France, Une secte d’avilissements sexuels réapparait

 

Mandarom : le géant abattu survit près de Castellane
DROn avait pu penser que le Mandarom avait disparu, dans le grand fracas d’une statue gigantesque de son fondateur, abattue en 2001 à la suite d’une décision de la justice française.
Le Mandarom, c’est un site mystique, construit au fil des ans sur les pentes d’une montagne qui domine la ville de Castellane (Alpes-de-Haute-Provence) et le lac de Castillon, sur la rivière du Verdon. Gilbert Bourdin, fondateur d’une nouvelle religion, l’aumisme, s’était installé sur ces hauteurs à la fin des années 1960 et y avait fait ériger une sorte de parc d’attractions spirituelles, constitué de temples et de statues monumentales.
Antillais de stature imposante, ancien professeur de yoga, Gilbert Bourdin se targuait d’une connaissance approfondie des dogmes et des mythes et prônait la «religion universelle de l’unité des visages de Dieu». Sans prosélytisme excessif, la vie dans son monastère ou «ashram» était relativement discrète, à l’opposé de cette prolifération de constructions bariolées, pour lesquelles le maître ne dédaignait pas de mettre la main à l’ouvrage.
A son apogée, le mouvement accueillait de nombreux visiteurs et vivait gentiment sur le bénéfice des entrées, de la vente des produits et des dons. La région de Castellane, qui profitait des retombées économiques, s’était habituée à ce voisinage d’hurluberlus inoffensifs. Le monastère vivait dans une ambiance «new age», fait de végétalisme, de pratique des arts martiaux et du yoga, et de naturopathie. Les moines et moniales, résidents permanents, s’imposaient une obligation de chasteté, qui n’était pas exigée des prêtres, des chevaliers ni des simples adeptes. Et pas trop non plus par le «Seigneur Hamsah Manarah, fondateur du monastère Mandarom Shambhasalem», alias Gilbert Bourdin.
Ce qui a fait remarquer l’«Association des chevaliers du Lotus d’or», devenue par la suite «Association du Vajra triomphant», c’est l’accumulation des procédures dans laquelle elle s’est engagée. A la suite d’une interminable suite de procès, il s’est agi d’abord d’estimer l’atteinte portée au paysage du Verdon. Comme les temples et surtout les statues monumentales ne semblaient pas toujours avoir été édifiés selon les règles, il a fallu en arriver au dynamitage de la plus imposante, celle du «Messie cosmoplanétaire» lui-même, qui a été opéré en septembre 2001.
Gibert Bourdin n’était plus là pour assister à ce désastre : il est mort en mars 1998, à l’âge de 75 ans. Décès qui a mis un terme à la procédure la plus compromettante : les accusations de viols et d’agressions sexuelles portées contre lui par deux anciennes adeptes, et qui lui avaient valu plusieurs jours de garde à vue en 1995.
D’abord classé officiellement comme un mouvement sectaire, le Mandarom, comme on l’appelle généralement, n’est plus considéré comme dangereux par la Milivudes (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires).
Plusieurs centaines d’adeptes
Au plus fort de sa popularité, jusqu’au décès de son fondateur, la religion «aumiste» a compté environ 400 à 500 adeptes en France, dont 30 à 50 moines et moniales vivant à Castellane (où ils ne seraient plus qu’entre 10 et 15). On comptait également des communautés au Canada (environ 100 personnes), aux Etats-Unis, au Congo et dans plusieurs pays européens. Des contacts sont toujours fournis sur le site du mouvement : en Ile-de-France (5) et Bourgogne, ainsi qu’en Italie, au Canada, au Congo et en Colombie (2).
Les ressources économiques du mouvement sont toujours basées sur les visites (5 euros par personne), les conférences (la prochaine est prévue à Paris le 23 février; participation de 7 euros). Et surtout la vente des livres de son fondateur, de parfums, de médailles et de musiques, parfois proposées en téléchargement. Si certaines ont des vertus apaisantes, on peut sans doute recommander «Om est le chant de l’amour» aux supporters de l’Olympique de Marseille qui va bientôt affronter le Paris SG.
La prospérité du Mandarom risque de faire un sérieux bond en avant si l’Etat français doit lui rembourser 3,6 millions d’euros, comme il vient d’être condamné à le faire. Il sera peut-être alors à nouveau question de construire le temple pyramidal de 30 m de haut, dont le projet est sujet de débat depuis vingt ans. Et d’attendre la venue du deuxième Hiérokarantine, Messie cosmoplanétaire de synthèse.
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COMMENTAIRE :
J’habitais encore dans cette région quand le fondateur de cette secte fut traduit en justice pour ses actes sexuels. Aujourd’hui, Satan, le tordu cosmoplanétaire, chef de cette secte, oeuvre encore et est déterminé à assouvir sa revanche.