Faites entrer l’accusé : Qui était Robert Le Dinh, le gourou appelé « Tang » ?

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Cet énigmatique personnage a été le chef d’un groupe d’enseignement chrétien pendant près de trente ans, jusqu’à ce qu’un couple dénonce ses pratiques sectaires et des agressions sexuelles et des viols répétés. Robert Le Dinh, aussi surnommé « Tang », était-il le gourou manipulateur que certains adeptes ont renié. Des réponses dans l’émission « Faites entrer l’accusé », ce soir sur France 2.

Né d’une mère française catholique et d’un père vietnamien bouddhiste, Robert Le Dinh dit avoir eu une révélation mystique  en 1982, à l’origine de la création d’un groupe d’enseignement chrétien, réunissant une vingtaine de fidèles. Pendant près de trente ans, dans le Lot-et-Garonne puis dans l’Ariège, il aurait dispensé son savoir au quotidien à quelques familles, moyennant de larges compensations financières.

Un couple brise la loi du silence
En 2007, un couple de fonctionnaires fidèle au maître « Tang » depuis 22 ans, se retourne contre lui pour dénoncer ses pratiques sectaires. Emprise mentale, agressions sexuelles et viols : l’homme aurait pénétré tous les interstices de la vie de ses fidèles, jusqu’à décider de la carrière de certains et du nombre et des prénoms des enfants à naître. Six autres personnes ont rejoint les plaignants pour se constituer partie civile contre leur ex gourou, dont deux jeunes femmes affirmant avoir subi des attouchements alors qu’elles étaient mineures.

Condamné à dix ans de prison en 2012
Un procès s’est ouvert en 2010 à Foix (Ariège) et s’est conclu par une condamnation à quinze ans de réclusion pour Robert Le Dinh. L’emprise mentale exercée par celui-ci sur ses adeptes, ainsi que les agressions sexuelles sur mineurs avaient alors été reconnus. Deux ans plus tard, le coupable ayant fait appel, le verdict a été réduit à dix ans, à la grande déception des parties civiles. Seules les agressions sexuelles sur mineurs ont été prises en compte, laissant de côté la manipulation affective, le chantage et les viols et mauvais traitements dénoncés par certains adultes. De fait, un voile d’ombre est toujours resté sur les rapports existants entre les adeptes du groupe religieux et leur maître. Le cercle de Tang ou du « Saint Elu» comme il aimait se faire appeler, a été cité en 1995 dans un rapport parlementaire sur les sectes, et dans le rapport 2010 de la Miviludes (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires).

Le nouvel épisode de Faites entrer l’accusé programmé ce dimanche sur France 2 à 22h35, revient sur l’enquête difficile qui a précédé le procès. La mainmise du gourou sur ses adeptes aurait été si forte que peu d’entre eux ont osé témoigner contre lui. Un manque de preuves qui s’est fait ressentir dans les deux procès de maître « Tang ».

Source : terrafemina.com