La perception extra-sensorielle

 

Il est fréquent de rencontrer des gens croyant fermement que certaines personnes (médium, voyant ou extralucide) ont le pouvoir de lire dans les pensées ou de transmettre leurs propres pensées à quelqu’un d’autre. Cette perception directe d’esprit à esprit est réputée être instantanée et indépendante de la distance. Les partisans de la télépathie affirment que tout le monde peut développer cette capacité, ce pouvoir, mais à différents degrés, et c’est ce qui explique ces évènements curieux de la vie tels que les rêves prémonitoires. Le terme générique pour désigner ce prétendu pouvoir est « perception extra-sensorielle » (PES) ou « psi » (comme la lettre grecque) ou en anglais ESP (Extra-Sensory Perception). « Parapsychologie » est le terme utilisé pour les études « sérieuses » ou « scientifiques » de ces prétentions. Mais jusqu’à présent, la parapsychologie semble être une « science » incapable de démontrer ne serait-ce que l’existence de son contenu, sinon à travers d’hasardeuses explications.

Les revendications de la perception extra-sensorielle entrent dans quatre catégories générales :

  1. La télépathie : une personne perçoit les pensées d’une autre, sans aucune communication par le biais des sens.
  2. La clairvoyance : la connaissance qu’a une personne d’un objet ou d’un évènement sans le recours aux sens
  3. la précognition (ou prescience): la connaissance que peut avoir une personne des pensées futures ou du futur d’une autre
  4. la psychokinèse : le pouvoir qu’a une personne d’influencer un évènement, de faire bouger des objets, rien que par la pensée.

Cette classification de la perception extra-sensorielle en trois phénomènes distincts est arbitraire, elle découle d’une certaine tradition et est présente dans la littérature occidentale depuis plusieurs siècles. La limite entre chaque phénomène n’est toutefois pas toujours claire : la télépathie peut toujours être le résultat de la clairvoyance du « récepteur » plutôt que d’une projection de l' »émetteur », et la clairvoyance (et la télépathie) peut n’être en fait que précognition, dans la mesure où le sujet entrera bien un jour en contact avec l’information. La psychokinèse (PK), quant à elle, est définie comme une « action mentale directe d’un sujet sur le monde extérieur (.) n’utilisant directement ni son corps, ni des énergies émises par le corps telles que la chaleur, les énergies électrochimiques, électromagnétiques, etc., actuellement répertoriées par la science (M.Varvoglis, « la rationalité de l’irrationnel« , p.21).

La preuve apportée pour soutenir la perception extra-sensorielle est d’ordinaire anecdotique. Parfois, cependant, il est affirmé que des tests scientifiques, effectués dans de respectables institutions, ont prouvé que la perception extra-sensorielle existe, ou que des expériences gouvernementales l’ont prouvé (comme celles de l’AAAS dans les années 1970, American Association for the Advancement of Science qui a, depuis, abandonné toute recherche en ce domaine), ou encore que les russes travaillent durs dessus, etc…

Parfois aussi ses partisans citent des expériences spécifiques ayant confirmé la réalité de la perception extra-sensorielle (perception extra-sensorielle). En fait, et comme l’unanimité des psychologues l’affirme, la perception extra-sensorielle n’a jamais été démontrée. Toutes les expériences valides et reproductibles ont échoué dans la démonstration de sa réalité. (voir Hansel, Alcock, Marks et Kammann, Druckman et Swets pour les meilleures et les plus célèbres d’entre elles).

Les déclarations de la perception extra-sensorielle face à la connaissance scientifique

Chaque aspect de la perception extra-sensorielle peut susciter des questions. L’affirmation de son existence ne tient pas face à tout ce que nous savons de la nature, aussi bien du point de vue physique que de la physiologie humaine. Voyons d’abord le côté physiologique.

