article de Pascale Gruber dans le « Journal du Médecin » du 1er juin 2012.

Respirianisme : mieux que le régime Dukan, les bouffeurs de lumière

RUE 89 le 02/06/2012 : « Le 16 mai, la grande prêtresse du « respirianisme » (groupe New Age qui prétend que l’homme peut se nourrir exclusivement de lumière) était en visite exceptionnelle à Bruxelles. L’occasion d’aller écouter la gourou d’un courant qui aurait déjà causé la mort de cinq personnes (trois selon le Sunday Time, une selon Krone.at et une dernière selon The Local) et revendique 40 000 fidèles ».

« C’est donc comme ça qu’on se retrouve, un soir de semaine à Bruxelles, à troquer son très banal steak-frites contre un dîner cosmique. Dans une salle pleine à craquer de silhouettes faméliques et de bobos aisés, nous voilà prêts à « manger de la lumière », guidés par Jasmuheen, grande prêtresse, tunique bleue pailletée sur fuseau noir, cheveux blonds coupés court, sourire invariablement fiché aux lèvres.

Rappelons brièvement avec qui nous sommes allés casser la croûte.

Dix-neuf ans sans manger Jasmuheen, quinqua australienne, développe depuis une vingtaine d’années une théorie new age au fondement assez simple : pour atteindre le bonheur, l’homme pourrait arrêter de manger et se nourrir exclusivement de lumière, moyennant un protocole strict de méditation et de jeûne. Elle-même jure n’avoir rien avalé depuis dix-neuf ans, hormis une tasse de thé par ci par là.

Une fable difficile à croire, surtout depuis la diffusion d’une émission de télévision australienne, en 1999, où la belle blonde avait accepté de jeûner devant la caméra. L’expérience avait tourné court, au bout de quatre jours, le médecin jugeant rapidement son état de santé préoccupant.

« L’échec respirianiste »

En anglais. Voir à partir de 6’36 »

Le hic : au moins cinq personnes sont décédées après avoir suivi le processus respirianiste. La dernière en date, une Suisse de 62 ans, a été retrouvée morte de faim en avril dernier, après avoir suivi le régime préconisé. Jasmuheen se défend de toute responsabilité, rejetant la faute sur les « cadavres », qui n’auraient pas bien suivi ses préceptes. Mais la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) et son pendant belge, le Centre d’information et d’avis sur les organisations sectaires nuisibles (CIAOSN), s’inquiètent depuis des années des dangers sanitaires de ce mouvement.

Malgré tout, Jasmuheen revendique 40 000 adeptes (certainement surévalués) et propose des stages et conférences toujours bien remplis. Ce soir, à Bruxelles, ils sont environ 130 à boire ses paroles.

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L’Occident se trompe « En Occident, nous avons oublié notre essence », lâche la grande prêtresse, qui explique avoir été déçue, enfant, de parler à un Jésus qui ne lui répondait jamais. Après avoir roulé sa bosse en Inde, rencontré un gourou, médité 23 heures par jour, l’Australienne aurait accédé à sa lumière divine et donc à la paix intérieure.

« J’ai réalisé que cette essence était une ressource phénoménale, et que je n’avais plus faim. Je me suis dit, il doit bien exister une source libre et gratuite pour que chacun puisse être libéré. »

Les uns applaudissent, les autres sourient, tous sont médusés.

Frédéric Lenoir, sociologue des religions, décode le succès de ce type de mouvements qui fleurissent en Occident :

« Le croire n’a pas disparu de nos sociétés occidentales, mais il a opéré une profonde mutation. Le discours des grandes traditions religieuses n’apparaît plus comme crédible, pour plusieurs raisons : la science est passée par là, les institutions sont en crise, la quête de sens s’est individualisée.

Certains se tournent vers le développement personnel, d’autres vers la philosophie. Le flottement du croire peut aussi être récupéré par des groupes new age. La question de la dérive sectaire, elle, n’est pas forcément corrélée à cette mutation. Simplement, dès qu’un discours est légitimé par l’irrationnel, il peut dévier. »

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Le test qui tue Après un speech bien rôdé d’une heure et demie sur les bienfaits de la lumière – y compris pour résoudre la faim dans le monde – Jasmuheen passe aux tests pratiques avec résultats 100 % garantis.

Exercice du jour : comment demander à notre essence divine si nous pouvons arrêter de manger et si oui, dans quelles proportions. Debout, les yeux fermés, adressez-vous à votre moi intérieur :

« Le Prana (la lumière) me nourrit-il à hauteur de 50% ? »

Répétez inlassablement la formule jusqu’à ce que votre corps penche. Vers l’avant, la réponse est oui, vers l’arrière, la réponse est non. Un peu basique dans le genre travaux pratiques… Mais tout le monde a penché dans le bon sens. C’est l’extase.

Pour Frédéric Lenoir, ce besoin de résultats tangibles s’inscrit dans une tendance de fond :

« Le croire s’est largement individualisé. Chacun cherche à valider sa croyance par sa propre expérience. Il recherche un mieux être ici et maintenant, a besoin de résultats, ce que les grands récits monothéistes n’offrent pas, même s’ils s’y adaptent ».

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Le dîner cosmique (avec session ventriloque d’esprit) Après les exos, place au clou du spectacle : le dîner cosmique. Lumière tamisée, douce mélodie en fond sonore, la grande prêtresse lance le banquet virtuel.

« Fermez les yeux, ralentissez votre respiration. Vous puisez maintenant ce qu’il faut en vitamines, minéraux, protéines. Je suis éternel… Je suis infini… Je suis la paix. »

La salle est en transe, les uns joignent les mains, les autres s’allongent, ouvrent les bras. Après cette demi heure de semi coma, coup de théâtre : voilà Jasmuheen prise d’une violente quinte de toux. Sa voix change, se fait plus rauque.

« Chers amis, nous avons dû faire un ajustement au larynx de cette femme pour vous transmettre un message. Vous pouvez nous appeler le collectif des êtres de lumière. »

Ne me dis pas que des esprits nous parlent ? Si, si, apparemment, Jasmuheen discute régulièrement avec les anges, la Vierge, Jésus, et autres esprits en pagaille.

« Vous êtes entrés dans un moment critique de votre évolution. Votre monde va faire comme la civilisation Maya autrefois, vous allez effectuer une transmigration en masse pour accéder à l’unité. »

Amis de la poésie apocalyptique, bonsoir. Il est quasi 23 heures, et là, tout de suite, j’ai un peu du mal à capter la substantifique moelle de ce discours un brin « Guerre des étoiles ». Grâce à Dieu, nos amis esprits semblent plutôt à cheval sur les horaires :

« Nous sommes sensibles au fait que votre temps est limité ce soir. Nous allons y revenir plus tard, au fil des jours où vous serez réunis. Nous avons tant de choses à vous dire. »

Bah oui, forcément, il y a un stage de quatre jours à 440 euros prévu après la conf, ça serait dommage de le louper.

Jasmuheen sera ensuite en visite à Paris en octobre prochain. Date à confirmer.

Infos pratiques

« Croire à l’incroyable »

Dd Romy Sauvayre

Ed. Presse universitaire de France, 424 pages, 27,50 euros———–


http://blogs.rue89.com/religion/2012/06/02/mieux-que-le-regime-dukan-les-bouffeurs-de-lumiere-227651

SOURCE / Rue89

Chloé Andries Journaliste