Turquie – Agressions sexuelles à l’académie de Yoga

Akif Manaf « grand maître » yoga est accusé par une dizaine d’anciennes adeptes d’agressions sexuelles. Il est également accusé de fraude d’un montant d’un million de livres turques, soit environ 350.000 euros. Ayant reçu les enseignements de maîtres indiens et publié de nombreux livres, il a ouvert sa propre école, l’Académie de Yoga, à Istanbul. Très populaire, surtout auprès des jeunes femmes, il les aurait amenées à avoir des relations sexuelles avec lui afin de leur apporter « la paix intérieure » ; selon le yogi, les massages et les activités sexuelles ouvrent « les chakras ». Ses victimes l’accusent d’avoir utilisé l’hypnose pour obtenir les faveurs des plus récalcitrantes. La dévotion de ces femmes est telle que certaines n’hésitaient pas à embrasser ses pieds, à se battre pour lui mettre ses chaussures ou à manger ses restes. Certaines auraient voulu porter plainte auparavant mais s’en sont abstenu de peur de devoir s’exprimer publiquement. C’est le petit ami de l’une des victimes qui, s’inquiétant de la façon dont son amie se transformait en « machine », a intenté la première démarche auprès de la justice permettant l’ouverture d’une enquête. D’autres se sont ensuite manifestées. L’une des victimes a affirmé qu’il lui avait fait subir un lavage de cerveau et que son dévouement à Manaf l’empêchait de résister à la violence physique et aux demandes de rapports sexuels.

Source : Daily News, 25.08.2014

Entre franc-maçons et scientologues, qui sont les Gülenistes turcs?

Le scandale dure depuis maintenant un mois. Recep Tayyip Erdogan se bat contre une mystérieuse confrérie qui aurait mis en oeuvre un complot contre le Premier ministre turc. Les projecteurs se braquent sur cette confrérie surpuissante, dirigée par le « gourou » Fethullah Gülen.

 

Fethullah Gülen en 2012. Photo : Diyar se/Wikimedia Commons / cc

 

Le Premier ministre turc n’en finit pas de s’en prendre à ses nouveaux pires ennemis. Accablé par un scandale financier qui n’en finit pas, Recep Tayyip Erdogan lance chaque jour une nouvelle pique contre une confrérie, celle du prédicateur musulman Fethullah Gülen, accusée d’être à l’origine de ce que le Premier ministre qualifie de complot à son encontre.

Recep Tayyip Erdogan veut alerter sur les dangers des Gülenistes

Le 15 janvier dernier, le Premier ministre était à Ankara et prononçait un discours devant les ambassadeurs turcs. Recep Tayyip Erdogan a profité de cette occasion pour demander à tous les représentants de la Turquie dans le monde de témoigner du « véritable visage de cette organisation », de « ses ambitions et ses désirs » et des « dimensions du danger » qu’elle représente.

« L’empire de la peur instauré par cette organisation, particulièrement dans la justice et dans la police doit être parfaitement explicité », a insisté le chef du gouvernement.

« Nous n’acceptons pas la terreur, qu’elle soit séparatiste, religieuse, ethnique ou sectaire. Pour nous la terreur est la terreur, d’où qu’elle vienne. Et nous la condamnons fermement », a finalement conclu Recep Tayyip Erdogan, sans jamais identifier clairement le nom de cette confrérie, mais ne parlant que d’une « organisation » ou d’un « gang criminel ».

Un Etat dans l’Etat

C’est sans doute l’affaire la plus grave à laquelle doit faire face le Premier ministre depuis qu’il est arrivé au pouvoir il y a dix ans. Il y a plusieurs semaines, la justice turque a inculpé et placé en détention plusieurs hommes d’affaires, élus et les deux fils de deux ministres qui ont été mis en cause dans une vaste affaire de corruption. Pas moins de dix ministres ont été mis à la porte, volontairement ou contre leur gré, en une soirée.

Derrière ces hommes, c’est le parti au pouvoir qui est directement accusé de ce scandale financier et même dans son propre camp, le Premier ministre commence à voir partir ses alliés.

Parmi eux, la confrérie dirigée par le prédicateur musulman Fethullah Gülen. Ce dernier, pourtant fidèle ami de l’AKP depuis 2002, est en fait furieux du projet gouvernemental qui tend à supprimer les établissements de soutiens scolaires privés, une des principales ressources de l’organisation. Le Premier ministre accuse cet homme d’avoir entièrement mis en place ce complot afin de nuire à sa personne.

Depuis, Recep Tayyip Erdogan a alors lancé une vaste opération de communication pour sauver sa place au milieu de ce marasme politique et a été très clair, il ne cèdera pas à une tentative de déstabilisation mise en œuvre par un « Etat dans l’Etat » – tel qu’il qualifie les islamistes de Fethullah Gülen –  afin de « salir » et « détruire » les progrès que ce dernier a permis à la Turquie de faire depuis plusieurs années.

Une organisation sectaire

La confrérie de Fethullah Gülen semble avoir définitivement rompu les relations qu’elle entretenait avec l’AKP. Ils étaient pourtant alliés de longue date, bien que la confrérie des Gülenistes ait toujours revendiqué son indépendance de toute organisation politique.

Depuis, cette étrange organisation secrète est devenue le centre de l’attention du monde entier et l’on se demande alors qui et ce qu’il se cache derrière ce groupe aux contours sectaires.

Parmi les trois millions de fidèles que compterait cette organisation financée par de riches hommes d’affaires, ils sont nombreux à être installés dans les hauts postes de la police et de la magistrature. C’est ce constat qui pousse d’ailleurs Recep Tayyip Erdogan à estimer que l’enquête contre lui est totalement manipulée par les Gülenistes.(…)

Suite de l’article

Turquie: deux ministres d’Erdogan tendent la main à Fethullah Gülen pour désamorcer la crise

Un partisan de Recep Tayyip Erdogan, à l'aéroport d'Istanbul, le 27 décembre.

Un partisan de Recep Tayyip Erdogan, à l’aéroport d’Istanbul, le 27 décembre.

REUTERS/Osman Orsal
Par RFI

Deux poids lourds du gouvernement Erdogan tentent de désamorcer la crise ouverte par les soupçons de corruption pesant sur plusieurs fils de ministres, dont celui du Premier ministre turc. Après une semaine marquée par la démission de trois ministres, un remaniement et la reprise des manifestations, ces responsables de l’AKP lancent des appels à la conciliation en direction de la confrérie Gülen présentée jusque-là comme responsable d’une campagne de déstabilisation du gouvernement.

 Avec notre correspondant à Istanbul, Jérôme Bastion

Ce sont le ministre des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu, et l’ancien ministre de la Justice, aujourd’hui vice-président du parti de la Justice et le développement (AKP), le parti au pouvoir, Mehmet Ali Sahin, qui lancent cet appel. Il est donc évident qu’ils n’agissent pas sur une initiative personnelle, mais qu’il s’agit bien là d’un changement de ton et de stratégie à 180° de la part de l’AKP.(…)

Suite de l’article