Tous les animaux les plus « évolués » possèdent un système sensoriel dont l’organisation fondamentale est identique. Les cellules spécialisées (neurones) qui forment le système nerveux central de l’homme, ou celui d’autres animaux évolués, sont eux-mêmes insensibles aux stimuli sensoriels. Pour chaque type de stimulus important dans l’environnement, les animaux ont développé des organes sensoriels hautement spécialisés. Chaque organe des sens contient des cellules uniques et adaptées appelées parfois « transducteurs ». Chaque stimulus environnemental déclenche une activité cellulaire spécifique. La vision exige une détection directe des particules de lumière (photons). L’ouïe une détection immédiate des molécules d’air sous la forme d’ondes. L’odorat et le goût impliquent une autre détection moléculaire. Les organes sensoriels (yeux, oreilles, nez) sont les « objets » supportant les cellules spécialisées dans la détection des photons, des ondes ou molécules. Ces cellules génèrent des impulsions voyageant à travers le système nerveux, codées et décodées, pour finalement atteindre le cerveau qui interprète ces informations.

Le cerveau lui-même est insensible à l’information sensorielle. Si on pouvait ouvrir un crâne et exposer un cerveau vivant à la lumière, au son, à la chaleur ou à l’odeur, ce cerveau serait totalement incapable de détecter ces stimuli directement avec ses tissus et resterait ignorant de l’environnement dans lequel il serait. Pour des raisons évidentes, les organes sensoriels contenant ces cellules « traducteurs », sont localisés à (ou près de) la surface du corps de tout animal ainsi que de l’homme. Lorsque nous appliquons cette règle universelle, de la nature, de l’entrée de l’information jusqu’au cerveau à la télépathie, nous coupons évidemment court au débat. Même en supposant que le cerveau d’une personne puisse « rayonner » d’un « quelque-chose » lorsqu’elle pense, comment le cerveau d’une autre personne pourrait-il le percevoir ? Il n’existe pas d’organes inutiles dans le corps et contenant des cellules sensibles aux « forces inconnues ». Tout comme il n’existe pas plus de surface inutilisée dans le cerveau,contrairement au mythe populaire des soi-disant 10% du cerveau utilisé, et qui pourrait servir à la réception et l’interprétation de signaux d’un hypothétique organe de perception extra-sensorielle.

Dans la course à l’évolution, plusieurs espèces d’animaux ont développé d’une manière aiguë leurs sens d’une manière ou d’une autre (i.e. comparés aux hommes). Les chiens ont plus développé leur sens de l’odorat que les humains, les faucons et les aigles ont une vue plus perçante, les chauve-souris ont un sens auditif beaucoup plus développé dans la gamme des fréquences perçues, etc… Où est l’animal ayant développé davantage un sens de perception extra-sensorielle que l’homme ? Car la capacité, pour un animal, de détecter la présence d’un prédateur qui n’a été ni vu, ni entendu, ni senti aurait conféré à un tel sens un avantage évolutif tel que non seulement nous devrions en trouver autant que les griffes, la fourrure ou le museau humide, mais en outre qu’un animal pourvu de tels pouvoirs devrait se trouver tout en haut de « l’échelle » évolutive. Malgré tout cela, il n’en est rien, ni en ce qui concerne l’existence commune de la perception extra-sensorielle en tant que sens, ni en tant qu’être vivant « supérieur » la possédant. Mais se peut-il qu’un tel organe n’existe pas, tout simplement parce que aucun stimulus n’existe qui puisse être détecté ?

Certaines personnes argumentent en disant que seuls les êtres humains sont capables de communication extra-sensorielle, ou que seulement certaines personnes possèdent ce don. L’anatomie comparée ne montre aucune preuve corroborant ces dires. Aucune information non plus ne vient confirmer la seconde affirmation. On pourrait rétorquer que la télépathie diffère des autres sens en ceci que le cerveau est lui-même l’organe sensoriel de la télépathie. Dans ce cas, le stimulus détecté nécessiterait de posséder le pouvoir pénétrant des rayons X ou de la radioactivité nucléaire pour pouvoir passer à travers le crâne jusqu’au cerveau ! Ce qui nous amène fort logiquement dans la sphère de la physique ou la perception extra-sensorielle est tout aussi sujet à caution que dans le domaine de la physiologie.

