Les mormons entrent dans la lumière

Créé le 30/10/2012 à 06h52 — Mis à jour le 30/10/2012 à 08h39

RELIGION – En France, la candidature de Romney à la présidentielle américaine leur permet de faire parler d’eux…

Avec ou sans iPad, les intervenants se succèdent au pupitre et témoignent de leur foi devant une assemblée endimanchée. Il y est question de Jésus-Christ, mais surtout du livre de Mormon, récit sacré des relations de Dieu avec une mystérieuse civilisation de l’Amérique ancienne. Mais d’Amérique contemporaine et de Mitt Romney, candidat républicain à la présidentielle et adepte du mormonisme, il n’est nullement question lors de cet office religieux à l’église mormone de Torcy (Seine-et-Marne).

«L’Eglise est neutre en politique, affirme Christian Euvrard, un fidèle actif. Mais il est évident que cela a un impact pour nous, c’est l’occasion de nous faire connaître. Comme dans la foulée des Jeux olympiques de Salt Lake City [en 2002], c’est le “mormon moment”», concède-t-il. Se faire connaître pour faire reculer ce qu’il perçoit comme des «préjugés». Car «les gens pensent encore que nous sommes une secte même si les stéréotypes, comme celui selon lequel nous serions polygames, disparaissent progressivement».

Jamais classée comme secte

Si la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires n’a jamais classé l’Eglise de Jésus­-Christ des saints des derniers jours comme secte, les critiques ne manquent pas contre les mormons: leur obsession de la généalogie pour effectuer des baptêmes post mortem, leur prosélytisme, leur rigorisme moral (interdiction de consommer de l’alcool, du thé ou du café, d’avoir des relations sexuelles hors mariage).

«Sur ces sujets, c’est vrai que nous sommes à contre-courant de la société, reconnaît David Magalhaes, l’évêque mormon de Torcy, impeccablement cravaté. Mais j’ai des amis, qui ne sont pas dans l’Eglise, qui trouvent que nous avons raison de nous imposer cela: nos enfants ont moins de risques de tomber dans la drogue ou d’avoir des problèmes de sexualité extravertie.»

«Nous avons une réputation d’intégrité, de travailleurs, complète Pierre Lazeras, un médecin de 64 ans, converti au mormonisme à l’âge de 24 ans. Je ne cache pas mon appartenance à l’Eglise. Mais, s’inquiète-t-il, si Romney est élu, est-ce que l’opinion ne va pas associer ses décisions avec l’Eglise mormone?»

 Alexandre Sulzer