Le procès en appel du gourou s’ouvre lundi à Bordeaux

Publié le 18/04/2013 à 08:13 | 3

reclus de monflanquin

Le château des reclus à Martel, près de Monflanquin. /Photo, archives, Jean-Louis Amella.

Le château des reclus à Martel, près de Monflanquin. /Photo, archives, Jean-Louis Amella.

Cela ne fait que commencer !» Voilà comment Thierry Tilly avait accueilli, en novembre dernier, le verdict de la cour d’assises de Bordeaux qui venait de le condamner à 8 ans de prison pour «emprise» sur les 11 membres d’une même famille, les Védrine. C’est ainsi, par cette promesse d’une suite judiciaire, que s’était clos le premier volet de l’affaire des reclus de Monflanquin.

Redistribuer les responsabilités

Entre 1999 et 2009, la famille Védrine a en effet vécu coupée du monde, d’abord à l’abri derrière les portes de sa demeure de l’arrière-pays villeneuvois, puis cloîtrée en Angleterre. Au cœur de l’affaire, un homme, Thierry Tilly, présenté comme une sorte de gourou exerçant une emprise telle qu’il dictait leur conduite à 11 membres de la famille, jusqu’à leur faire vendre tous leurs biens, pour un préjudice estimé à 4,5 millions d’euros.

Avec une condamnation «modérée» à huit ans de prison, contre les dix requis par l’avocat général, les parties civiles espéraient éviter un nouveau procès. C’était sans compter sur la pugnacité de Thierry Tilly : «On reste dans le même état d’esprit qu’au moment du verdict», confiait hier Me Alexandre Novion, l’avocat de Tilly. «C’est pour nous une question de principe, de lutte pour la liberté. Non seulement celle de mon client mais aussi pour éviter que ce verdict ne fasse jurisprudence et permettre de condamner à l’avenir un homme comme pouvant assujettir à lui seul 11 personnes».

Me Novion entend redistribuer les responsabilités au sein de cette affaire, pointant déjà du doigt l’autre co-accusé, Jacques Gonzalez, qu’il désigne comme étant celui qui aurait le plus profité du magot des Védrine. «La perte du patrimoine n’a pu se faire qu’avec le concours de membres de la fratrie. Il y a évidemment une coparticipation intrafamiliale, avec au-dessus de tout cela, Gonzalez comme grand manipulateur».

Conscient que la personnalité de son client, qui avait fait le «show» lors du premier procès, lui avait sans doute nui, Me Novion espère qu’il «gardera plus de mesure» : «Mais je ne veux pas non plus le masquer».

Pour Me Daniel Picotin, avocat, Christrine Védrine, son mari, et leurs trois enfants, parties civiles, l’enjeu, «c’est de maintenir la peine prononcée en première instance» : «La justice et l’opinion publique avaient parfaitement compris le délit d’emprise mentale et de sujétion psychologique. J’espère qu’il en sera de même la semaine prochaine».

Le procès doit s’ouvrir ce lundi 22 au palais de justice de Bordeaux. Le verdict est attendu vendredi prochain 26 avril.

Jérôme Schrepf