“Hôpital du plaisir” : Le rôle trouble des raëliens dans la lutte contre l’excision

20/03/2014 | 12h20
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Au Canada, des membres du Mouvement raëlien manifestent pour soutenir l' »hôpital du plaisir”

L’“hôpital du plaisir” au Burkina Faso est dédié à la réparation clitoridienne. Mais cet établissement, le premier dans son genre, est financé par le mouvement raëlien, ce qui provoque de nombreuses oppositions, en particulier de la puissante Eglise catholique.

Je suis content, dit le mari de Bebe, une jeune femme de 24 ans qui fait  le voyage, je n’aimais pas qu’elle pleure à chaque fois que j’essayais de la toucher.” Sa femme, comme beaucoup d’autres Africaines qui voyagent à quarante dans des bus bringuebalants prévus pour vingt, a fait le déplacement jusqu’à Bobo-Dioulasso, deuxième ville du Burkina Faso, pour se faire “réparer”. Comprenez “réparer” le clitoris car, comme 130 millions de femmes en Afrique, elle a subi une excision. Faire l’amour, faute de lui procurer aucun plaisir, est source de ce que ces femmes décrivent comme une “douleur insupportable”.

Les femmes comme Bebe se rendent à l’hôpital Kamkaso à Bobo, rebaptisé “l’hôpital du plaisir”,  qui est le premier établissement médical dédié à la reconstruction clitoridienne, son ouverture officielle était prévue pour le 7 mars avant que de multiples oppositions ne remettent en cause cette inauguration.

L’agitation autour de l’excision a commencé il y a dix ans, quand des agents de santé ont mis en évidence son rôle dans la mortalité féminine, notamment en couches, et à rappeler qu’elle s’inspirait de la “sorcellerie” traditionnelle.

Une journaliste de CNN raconte l’exploit que représente l’implantation de l’hôpital dans un pays connu pour être un des plus pauvres du monde. Elle rencontre Adjara, une jeune femme qui lui montre les lourdes poteries d’argile qui servent de dot au Burkina :

“Ils font partie de la panoplie du mariage… si vous n’avez pas été ‘coupée’, vous n’y avez pas droit et vous ne pouvez pas vous marier (…). Moi, j’ai été ‘coupée’ à l’âge de 5 ans (…) on est peut-être pauvres, mais sexuellement les choses sont en train de changer”

La journaliste évoque surtout sa rencontre avec Banemanie Traore,  importante médecin africaine, elle-même excisée et “réparée”, qui débarque pour lui parler d’un air un peu messianique. Elle porte au cou une svatiska entourée d’une étoile de David, qui est l’emblème du mouvement raëlien.

Derrière Clitoraid, les raëliens(…)

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