Immolation : un adepte de Krishna condamné

29/11/2013 05:37
Le château d'Oublaise, dans l'Indre, lieu du drame de 2010. - Le château d'Oublaise, dans l'Indre, lieu du drame de 2010. - (Photo archives NR : Patrick Gaïda)

Le château d’Oublaise, dans l’Indre, lieu du drame de 2010. – (Photo archives NR : Patrick Gaïda)

Un Tourangeau, adepte de Krishna, a comparu devant le tribunal de Châteauroux. Il était accusé de “ provocation au suicide suivi d’effet ” après l’immolation mortelle d’une sexagénaire en 2010.

Le 23 juillet 2010, le corps calciné de Concepcion Gomez, 63 ans, est retrouvé dans le domaine du château d’Oublaise, à Luçay-le-Mâle (Indre), à proximité d’un lieu de prière. C’est ce drame qui a mené Olivier, mercredi, devant le tribunal de grande instance de Châteauroux. Ce Tourangeau de 38 ans a comparu pour « non-assistance à personne en danger » et « provocation au suicide suivi d’effet »« Je n’ai pas l’impression de l’avoir poussé au suicide », a-t-il clamé à la barre.

Et pourtant : deux mois avant l’immolation par le feu de Concepcion, lui et la victime, membres de l’Association internationale pour la conscience de Krishna, ont une conversation. La sexagénaire souffre de la maladie de Parkinson et envisage de mettre fin à ses jours. « Je lui ai dit les conséquences d’une pendaison ou d’une défenestration sur l’âme, raconte Olivier. C’est le pire. »« Pourquoi ne pas avoir tenté de la dissuader ? », demande le tribunal. « J’ai senti qu’elle était décidée et, en même temps, j’avais l’impression d’une forme de chantage. »

 Dans l’enceinte du château d’Oublaise, qui accueille une centaine de dévots de Krishna, Olivier soumet alors une méthode à Concepcion qui, pour lui, ne s’apparente pas à « un suicide » « Rentrer dans un feu permet de libérer son âme, notamment pour les femmes veuves. » Silence. « Je ne pensais pas qu’elle le ferait, je voulais la faire réagir », dira Olivier aux enquêteurs avant de répéter, à la barre : « Pour moi, il était impossible qu’elle fasse un geste pareil. »

Des conseils pratiques

Selon les enquêteurs, Olivier va néanmoins donner à son amie « des conseils pratiques pour la constitution d’un bûcher »« Utiliser des bûches de bois de plus de 30 kg et du beurre clarifié (NDLR : très inflammable, il est utilisé lors de certains rituels hindous.) », détaille le président du tribunal, Rémi Figerou. Le procureur de la République, Karim Mohamed, requiert contre le prévenu sept mois de prison avec sursis. « Il lui a donné les moyens de se tuer », tonne-t-il. Ce qu’elle a fait « est quelque chose d’horrible », finira par convenir le prévenu. Olivier a été condamné à douze mois de prison avec sursis et 250 € d’amende.

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Repères(…)

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