Décision attendue dans le procès des «reclus de Monflanquin»

13 novembre 2012 à 07:41
L'avocat de Thierry Tilly, Me Alexandre Novion, le 24 septembre 2012 à Bordeaux.

L’avocat de Thierry Tilly, Me Alexandre Novion, le 24 septembre 2012 à Bordeaux. (Photo Pierre Andrieu. AFP)

Dix ans de prison ont été requis à l’encontre de Thierry Tilly, accusé d’avoir manipulé une famille entière pendant dix ans afin de leur soutirer leurs biens.

Le tribunal correctionnel de Bordeaux rend mardi matin son jugement dans l’affaire des «reclus de Monflanquin», dossier où les victimes sont une famille d’aristocrates du Lot-et-Garonne ruinés après avoir cru un homme qui les disait visés par un complot.

Dix ans de prison, la peine maximum, ont été requis le 4 octobre contre Thierry Tilly, 48 ans, mis en examen pour abus de faiblesse de personnes en état de sujétion psychologique, séquestration et violences volontaires, et détenu depuis octobre 2009. Cinq ans dont un avec sursis ont été requis contre le complice présumé, Jacques Gonzalez, 65 ans, libre mais très malade.

Pendant dix ans, Thierry Tilly a tenu sous sa coupe Ghislaine de Védrines, rencontrée dans le cadre professionnel en 2009, et dix membres de sa famille, sa mère, ses deux frères, les femmes de ses frères, ses deux enfants et trois neveux. Alternant gentillesses et menaces, il leur a fait croire qu’un complot mortel les menaçait, tout en faisant mine d’associer certains membres à ses affaires. En fin de compte, après s’être retranchés sur eux-mêmes, ils ont fini par vendre tous leurs biens, pour 4,5 millions d’euros, dont en point d’orgue le château familial. Le représentant du parquet Pierre Bellet avait évoqué«une véritable vampirisation financière et morale».

Une forte partie de cette somme a alimenté le train de vie de Jacques Gonzalez, mais malgré des écoutes téléphoniques dans lesquelles celui-ci semble donner les ordres, Pierre Bellet a estimé que Thierry Tilly était le mentor de l’affaire.

Les de Védrines, libérés en 2009 après les défections successives de trois d’entre eux en 2008 et 2009, sont apparus au procès encore un peu surpris de leur propre crédulité, et certains doivent encore subir des soins psychologiques. Me Daniel Picotin, avocat de parties civiles et spécialiste des questions d’emprise mentale, a espéré que le procès ferait avancer le droit, les proches ne pouvant actuellement pas intervenir pour libérer les amis ou la famille pris dans de tels affaires.

(AFP)

Source : http://www.liberation.fr/societe/2012/11/13/decision-attendue-dans-le-proces-des-reclus-de-monflanquin_860050