La fin du monde fait les bonnes affaires de Bugarach

Par Angélique NégroniMis à jour le 21/12/2012 à 14:23 | publié le 21/12/2012 à 14:17 
Des personnes profitent de la présence de la presse à Bugarach pour faire de la publicité.
Des personnes profitent de la présence de la presse à Bugarach pour faire de la publicité. Crédits photo : Jean-Christophe MARMARA/JC MARMARA/LE FIGARO

Cette minuscule commune rurale de l’Aude, rendue exceptionnelle par la fin du monde annoncée pour le solstice d’hiver 2012, est surtout devenue une vaste foire où survivalistes et journalistes se sont données rendez-vous.

Envoyée spécial à Bugarach

La prédiction aura été vraie pour moitié, Bugarach est toujours bien là. Pour le reste, la prophétie de fin du monde a encore échoué pour la 184e fois. Ce petit village de l’Aude qui, soi disant aurait dû être le seul lieu épargné par l’Apocalypse annoncée, s’est réveillé, ce 21 décembre, avec des rues un peu plus encombrées. Date-clé oblige, les badauds sont un peu plus nombreux.

Surtout, cette minuscule commune rurale, unique et censée donc être exceptionnelle, a vite été rattrapée par notre civilisation de communication et de business. Bugarach est devenue une vaste foire, chacun saisissant l’aubaine de voir tant de médias et un peu plus de visiteurs dans les rues.

Ainsi, les uns proposent des produits locaux, des tee-shirt et du vin spécial «fin du monde». D’autres se sont improvisés vendeurs de viennoiseries. D’autres encore font la promotion de leur société. Ainsi, sur une grande affiche placardée à l’entrée de la commune , l’un d’eux fait part d’un site de rencontre extra-conjugales pour femmes. Une autre, en vison et sac Vuitton à la main, au milieu des gros pulls et des bottes en plastique, vient aussi parler de sa «boite en événementiel» installée en Suisse et de ses certificats en série limitée intitulés pour l’occasion «je suis une légende». Coût du document: 215 euros pièce. «Je voulais faire venir des clients en jet privé à Bugarach, mais le préfet ne m’a jamais répondu», dit-elle.

À côté, il y a aussi les paysans qui viennent faire part de leurs soucis . «Le vrai problème, c’est surtout la disparition de notre monde. Nos fermes disparaissent une à une, et notre l’agriculture se meurt», indique l’un d’eux. Même le collectif Notre-Dame-des-Landes opposé au projet d’aéroport sur Nantes est là, brandissant panneaux et slogans.

Source : http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2012/12/21/01016-20121221ARTFIG00421-la-fin-du-monde-fait-les-bonnes-affaires-de-bugarach.php