Grenoble : après 25 ans de prison, il devient magnétiseur

Ses mains brassent l’air du salon de son petit appartement. Sous le regard d’un Padre Pio miséricordieux accroché au mur et d’une dizaine de Bouddha noyés d’encens, ses doigts cerclés d’or et de jade accompagnent les mots de François Mendez qui résume sa vie. Une existence faite de délinquance, de pas mal de sang et de beaucoup de prison. « 25 ans pleins », précise l’homme de 50 ans. « Et autant de psychanalyse », avait-il pris l’habitude de dire, les paluches posées sur les barres de salles d’audience.

Acquitté d’un double assassinat, condamné pour braquages et tentative d’assassinat, victime de plusieurs tentatives d’homicide, François Mendez, même s’il refuse le terme de “truand”, lui préférant le qualificatif de « marginal idéaliste » (sic), a vu passer sous ses yeux et dans ses pognes trois décennies de banditisme grenoblois. Avant, affirme celui qui se considère comme « un rescapé », de ranger définitivement le 11.43 qu’il portait toujours à la ceinture. Et de décider, à l’aube de la cinquantaine et rattrapé par un don teinté d’ésotérisme, de devenir magnétiseur…

Tatouages et cicatrices comme stigmates d’une époque « démoniaque »

Le gamin qu’il était et qu’il qualifie de « chétif, poltron, complexé et timide » a grandi dans le quartier de l’Abbaye à Grenoble. Entre « les coups de [son] père et les « moqueries de [ses] camarades ». « En réaction, je suis devenu ultra-violent. Je me battais contre tout ce qui représentait l’autorité », explique le quinquagénaire après trente piges de réflexion dont une grande partie dans le frais d’une cellule. « J’avais une serpette et j’aimais le sang », ajoute-t-il. « Mes ennemis, c’était la justice et la police contre lesquels j’avais une haine féroce ». « Et puis on est monté au braquo… » “On”, c’est François Mendez, Pierre Aru, Michel Marrone « et d’autres qui ont, depuis, choisi une autre vie ». Des trois premiers, Mendez est le seul à avoir vu le XXIe siècle, ses deux amis étant prématurément tombés sous les balles Deux décennies durant, quand il n’est pas en prison, François Mendez se traîne une réputation de bandit dangereux et violent mais également d’homme d’honneur qui préfère alors « mourir comme un homme que vivre comme un enculé ».(…)

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