Les physiciens n’ont trouvé, en 400 ans de recherches, que 4 forces fondamentales dans la nature : la gravité, la force électromagnétique et les forces nucléaires forte et faible. Toute interaction entre différents composants de la matière ne peut être comprise et décrite avec précision qu’avec ces 4 forces. Et c’est bien parce que maintenant nous les connaissons parfaitement qu’aucune ne peut être responsable des hypothétiques stimuli de la perception extra-sensorielle. Mais se peut-il qu’il s’agisse d’une nouvelle force inconnue de la science ? Une force suffisante pour être responsable de la perception extra-sensorielle est inexistante pour la même raison que vous pouvez être sûr qu’il n’y a pas d’éléphant dans la pièce avec vous au moment où vous lisez ceci. Elle n’a pas de pièce pour elle. Si une telle force existait, tout serait différent de ce que nous voyons et connaissons parce que cette force affecterait tout en un certain sens. (Prétendre que cette force n’a pas d’effets observables revient à affirmer qu’elle n’existe pas.) Cependant, toute interaction en physique diminue comme l’inverse du carré de la distance séparant deux objets. Toutes les interactions se propagent en outre à une vitesse soit égale soit inférieure à celle de la lumière (300.000km/s). Les partisans de la perception extra-sensorielle disent en effet que celle-ci viole les lois universelles.

Ceci nous conduit vers un point rarement compris par les défenseurs de la perception extra-sensorielle. Nous savons que le rayonnement électromagnétique existe sous la forme d’un large éventail de fréquences et de longueurs d’ondes que nous ne percevons pas parce que nos organes sensoriels ne les détectent pas. Notre connaissance de ces radiations ne vient pas du fait que certains d’entre nous sont nés plus « sensibles » que d’autres et sont capables de les détecter directement. Personne ne peut détecter ces ondes directement, il n’existe pas d’organes sensoriels pour les percevoir. Nous fabriquons néanmoins des émetteurs et des détecteurs pour ondes radio, nous pouvons les fabriquer aussi sensibles et souples que nous le voulons. Si la radiation de la perception extra-sensorielle existait, la question de savoir si les humains peuvent la capter ne serait pas pertinente. Ce rayonnement pourrait être étudié beaucoup mieux que les soi-disant humains le percevant, ceux-ci, contrairement aux machines, pouvant être fatigués et subjectifs. Pourtant les partisans de la perception extra-sensorielle n’ont jamais utilisé de tels instruments. Se peut-il que la raison en soit qu’un tel signal de la pensée n’existe tout simplement pas ailleurs que dans la tête de personnes conditionnées pour croire que quelque chose peut venir d’un tel canal ? C’est une des caractéristiques des pseudo-sciences, et pas seulement de la perception extra-sensorielle, que la physique n’a jamais découverte et étudiée. Ce qui a par contre été étudié sont les déclarations anecdotiques invérifiées de tel médium, de tel autre magnétiseur ou d’un Uri Geller.

Des questions pourtant cruciales méritent d’être posées, auxquelles ne répondent pas les partisans du paranormal, car la perception extra-sensorielle s’oppose aux théories bien établies d’autres champs de la recherche, théories qui, au cours des années, ont résisté à bien des défis : la perception extra-sensorielle est considérée comme un processus de perception visuelle en l’absence de stimulus visuel ou une perception auditive sans stimulus auditif, or les expérimentations ont employé des matériaux ordinairement associés à un système de codage.

La perception extra-sensorielle est-elle une pensée ? Une impression ? Comment le percipient la distingue-t-il des autres afférences sensorielles ? Nous apprenons à communiquer par le langage, et deux personnes qui ne parlent pas la même langue ont de la peine à communiquer, comment les récepteurs de la perception extra-sensorielle apprennent-ils à décoder un message ? L’information transmise doit être encodée et décodée avec grande précision, si l’émetteur se concentre sur un roi de carreau et que le récepteur perçoit l’image d’un seigneur couvert de bijoux, comment reconnaît-il un roi de carreau ? Dans la perception régulière, on doit apprendre la signification de divers ensembles de stimuli, qui eux-mêmes ne sont qu’une représentation arbitraire de l’environnement.

