Des guérisseurs appelés au chevet des brûlés

 

SARAH-LOUISE MAILLET
10/04/2012, 08 h 35 | Mis à jour le 10/04/2012, 10 h 15
Les urgentistes disposent d’une liste de coupeurs de feu, en cas de brûlures graves.
Les urgentistes disposent d’une liste de coupeurs de feu, en cas de brûlures graves. (© D.R)

Aussi surprenant que cela puisse paraître, lorsque le service des urgences du centre hospitalier de Mende a affaire à des victimes de graves brûlures , les médecins lozériens appellent « de manière presque automatique des guérisseurs qui ont un don pour guérir ou apaiser les brûlures ».

Un don ?

Toujours selon les urgentistes, certains de ces guérisseurs seraient d’anciens confrères ayant même travaillé au centre hospitalier de Mende et posséderaient un don pour soulager la douleur de ces patients.

Rien de paranormal ou de surnaturel dans la définition et l’essence même de ce don, mais juste un effet placebo, « un effet sur le psychisme du patient pour soulager sa douleur ». Il doit donc être utilisé en parallèle de soins médicaux. Ils sont neuf guérisseurs en Lozère à intervenir, à titre gratuit, à l’hôpital mendois : sept résident à Mende, un à Florac et un autre à Saint-Étienne-du-Valdonnez.

Polémique

Notre rédaction a bien tenté de prendre contact avec l’un d’entre eux. En vain. Chacun n’ayant visiblement pas envie de dévoiler quoi que ce soit sur leur don. C’est auprès des médecins que nous avons pu récolter quelques informations. « Avant son intervention, par téléphone ou sur place, sur le patient, révèle un urgentiste mendois, le guérisseur lui pose de nombreuses questions comme quelle est la nature de la brûlure, son âge, son lieu de résidence ou encore la gravité de la brûlure. »

Du côté des médecins, si ce don relevant de la magie pour certains serait en opposition avec la notion de médecine, ils déclarent pour la plupart ne pas avoir d’avis particulier « par rapport à cette pratique effectuée depuis maintenant plusieurs années.» Ils considèrent en effet qu’ils « laissent faire » : « On fait seulement “application de la médecine” ; on n’encourage, ni dissuade cette pratique. Lorsqu’un patient demande un guérisseur, on ne s’y oppose pas. Nous n’avons pas d’avis particulier sur le sujet. »