Suisse – «Avalanche de thérapies» à l’école

A Zurich, un nombre croissant d’écoliers suivent des thérapies logopédiques et psychomotrices. Inquiets, les experts pensent que les établissements scolaires en font trop.

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Durant l’année scolaire 2005/2006, 388 enfants ont suivi une thérapie psychomotrice dans le canton de Zurich. En 2012, on a en a recensé 526. Ce qui correspond à une hausse 35% en l’espace de sept ans. Du côté de la logopédie, le nombre de thérapies a augmenté de 28% en six ans.

Selon les experts, cette évolution est inquiétante. Avant, les enfants ayant un problème scolaire n’étaient pas forcément guidées vers des thérapeutes, estiment les pédiatres Romedius Alber et Thomas Baumann. Selon eux, il existe un véritable «multiplication thérapeutique» dans les écoles suisses. Selon les médecins, ce ne sont pas les enfants qui ont changé, mais la perception de ce qui est considéré comme normal. De nos jours, ceux qui dévient ne serait-ce qu’un peu de la moyenne seraient considérés comme malades.

Cet avis n’est pas partagé par les pédagogues. Une enseignante zurichoise affirme que les thérapies sont un grand soulagement pour elle. Comme une grande partie de ses 23 écoliers sont d’origine étrangère, il est très difficile de s’occuper de chacun d’eux individuellement, a-t-elle expliqué au «TagesAnzeiger». Une autre enseignante affirme que de manière générale les thérapies ont un effet bénéfique sur les enfants, mais que les nombreuses discussions avec les thérapeutes prennent beaucoup de temps et posent parfois problème au niveau organisationnel.

Une des raisons pour cette augmentation de consultations serait la révision partielle de la loi sur l’école obligatoire, entrée en vigueur à Zurich durant la période scolaire 2009/2010. Avant, c’était l’assurance invalidité qui prenait en charge les thérapies. Mais avec la nouvelle loi, celles-ci sont prises en charge par les établissements scolaires. Entraînant également une plus grande offre. «Je pense que les parents et les écoles font davantage attention qu’autrefois et sont moins hésitants qu’avant pour mettre en œuvre une thérapie», confirme Jürg Forster du Service de psychologie scolaire.(…)

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