Au lieu de s’occuper et de s’attaquer au véritablephénomène de la perception extra-sensorielle, les croyants dans la perception extra-sensorielle en restent toujours aux vieux trucs, aux vieilles histoires rabachées de tel ou tel médium, ou à jouer à essayer de découvrir des cartes, notamment avec les cartes de Zener, ou des objets cachés, jeu dans lequel même un magicien amateur excelle sans télépathie aucune. Mais tout ceci ne constitue nullement des expériences. Quelle furent les résultats lorsqu’une personne prétendument pourvue de pouvoirs extra-sensoriels fut testée sous protocole scientifique ?

Les preuves expérimentales de la perception extra-sensorielle

Le problème de la recherche en perception extra-sensorielle est que même ses défenseurs admettent qu’il n’y a pas de preuve claire et évidente de son existence. Plutôt, la réalité de la perception extra-sensorielle a été définie « négativement », comme l’absence d’explication alternative à un phénomène statistique et probabiliste qui ne pourrait être expliqué par le hasard ou la chance. Les sujets testés pour la perception extra-sensorielle sont interrogés dans le but de deviner le résultat d’évènements au hasard dans des conditions où ils ne pouvaient avoir aucune connaissance sensorielle de l’évènement actuel. Une collection de données précises, l’élimination de biais expérimentaux, un hasard calculé et adéquat, des contrôles appropriés et des analyses statistiques correctes sont les éléments qui peuvent faire d’une expérience quelque chose de sérieux et de critique. Toutes les expériences majeures sur la perception extra-sensorielle n’ont malheureusement pas respecté ces critères minimes.

  • Les expériences de Rhine : Joseph Banks Rhine, botaniste à l’université de Duke, a conduit des expériences de perception extra-sensorielle dans les années 30. Il fit les fameuses « cartes perception extra-sensorielle » utilisées dans ses expériences. Rhine déclara dans son livre en 1934, « Extra-Sensory Perception », avoir trouvé des preuves accablantes en faveur de la perception extra-sensorielle. Pourtant, d’autres psychologues ont été incapables de reproduire ses résultats, et il est de nos jours généralement admis que ses expériences étaient piètrement conçues et que des fuites d’information furent autorisées entre le testeur et le sujet.
  • Les expériences de vision à distance : dans les années 70, les physiciens Harold Puthoff et Russell Targ menèrent des expériences au SRI montrant que des sujets pouvaient essentiellement « voir » un endroit éloigné sans y être, à travers les yeux d’une autre personne. L’équipe cible visite au hasard divers sites comme un centre commercial ou un aéroport, pendant que l’expérimentateur demande au sujet resté près de lui de décrire ses impressions. Evidemment, le fait de décider si oui ou non les impressions du sujet ont un rapport avec la scène cible implique déjà quelques décisions subjectives. Des erreurs méthodologiques ont bien entendu entaché la recherche, et d’autres expériences furent incapables de reproduire des résultats identiques. Comme le remarqua le National Research Council : « Tout autant sur les modèles scientifiques que parapsychologiques, l’affaire de la vision à distance n’est pas seulement très légère, elle est véritablement inexistante. »(Druckman & Swets, p.184)
  • Recherches sur les générateurs de nombres aléatoires : les générateurs de nombres aléatoires ont été utilisés dans la recherche en perception extra-sensorielle à la fois pour tester la clairvoyance ou la précognition, et plus généralement, pour tester la capacité psychokinétique d’un sujet à influencer la machine à sortir des nombres ne constituant plus une séquence au hasard. Cette dernière capacité serait remarquable surtout face à ce que nous savons des lois de la physique. Plusieurs de ces expériences ont produit des résultats largement au-dessus de ceux attendus par le hasard, d’où la conclusion qu’il existe quelque chose. Du point de vue sceptique, toutes les expériences sont discutables et douteuses à cause du défaut du générateur et de ses sorties de nombres, c’est-à-dire que l’appareil lui-même n’était pas vraiment aléatoire, et ce biais doit être absolument mesuré et pris en compte. Le rapport du National Research Council conclut qu’après 15 ans de recherches, seulement une centaine d’expériences ont respecté les critères scientifiques d’acceptabilité minimaux pour une telle expérience, et que seule une expérience a atteint un résultat intéressant.
  • Les expériences ganzfeld (champ homogène)

