Les disciples de Raël, les yeux braqués vers le (7e) ciel

Célèbre pour avoir annoncé le soi-disant premier clone humain, le mouvement raëlien est régulièrement mis en cause pour son apologie d’une sexualité ambiguë, envers les mineurs notamment. Extrait exclusif de notre nouveau hors-série consacré aux sectes.

© SIPA

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« À l’âge de 27 ans, Claude Vorilhon vivait sa passion en tant que pilote de voitures de course et journaliste. Tout cela allait changer le 13 décembre 1973, lorsque, allant à son travail, il a rencontré un ovni qui a transformé, pour toujours, sa vie. » C’est par ce message que l’internaute est accueilli sur le site français du mouvement raëlien. Cette organisation s’est fait connaître du grand public lorsqu’elle annonça, en décembre 2002, que l’une de ses structures connexes, Clonaid, avait conçu le premier clone humain. Publicité mondiale garantie.

Mais onze ans après, il n’y a toujours pas la moindre trace de clone. Pas plus que de la soucoupe volante qui, ce jour de 1973, alors qu’il se promenait sur le volcan de Lassolas, en Auvergne, aurait emmené Claude Vorilhon sur « la planète des Elohim ». Des extraterrestres qui, si l’on en croit le mouvement, auraient créé la vie sur Terre il y a 25 000 ans, et dont il aurait reçu la mission de délivrer un message aux humains.

Créé en 1974 par Claude Vorilhon/Raël, l’organisation raëlienne semble avoir un rapport ambivalent à la notion de « religion », qu’elle revendique parfois (notamment en tant que « religion athée »), mais récuse le plus souvent en se définissant en opposition à ce concept. En tout cas, elle s’en prend régulièrement à l’Église catholique et a même organisé une campagne de « débaptisation et déchristianisation de l’Afrique » en 2009.

En 2006, Claude Vorilhon attribua même à Michel Onfray le titre de « prêtre honoraire du mouvement raëlien », ce à quoi l’essayiste athée répondit par un cinglant « Raël, crétin sidéral ». Les disciples se retrouvent autour de la vision d’un « monde idéal », qui reposerait sur trois piliers. D’abord la « géniocracie », qui consiste à donner le pouvoir aux « génies » en limitant le droit de vote aux personnes dont le quotient intellectuel est supérieur de 10 % à la moyenne, et l’éligibilité à ceux dont le QI la dépasse de 50 %. « L’humanitarisme », ensuite, qui veut instaurer l’égalité sociale en rendant l’État propriétaire de tous les biens, qu’il louerait pour 49 ans. Enfin, l’instauration d’un gouvernement mondial, avec monnaie et langue uniques.

De l’importance du poil en télépathie(…)

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