Krishna : des tensions au domaine d’Oublaise

07/02/2014 05:46
Aujourd'hui, seuls une dizaine de dévots habitent le château d'Oublaise, à Luçay-le-Mâle. - Aujourd'hui, seuls une dizaine de dévots habitent le château d'Oublaise, à Luçay-le-Mâle. - (Photo archives NR)

Aujourd’hui, seuls une dizaine de dévots habitent le château d’Oublaise, à Luçay-le-Mâle. – (Photo archives NR)

Luçay-le-Mâle. Un ancien membre de cette communauté religieuse a porté plainte pour harcèlement moral. Le dirigeant du temple réfute les accusations.

 Les adeptes de la Conscience de Krishna, à Luçay-le-Mâle, vivent une période agitée. Un dévot qui a quitté le domaine d’Oublaise, en décembre, a porté plainte pour « harcèlement moral », à Vihiers, dans le Maine-et-Loire, où il s’est retranché avec son épouse. « Les dirigeants ne suivent pas les principes recommandés par le fondateur,dénonce Hubert Goudet, 72 ans. Sous couvert de la religion, on demande une abnégation qui fait beaucoup souffrir. […] J’ai encore une grande confiance dans les préceptes de la Conscience de Krishna.Je fais cette démarche pour les générations futures. » Le couple pratique toujours à domicile.

«  C’est une trahison  »

Membre de l’Association internationale pour la Conscience de Krishna (AICK) depuis 1978, il dit avoir « ouvert les yeux » en novembre, lors du procès d’un adepte pour« provocation au suicide suivi d’effet », après l’immolation mortelle d’une sexagénaire, en 2010, au domaine d’Oublaise (NR du 29 novembre 2013). Pour lui, ce drame est tout sauf un hasard : « On lui en demandait trop, elle était fragilisée psychologiquement ».En 1987, Hubert Goudet avait déjà quitté le château d’Oublaise en mauvais termes, puis tenté, en vain, un premier retour, en 2003. A l’époque, il s’insurgeait déjà. « Trois principes essentiels ont pris le pas sur la foi : l’argent, le sexe, le pouvoir. » 
Pourquoi, dès lors, sont-ils revenus, avec son épouse, en août 2013 ? « Le temple nous attire, l’autel, les chants », répond Monique Goudet. « Nous pensions que ça avait changé », ajoute son mari. Mais leur constat est sans concession : « On demande toujours plus de services sans considérer la fatigue, l’âge et les aptitudes physiques des gens. »
« Ménage, cuisine, service, entretien des espaces verts, énumère Hubert Goudet. On a l’impression d’être exploités, c’est inhumain. » Il dénonce aussi « l’enrichissement » de certains membres. Parce qu’il s’en est ému, il aurait été exclu.
Des accusations que nie Joël Loison, chef de la communauté de Luçay-le-Mâle.« Quand les gendarmes sont venus (en 2010), il n’ont pas relevé de harcèlement moral. » Il met en cause l’équilibre psychologique du plaignant et assure qu’« à chaque fois qu’il est revenu, ça s’est mal passé avec les dévots ». 
« Nous avons un conseil d’administration, on fonctionne comme une association,explique Joël Loison. Aucune décision n’est prise de manière unilatérale. » Selon lui, Hubert Goudet « n’est pas d’accord avec l’organisation du mouvement, il remet tout en question. […] On l’a accueilli comme un frère et son but est de nous détruire, ça fait mal, c’est un peu une trahison ».
Aujourd’hui, ils sont une dizaine de fidèles habitant le château d’Oublaise. « Mais la congrégation représente une centaine de personnes des environs, assure Joël Loison.Nous sommes comme n’importe quelle religion, avec nos pratiques cultuelles. » Et s’il admet qu’il existe « plusieurs courants » au sein de l’AICK, il précise : « On n’en arrive pas à tels conflits ».(…)

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