: Ces expériences sont ainsi nommées d’après le terme utilisé par les psychologues pour désigner le champ visuel dans son entier. Les sujets testés portaient des moitiés de balles de ping-pong sur les yeux pendant qu’un bruit de fond provenait du casque qu’ils avaient sur leurs oreilles. Dans cet état de dépravation sensorielle, un transmetteur tentait de communiquer psychiquement au sujet une sélection de cibles tirées au hasard . Ensuite ce dernier est questionné dans le but de comparer ses perceptions aux cibles. Les expériences ganzfeld ont probablement été les mieux et les plus prudemment conduites (et vérifiées) de toutes les expériences de perception extra-sensorielle. Comme prévu, la recherche échoua dans son objectif de produire des résultats convaincants de la réalité de la perception extra-sensorielle.

Terminons en rapportant ce qu’en disait fort justement l’éminent psychologue américain Donald Hebb en 1978 :

Les raisons externes de douter de la perception extra-sensorielle tiennent au fait qu’elle signifierait une révolution pour les sciences naturelles et les preuves en sa faveur ne sont pas fortes à ce point. Si, quand un cerveau agit sur un autre, dans la télépathie, la distance à laquelle ils se trouvent importe peu, il y a quelque chose de fondamentalement faux en physique; si le cerveau peut trier et déchiffrer ce message, il y a également quelque chose d’erroné en neurophysiologie. On a commis des erreurs dans ces sciences par le passé et il se peut que l’on en commette encore. Mais leurs succès pratiques le rendent improbable et le problème est : quelles données expérimentales suffisamment solides, sûres et reproductibles avons-nous pour justifier cette conclusion que la physique et la neurophysiologie sont fondamentalement erronées ?

Il n’y en a pas et en réalité il y a de bonnes raison de douter de la solidité et de la valeur des données parapsychologiques. Les preuves existantes sont tellement peu faites pour résister à cet examen que je suis obligé de conclure : le parapsychologue joue le rôle d’un mystagogue, non celui d’un savant, la science est en effet un seul corps de doctrine et on ne peut jouer un petit jeu dans un secteur du champ des connaissances sans se soucier de ce que cela signifie pour les autres secteurs. Si le parapsychologue pense qu’il a des preuves décisives de perception extra-sensorielle, il doit se demander comment le cerveau y arrive et quelles preuves indépendantes on peut trouver de cette influence physique du cerveau sur un autre, pour ne rien dire de la source de ces radiations qui émanent des cartes de Rhine et rendent possible la voyance.

En résumé, l’existence de la perception extra-sensorielle n’a jamais été démontrée, ni dans la vie quotidienne ni en laboratoire. Les revendications de la perception extra-sensorielle s’opposent aux lois de la nature les plus connues et les plus testées. Bien entendu, cela n’empêche pas ses défenseurs d’avoir recours à toute une palette de théories spéculatives issues (ou plutôt maltraitées) de la physique moderne et plus particulièrement de la physique quantique en y associant de grands noms comme ceux d’Einstein, Podolski et Rosen (le célèbre paradoxe EPR), Heisenberg (et l’incertitude), Feynmann, Hawkins, etc….

Pour être logique avec les lois par lesquelles la réalité est ce qu’elle est, la perception extra-sensorielle nécessiterait d’élaborer des organes hautement spécialisés pour la réception et l’émission des rayonnements de perception extra-sensorielle. Ces radiations seraient en outre détectables directement et étudiables ou analysables par des instruments sensibles. De tels instruments n’existent pas tout simplement parce qu’une telle radiation n’existe pas sous quelque forme qui soit. Plus on étudie la perception extra-sensorielle d’une manière rigoureuse en laboratoire, plus les effets se réduisent ou disparaissent, plus on avance dans le temps et la méthode scientifique et plus les objets bougés par le seul pouvoir de la pensée réduisent en masse et en volume, des statues de l’Ile de Ré il y a longtemps le pouvoir « psi » n’influe plus que sur des dés à coudre de nos jours ou un générateur numérique aléatoire. Si la perception extra-sensorielle existe, elle est très faible, et il est alors difficile pour ses partisans de distinguer entre son existence et son inexistence, et un effet si petit et disparaissant aussi vite ne peut avoir strictement aucune conséquence pratique ou utile.

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