La secte du Mandarom pourrait connaître un nouveau départ

Publié le lundi 18 février 2013 à 07h02 

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« Après tant d’années, le Mandarom fait partie du paysage. C’est Bourdin qui faisait débat » , estiment Odile et Alain, les plus proches voisins.

Plus de 3,6 millions d’euros ! C’est le pactole que l’État français va devoir verser au Mandarom(1). Ainsi en a décidé la Cour européenne des droits de l’homme. «Des droits de l’Aum», s’amusent certains en référence à l’Aumisme, synthèse de toutes les religions existantes fondée à la fin des années 1960 par Gilbert Bourdin.

Mais à Castellane, commune des Alpes-de-Haute-Provence où est construit le Mandarom, cette décision ne fait rire personne. «Ça fait mal à tout le monde, mais personne ne dit rien», lâche Simon. «On ne comprend pas pourquoi il va falloir verser quatre millions d’euros à ces illuminés», renchérit Léon, son compagnon de belote au Bar du tourisme.

Sujet tabou

On n’obtiendra pas plus de commentaires. Le sujet est pour ainsi dire tabou. «Pendant trop longtemps, Castellane a été associé au Mandarom. Il y a une forme de lassitude, déclare une secrétaire à l’accueil de l’hôtel de ville. Avant d’ajouter :Le maire ne souhaite pas commenter une décision de justice.»

Même mutisme à l’entrée du Mandarom, à La Baume, hameau situé sur les hauteurs du lac de Castillon, à moins d’une dizaine de kilomètres de Castellane. En ce mercredi neigeux, le monastère ne reçoit aucun visiteur. Aux journalistes qui pointent le bout de leur nez, une moniale en tenue marron et safran est chargée de remettre un communiqué de presse. Pas un mot de plus. On est bien loin de l’époque où Gilbert Bourdin vivait là à l’année avec une centaine d’adeptes. À 82 ans, Frédéric, un des plus proches voisins du Mandarom, se souvient. «Des trucs bizarres, on en a vu et revu. Y aurait de quoi écrire un roman», lâche-t-il tout sourire.

« On est davantage dérangé par l’armée »

Et de raconter, d’un air goguenard, «le vacarme des nuits où Gilbert Bourdin partait en guerre contre les Atlantes et les Lémuriens». Il n’en dira pas plus… «À La Baume, personne ne les critique vraiment. Après tant d’années, le Mandarom fait partie du paysage. C’est Bourdin qui faisait débat», déclarent Odile et Alain, les plus proches voisins.

Arrivés là en juillet dernier, ils n’ont pas à se plaindre du Mandarom, qu’Odile a d’ailleurs été visiter. «Je voulais savoir ce qu’il y a derrière chez moi.» Le couple fait état de bonnes relations de voisinage. «Il y a beaucoup de gens, surtout l’été, qui viennent visiter ou faire des retraites. Pas d’enfants. En fait, on est plus dérangé par les avions Mirage de l’armée.»

1. Les bénéficiaires sont en fait l’association cultuelle du Temple pyramide et l’association des Chevaliers du lotus d’or, qui dépendent toutes deux de la secte du Mandarom.


La victoire modeste

Fort de la décision de justice de la Coureuropéenne des droits de l’homme, quia estimé que l’État français n’avait pas respecté la liberté de religion des adeptes du Mandarom, on aurait pu penser que les responsablesde ce dernier en profiteraient pour s’exprimer devant la presse. Il n’en est rien. Que ce soit Christine Amaury, « l’héritière » de Gilbert Bourdin, ou Thérèse Seguin, « disciple de Sa Sainteté le Seigneur Hamsah Manarah »et conférencière, aucune n’a souhaitérépondre à nos questions, nous renvoyantsystématiquement au communiqué de presse mis en ligne. Selon ce dernier, « la décisionde la CEDH est un soulagement, celui de voir enfin reconnue au niveau européen […]une partie des atteintes à la liberté de conscience et de religion dont l’Aumisme a été la cibledepuis de nombreuses années. Cette décision est aussi l’occasion de rappeler à tousque l’Aumisme est une religion qui […]n’a jamais été condamnée pour dérivessectaires ou pour atteinte à l’ordre public. »

Source : http://www.nicematin.com/cote-dazur/la-secte-du-mandarom-pourrait-connaitre-un-nouveau-depart.1149629.html