Procès en diffamation perdu pour la Soka Gakkaï

 

En décembre 2009, je publiais l’article « Trets, les Féraud, et la secte Soka Gakkaï ». Quelque temps auparavant, le maire Jean-Claude Féraud invitait son conseil municipal tretsois dans les somptueux locaux de la Soka Gakkaï pour un repas de fin d’année. Cet événement me donnait l’occasion de dénoncer les dérives politiques de ce maire UMP, bien loin de la laïcité auquel son état d’élu le soumettait et le soumet encore.

Après la publication de cet article, le 24 décembre 2009, mon hébergeur Overblog m’informait avoir reçu une mise en demeure de la SG contre mon article, la SG estimant que ce dernier comportait des propos diffamatoires. Overblog m’indiquait néanmoins son soutien total n’ayant pas relevé le moindre élément de diffamation. Il engageait ainsi sa responsabilité et son service juridique sur toute procédure éventuelle, si besoin, pour la défense de ma publication.

Ne parvenant pas à obtenir le retrait de mon article, l’Association Cultuelle Soka du Bouddhisme de Nichiren (ACSBN) ainsi que l’association Soka Gakkaï ont porté plainte pour diffamation publique. Le 16 février 2011, je suis donc convoquée devant le juge d’instruction, à Paris, en présence de mon avocat, et ami, Me Benoît Petit. Devant le juge, je confirmais être l’auteure de l’article, assumais entièrement ma responsabilité pénale et me prévalais de la bonne foi. A l’issue de l’audition, je suis mise en examen puis renvoyée devant la 17e chambre du Tribunal correctionnel de Paris – chambre de la presse. L’audience de jugement est finalement fixée au 22 janvier 2013. Elle se poursuivra le 15 février suivant car suite à une difficulté liée aux pièces versées, un renvoi fut ordonné par la Présidente.

L’audience a été l’occasion d’approfondir tous les points de mon article. Le Ministère public a considéré que si certaines des phrases relevées par la SG pouvaient être considérées comme diffamatoires a priori, le Tribunal avait la possibilité de retenir ma bonne foi. En effet, en droit, si les propos diffamatoires sont condamnables, ils peuvent être néanmoins justifiés par la bonne foi de leur auteur, c’est-à-dire par le fait qu’ils ont été écrits sans animosité ni violence à l’endroit des plaignants, qu’ils procèdent d’une enquête de qualité, qu’ils poursuivent un but légitime et que leur auteur a fait preuve de prudence et de mesure dans l’expression.

Les deux associations plaignantes, parties civiles, ont de leur côté développé leur point de vue, à savoir que mon article était diffamant et ne respectait pas les critères juridiques de la bonne foi. Quant à mon avocat, il a défendu mon travail, replaçant l’article dans son contexte d’angle politique (la SG n’étant pas l’objet premier de l’article), soulevant les controverses relevées dans les milieux parlementaires, académiques et associatifs sur la SG et ses pratiques, et rappelant qu’en tout état de cause, les éléments de la bonne foi étaient réunis.

Par décision du 29 mars 2013, le Tribunal correctionnel de Paris prononce ma relaxe des faits qui m’étaient reprochés en caractérisant ma bonne foi au sens du droit de la presse et déboute les parties civiles de l’ensemble de leurs demandes (le retrait de l’article et le versement d’un euro de dommages et intérêts). Ma demande tendant à obtenir réparation des parties civiles pour procédure abusive a également été déboutée par le Tribunal.[…]

Suite de l’article sur le site d’origine

 

Trets, les Féraud, et la secte Soka Gakkai

Article du blog http://cixi-helene.over-blog.com du 17/11/2009

 

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« Jeudi 24 décembre 2009 : Une mise en demeure de « l’association cultuelle soka du bouddhisme de nichiren » considère votre article http://cixi-helene.over-blog.com/article-trets-les-feraud-et-la-secte-soka-gakkai-41364792.html comme diffamatoire. Merci de me contacter au plus vite au………………… afin de savoir si vous assumez la publication de cet article et accepterez de le défendre au tribunal si cette « association » venait à vous assigner en raison de cet article. En ce qui nous (JFG Networks) concerne, nous sommes prêts à ne pas retirer cet article comme cela nous est demandé (et donc prêts à engager notre responsabilité) si vous nous indiquiez effectivement assumer cet article. »

 Après avoir pris contact dans l’après-midi avec le service juridique d’Overblog, j’engage mon entière responsabilité dans la publication de cet article. Les documents et liens fournis sont sur des sites officiels accessibles par tous et aucune diffamation n’y apparaît en accord avec Overblog. En cas d’assignation de mon hébergeur, je me tiens à sa disposition pour venir témoigner au tribunal à ses côtés. C-H-

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En 2010, la Soka Gakkai s’est porté partie civile et a porté plainte pour diffamation de cet article. Le 29 mars 2013, la 17eme chambre du Tribunal correctionnel de Paris déboutait la Soka Gakkai (deux parties)  et me relaxait. Un appel de la SG est en cours. Clic.

