Les Béatitudes s’apprêtent à changer de statuts


De nouveaux statuts, distinguant trois branches au sein de la communauté des Béatitudes, sont en cours de validation.

Cette communauté va devenir une association publique de fidèles de droit diocésain.

Philippe Madre, diacre et ancien modérateur général des Béatitudes, a été renvoyé de l’état clérical.

Où en est le renouvellement des statuts ?

Lancé en 2007, le processus de reconfiguration de la communauté des Béatitudes se poursuit, en vue de la faire passer de l’état d’association de droit privé à celui d’association publique de fidèles. Approuvés par le Saint-Siège en avril, ces nouveaux statuts entérinent la distinction de la communauté en trois branches : les hommes consacrés, dont les prêtres, les femmes consacrées et les laïcs (célibataires ou mariés). 

Les statuts viennent d’être envoyés à tous les membres de la communauté. Ceux-ci ont jusqu’à la Pentecôte, le 12 juin, pour renvoyer leur lettre d’adhésion personnelle. « Les réponses déjà reçues sont très positives », se réjouit le dominicain Henry Donneaud, commissaire pontifical des Béatitudes, nommé par Rome.

Que deviendront les Béatitudes ?

Fin juin, et pour autant que la majorité des plus de 800 membres à travers le monde aura accepté les nouveaux statuts, l’ancienne communauté sera dissoute et une nouvelle communauté du même nom sera érigée par Mgr Robert Le Gall, archevêque de Toulouse, en charge du dossier. 

Les Béatitudes deviendront ainsi l’une des premières grandes communautés à adopter la nouvelle forme de vie consacrée, selon l’appellation de « famille ecclésiale de vie consacrée » élaborée sous le pontificat de Jean-Paul II.

Pourquoi Philippe Madre est-il renvoyé de l’état clérical ?

Médecin, père de deux enfants et beau-frère d’Ephraïm, fondateur des Béatitudes, Philippe Madre était membre de la communauté depuis ses débuts en 1975. Il en avait été le modérateur général pendant six années (1985-1992). Ordonné diacre permanent pour le diocèse d’Albi, il a été accusé dès 2003 d’« abus sexuel par personne ayant autorité », dans le cadre de ses accompagnements spirituels. 

Après un jugement en première instance rendu le 20 mai 2010 par l’officialité interdiocésaine de Toulouse, Philippe Madre a fait appel, se défendant de cette accusation provenant, selon lui, de l’ancien modérateur général.

En seconde instance toutefois, l’officialité de Rodez a confirmé en janvier 2011 la première sentence. L’avocat de Philippe Madre a alors eu recours à la Signature apostolique, la plus haute instance de jugement ecclésiastique au Saint-Siège, pour vice de forme. Mais ce recours n’a pas été pris en compte. Philippe Madre en conséquence est bien « déclaré coupable de faits délictueux qui lui ont été reprochés, conformément au code de droit canonique ».

Selon un communiqué récemment publié dans Foi et Vie, le mensuel du diocèse de Toulouse, « cette sentence définitive est celle du renvoi de l’état clérical ». Il n’a plus désormais « aucune mission canonique ni diaconale », précise Mgr Le Gall. Officiellement exclus des Béatitudes en 2010, Philippe Madre et son épouse s’étaient éloignés de la communauté depuis plusieurs années déjà et s’étaient installés en Vendée.

Claire Lesegretain – La Croix du 30 mai 2011