Comment est né le “Buzzgarach“

Comment est né le “Buzzgarach“

Le 18 décembre à 09h18 par Estelle Devic | Mis à jour le 18 décembre

Dans les alentours, la gendarmerie veille déjà.
Dans les alentours, la gendarmerie veille déjà. PHOTO/CHRISTOPHE BARREAU

Censé être épargné par la fin du monde prévue par le calendrier maya (la 183e annoncée tout de même) ce 21 décembre 2012, Bugarach, charmant village audois de quelque 200 âmes, est au cœur de toutes les interrogations. Qui viendra ce fameux soir ? Personne ne peut vraiment répondre. Et surtout pas les autorités qui emploient les grands moyens. Au cas où.

Un large dispositif de sécurité a été mis en place. De toute évidence, avec de telles mesures, la préfecture de l’Aude compte décourager les curieux. Car à en croire les courriers que reçoit le maire depuis des mois, on peut craindre le pire. Une lettre, parmi tant d’autres, faisait état de rituels et d’un sacrifice humain prévus pour la fameuse nuit du 21 au 22 décembre. Cependant, il se pourrait bien que la presse soit la plus nombreuse autour du village ce soir-là. Une quarantaine de médias, soit quelque 130 journalistes dont certains venus du Japon ou d’Ukraine par exemple, sont annoncés.

Bugarach s’est involontairement créé une réputation mondiale au fil des mois grâce à (ou “à cause”, diront certains) internet alors que le lieu fascine depuis les années 60 en France. La légende de la “montagne sacrée” censée abriter des extraterrestres, puis le tombeau du Christ ou encore celui de Marie-Madeleine à moins qu’il ne s’agisse du trésor des Cathares s’est tissée au fil des ans en France sous la plume de quelques passionnés d’ésotérisme comme Jean d’Argoun dans les années 60 ou encore Jean De Rignies, spécialiste d’’ufologie, qui dans les années 80, évoquait un garage à ovnis lors d’émissions télévisées et gagnait ainsi en audience.

Depuis Bugarach attire comme un aimant tous les adeptes de phénomènes surnaturels. Ils sont d’autant plus à la fête qu’à quelques kilomètres du mont, se trouve Rennes-le-Château qui doit sa réputation à la légende de l’abbé Saunière, créée dans les années 50 par un restaurateur prêt à tout pour attirer des clients.

Vivement le 23 !

Forts de ce passé et avec la nouvelle rumeur de la fin du monde, les journalistes du monde entier ont débarqué à Bugarach, toujours à la recherche de l’information insolite et de l’emblématique maire, Jean-Pierre Delord qui s’amusait encore du phénomène il y a quelques jours. Jusqu’à ces dernières semaines où des menaces plus inquiétantes sont arrivées en mairie.

Début décembre, l’élu lançait un appel : « Ne venez pas car vous pourriez mettre en danger la vie de vos proches ». Les habitants, eux, ne s’amusent plus depuis longtemps. Ils craignent de voir affluer une foule incontrôlable à l’approche de la fameuse date. S’ils étaient habitués à vivre, depuis des années en présence de quelques gentils illuminés, ils ont, aujourd’hui, plutôt tendance à fuir micro et caméras venus troubler le charme bucolique des lieux. Et attendent avec impatience le 23 décembre.
Non pas pour être rassurés quant à une éventuelle fin du monde qui n’aurait pas eu lieu. Mais plutôt pour la fin du monde (comprenez de la foule) à Bugarach…

Source : http://www.lindependant.fr/2012/12/18/comment-est-ne-le-buzzgarach,1711996.php