 

 

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C’est le père, Jean Féraud, médecin aussi comme son fils Jean-Claude, l’actuel maire de Trets, qui, en 1975, a déroulé le tapis rouge à la puissante secte Soka Gakkai (soi-disant bouddhiste) en pleine ascension mercantile. Cette délégation de la Nishiren Shoshu Française (NSF) menée par son fondateur le Dr Yamasaki  était à  la recherche d’un site pour y  faire édifier un temple et pour y abriter plus tard un centre européen qui accueillerait séminaires, assemblées, conférences, logements, temple pour les adeptes en demande de lieu de culte.
Séduit par ces nouveaux humanistes, Jean Féraud vend donc à la SG une propriété de 27 hectares sur la grande ligne droite qui longe un profil splendissime de la Sainte Victoire. Elle va pouvoir construire et installer tranquillement son empire européen.De courbettes en courbettes, Jean Féraud, pendant plusieurs années, bichonne la Soka Gakkai et accepte les invitations et remerciements des puissants japonais. Le 15 septembre 1981, il part au Japon avec une partie de son conseil municipal sur une invitation du reconnaissant Yamasaki lui-même médecin. Le petit maire de Trets, accueilli comme une grande star de la politique française par les étudiants de l’Université de la Soka, reçoit le titre élogieux de Professeur Honoraire de l’Université de Soka par les mains sacrées du puissant président Ikeda, grand manitou de la Soka Gakkai et demi-Dieu déjà reconnu par ses nombreux adeptes.

 

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En juin 1982, les courbettes se font dans l’autre sens. Ikeda en visite sur ‘son’ Centre européen est reçu en grande pompe par la mairie tretsoise et reçoit la médaille d’or de la ville. Après le discours emphatique de Féraud à son égard, il susurrera au micro: « A l’époque difficile qui est la nôtre, où la paix n’est pas universelle, il est réconfortant de rencontrer des hommes qui luttent pour établir des contacts d’amitié entre eux et essayent de créer entre les peuples une mutuelle compréhension. » Applaudissements béats. Que c’est beau le bouddhisme!
La suite coule de source. Ikeda érige sa multinationale européenne sur une organisation redoutable d’efficacité gérée par les fidèles des fidèles. Sa bonne parole dérivée du bouddhisme utilise un prosélytisme agressif pourtant dénoncé plusieurs fois par des rapports parlementaires français. Elle inclut surtout son propre culte et n’empêche surtout pas Ikeda en tant que Dieu vivant d’être vu aux côtés des plus grands ce monde de l’époque, Mitterrand en particulier.
Aujourd’hui, toutes sectes confondues, la Soka Gakkai est celle qui a le mieux réussi. Ses importants investissements immobiliers sont faramineux et elle caracole en tête du peloton avec ses concurrentes directes, Scientologie et Témoins de Jéhovah. En 2000, son parc immobilier était évalué à 700 milliards de francs, avoirs bancaires 100 Milliards. Ses revenus proviennent de dons annuels des disciples, de la presse, vente d’objets de culte, concessions, monuments funéraires et surtout, des séminaires de martèlements psychologiques que les fidèles doivent impérativement effectuer (au moins deux fois par an, c’est conseillé) au Centre dont ils dépendent comme celui de Trets, qui est européen… Comptez environ 500€ pour trois jours et cela peut varier selon les cas. A Trets, au pied de la Sainte Victoire, depuis des années, des centaines de cars affluent chaque mois et déposent les milliers de disciples qui transitent sur la route de Longarel. A priori, Trets commercialement n’en profite pas. La petite ville se trouve 2kms plus loin et tout est pris en charge par le Centre de la Soka. Les disciples ne sont pas là pour le tourisme mais viennent recevoir leur titre de fidélité (le Gohonzon) et se retrouvent entre eux pour psalmodier, sur différents rythmes qui les emportent à la transe collective, ce mantra « Nam Myo Renge Kyo’, lequel ne veut rien dire de particulier et qui n’est rien d’autre que de l’autosuggestion découverte depuis des lustres comme placebo pour les âmes fragiles. Un siècle plus tôt, le fin psychologue Emile Coué de la Châtaigneraie conseillait à ses patients de répéter 20 fois par jour : « Tous les jours à tous les points de vue, je vais de mieux en mieux », recette efficace individuellement et sans se faire piller son compte.

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