« Des gens se ruinent pour une consultation de voyance »

interview de Rose-Anne Vicari, auteure de « Confessions d’un voyante »

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Vous avez exercé le métier de voyante par téléphone pendant deux ans. Comment prédisiez-vous l’avenir ?
Depuis mon adolescence, je tirais les cartes très ponctuellement pour des amis. Alors, je me suis lancée. Quand des clients me posaient des questions sur leur avenir sentimental, le travail ou l’achat d’une maison, je réussissais la plupart du temps à tomber juste. Cela me confirmait mes soi-disants dons. J’ai pratiqué pendant un moment en toute bonne foi.

Si une femme vous demandait si son mari la trompait, vous étiez capable de lui répondre ?
J’essayais de cerner la situation. Je la faisais parler pour vérifier ce que je sentais. Je décrivais l’entourage. Et quand je ne savais pas, j’orientais la discussion.

Pourquoi avoir arrêté ?
Au fur et à mesure, je m’apercevais que j’utilisais régulièrement les mêmes termes. Mes prédictions se ressemblaient toutes. Cela a commencé à me déranger. Je me suis aussi aperçue que c’était dangereux. Une femme m’a appelée parce qu’elle voulait mettre fin à ses jours. Je me suis retrouvée obligée de lui dire ce qu’elle voulait entendre, pour éviter le pire. Je ne supportais plus l’idée de profiter de la misère psychologique des autres. C’était un cas de conscience. Aujourd’hui, je ne le fais même plus pour mon entourage.

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Rose-Anne VicariCombien payaient les clients pour une consultation ?
En moyenne, cela leur coûtait trois euros la minute, et ils restaient environ 30 minutes. Je me souviens d’une personne qui avait laissé 500 euros dans une journée.

Et vous, combien étiez-vous rémunérée ?
Quand je donnais des consultations via un service téléphonique surtaxé, j’étais rémunérée 4,80 euros de l’heure, et en fonction du nombre de clients en attente. Je gagnais 500 à 600 euros sauf pendant les périodes fastes comme Noël, où je pouvais aller jusqu’à 900 euros. Ensuite, j’ai travaillé pour une plateforme de voyance et là, je percevais un pourcentage qui représentait jusqu’à 45 % de ce que payait le client. Je gagnais entre 1000 et 1500 euros par mois.(…)

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