Dépendances sectaires

Les sectes sont diverses. Elles présentent des organisations et des évolutions différentes. L’adhésion sectaire est une conjonction complexe entre un parcours individuel, une rencontre et un moment socio-culturel.

La définition du phénomène sectaire

Elle est très difficile à faire. On retrouve des lignes de force communes comme : l’embrigadement des adeptes, le maintien dans une forme d’asservissement par une dépendance créée. L’aspect coercitif est très présent dans le phénomène sectaire. Il fait apparaître le groupe et les dogmes. Ces deux composantes participent au caractère addictif du phénomène sectaire.

Dans le sondage réalisé par l’ Ipsos/Sig (Service d’information du Gouvernement) en septembre 2010, un quart des Français (plus de 15 millions de personnes) disent avoir « été personnellement contacté par une secte ou les membres d’une secte », dont 15 % plusieurs fois. Plus de 20 % des Français, soit 1 sur 5 (près de 13 millions de personnes) connaissent personnellement dans leur « entourage familial, amical ou professionnel une ou plusieurs personnes qui ont été victimes de dérives sectaires ».

 

Peut-on parler d’addiction à une secte ?

Dans les études qui ont été menées sur les adeptes de sectes et les témoignages d’ex-adeptes, les notions de perte de contrôle et de conséquences psycho-sociales négatives – que l’on retrouve dans l »addiction – sont régulièrement repérées.
L’objet « secte » va prendre une place grandissante dans la vie de l’individu, jusqu’à y occuper une place centrale.

Les adeptes en devenir seront plus vulnérables face à la répétition d’émotions et de sensations liées aux actes groupaux. On va retrouver des troubles liés à la recherche d’effets procurés par le groupe, le gourou et des phénomènes de tolérance et de sevrage.

Le manque, la culpabilité, la honte qui existent dans l’engagement sectaire, scandent la temporalité dans l’addiction.

 

Le parcours de l’adepte

L’individu qui va s’inscrire dans une démarche sectaire va passer par différents stades. Au début, il y aura toujours présente, la séduction narcissique. Ensuite, l’adepte pensera trouver dans la secte des réponses à ses difficultés existentielles. Il cherchera également protection, pouvoir, puissance et des moyens de mieux comprendre le monde qui l’entoure.

L’individu va trouver dans la secte des sources de soulagement de son mal-être : accueil chaleureux, compréhension, soutien du groupe.

La conversion signe l’acceptation par l’adepte d’une dépendance définitive au groupe sectaire et au gourou.
L’objet sectaire va alors prendre une place grandissante, de plus en plus exclusive en relation avec l’affaiblissement des autres liens de l’individu.

Les ressources de sortie

Parmi les ressources mobilisées par l’adepte pour se sortir de sa dépendance sectaire on peut citer :

  • les bénéfices de réaménagements narcissiques
  • l’étayage externe au groupe sectaire
  • des interventions externes : services sociaux, institution policière et/ou judiciaire
  • un processus de deuil
  • un événement traumatique
  • l’exclusion du groupe
  • la dissolution du groupe.

Pour aider la personne à sortir de la dépendance sectaire, il est primordial de coordonner une pluridisciplinarité d’intervenants. Les associations de défense, la mobilisation de la famille ont aussi une place centrale dans la sortie de la dépendance sectaire.

Source : http://www.ifac-addictions.fr/dependances-sectaires.html