L’ADFI au procès de la secte de Lisieux

 

 

novembre 22, 2012

 

Depuis 20 ans, Marie-Jeanne Deschamps préside l’association ADFI (association de défense de familles et de l’individu victimes de secte). L’association sera présente le 26 et 27 novembre.

Marie-Jeanne Deschamps attend beaucoup de ce procès.

Qu’attendez-vous du procès de l’affaire de Lisieux ?

Nous attendons beaucoup. Nous espérons réparation pour les victimes ainsi qu’une prise de conscience de la société sur le délit d’emprise mentale. Tout le monde peut être victime de ces mouvements sectaires ou dérivants. Dans l’esprit des gens, ceux qui entrent dans ces mouvements sont des gens fragiles. C’est faux. Il s’agit de personnes qui, à un moment donné, sont dans une fragilité ponctuelle qui sera exploitée. Ce procès arrive après cinq ans, c’est une très longue attente pour les victimes. Elles vont vivre un moment très difficile. Le jugement est nécessaire pour qu’elles puissent essayer de faire leur résilience. Nous serons avec eux durant et après cette épreuve.

Comment se définit un mouvement sectaire ?

Il y a plusieurs critères: destruction de la personne, de la famille, de l’individu, escroquerie financière, atteinte à la liberté de la personne et aux Droits de l’Homme. Une personne qui a vécu un moment douloureux se sent mal, a des interrogations sur sa vie, sur son environnement. Elle peut se laisser tenter facilement par des propositions nouvelles et rentrer dans un de ces mouvements. Cela ne se fait pas du jour au lendemain. L’endoctrinement et l’emprise se font progressivement. C’est comme l’image d’une mouche prisonnière dans une toile d’araignée.

Quel est l’objectif de votre association ?

Notre principale mission est de lutter pour la Liberté et les Droits de l’Homme. Nous sommes cinq membres bénévoles et travaillons avec des psychologues, des avocats et des membres des Ministères de l’Etat. Nous accueillons, écoutons des personnes victimes des dérives sectaires mais aussi des personnes de l’entourage familial et amical de ces victimes. L’association explique à l’entourage qu’il faut rester en contact avec la victime qui ne trouvera son libre arbitre que grâce à son environnement amical et affectif. Il ne faut jamais critiquer le mouvement dans lequel elle est. Cela ne ferait que renforcer son engagement dans le groupe et provoquerait une coupure avec son environnement habituel.

Article paru dans Liberté, le Bonhomme libre, jeudi 22 novembre 2012.

Source : http://nastasiak.wordpress.com/tag/secte-lisieux/