Inde : le gourou Asaram Bapu accusé de viol

Mercredi 6 novembre 2013, les autorités ont rendu un dossier d’instruction de 1.011 pages concernant le gourou hindouiste Asaram Bapu et quatre de ses coreligionnaires. A l’issue de 77 jours d’enquête, les policiers ont produit 121 documents, dont 58 témoignages qui mettent en cause le religieux de 72 ans pour : viol sur mineur, agressions sexuelles, attentat à la pudeur, trafic humain et esclavage. Il risque entre 10 ans de prison et une peine à perpétuité.

La victime de ces crimes, Manish Vyas, a 16 ans. Elle avait régulièrement des vertiges et s’était rendue au temple près de chez elle où on lui avait dit qu’elle était l’hôte d’esprits maléfiques, ce qui l’avait décidée à se rendre à Jodhpur, où le gourou l’a séquestrée et violée. Il l’aurait ensuite menacée si elle dévoilait quoi que ce soit à quiconque.

Cette affaire en a fait ressurgir d’autres. Les cadavres de deux jeunes hommes découverts près du temple qui auraient vraisemblablement été victimes d’un rituel de magie noire notamment. Des témoins ont expliqué que les quatre co-accusés du gourou étaient des rabatteurs qui oeuvraient pour lui ramener de jeunes gens.

Pour le gourou, emprisonné depuis début septembre, toutes ces accusations sont un coup monté. Il inquiétait effectivement l’élite indienne de par sa popularité grandissante et ses discours puritains et ultra-conservateurs, notamment concernant le viol et l’assassinat d’une jeune indienne de 23 ans dans un bus à New Delhi en décembre 2012. A ce moment là, le religieux avait déclaré : « Cette tragédie ne se serait pas produite si elle (la victime) avait chanté le nom de Dieu en tombant aux pieds de ses assaillants. L’erreur n’a pas juste été commise par un camp ».

Jeudi 7 novembre, des indiens en colère ont démoli le temple du fils d’ Asaram Bapu, Narayan Sai, à Kumbharpada, près de Virar dans la métropole de Bombay. Ce dernier avait été accusé par un fidèle d’avoir agressé sexuellement une jeune femme.

Sources : Time of India, DNA India, Le Monde.
Photo AFP/STRDEL.