Dérives sectaires : être coupé du monde extérieur

 

« Ça peut devenir extrêmement dangereux lorsque des leaders religieux sont mis sur un piédestal et qu’ils ont une influence démesurée sur les membres du groupe. Certaines personnes ne réfléchissent tout simplement plus d’elles-mêmes », a lancé le fondateur de l’organisation Info-secte, Mike Kropveld.

L’histoire de la jeune mère Chantal Lavigne, décédée en juillet 2011 à la suite d’une activité de sudation à Durham-Sud, refait les manchettes ces derniers jours, en raison du procès des trois coaccusés qui a commencé le 14 octobre dernier.

EstriePlus.com s’est interrogé aux raisons qui amènent une personne à intégrer un groupe de formation en croissance personnelle ou sectaire et les causes qui expliquent les dérives comportementales de certains membres.

Tous les milieux sociaux représentés
Mme Lavigne avait un emploi de qualité au Cégep de Victoriaville et son amie Julie Théberge, qui a également participé à l’activité de sudation le 28 juillet 2011, est infirmière de profession à Sherbrooke. Malgré les croyances, tous les milieux sociaux sont représentés dans les groupes sectaires : « Nous pensons que les gens qui sont dans les sectes sont des gens qui sont issus de milieux plus populaires, qui sont moins éduqués et plus fragiles. En réalité, ce n’est pas le cas. Dans les groupes sectaires, il y a une représentation quasi parfaite de la population », précise David Koussens, professeur à la Faculté de théologie et d’études religieuses à l’Université de Sherbrooke.

Certains individus font le choix d’intégrer des groupes sectaires parce qu’ils considèrent que la société n’est pas en mesure de répondre à tous leurs questionnements. Ces groupes répondent justement à leurs besoins, ce pourquoi les membres deviennent progressivement très engagés et mobilisés. Pour le professeur, les membres de ces groupes n’ont pas nécessairement perdu la raison : « La personne fait des choix à partir d’un nouveau système de référence qui lui a été inculqué », explique-t-il. Ainsi, les membres agissent en conformité avec leur nouveau système de références, indépendamment de celui de la société.

Pour ce faire, les groupes sectaires développent des mécanismes pour couper la personne de tous ses référents sociaux. À savoir que le mot « secte » en latin provient de deux verbes : couper et suivre. Les membres sont ainsi coupés de leur famille, leurs amis et du système d’éducation et de la santé.

Le fondateur d’Info-Secte, M. Kropveld, estime pour sa part que les personnes qui font le choix d’intégrer des groupes sectaires peuvent être des personnes qui vivent des situations difficiles et qui sont de ce fait plus vulnérables. « En entrant dans un groupe, les gens pensent qu’ils ont trouvé la solution gagnante pour les aider à traverser une période difficile. »

Travailler en prévention(…)

Suite de l’article