Les portes ouvertes de la Scientologie dérangent

M.-A.G. | 27 juil. 2014, 07h00

Rue Legendre, Paris (XVIIe), hier. L’Eglise de scientologie, visée par de nombreuses plaintes, a organisé une journée portes ouvertes. (LP/M.-A.G.)

Elle a beau être visée par une nouvelle enquête pour « harcèlement moral » et « abus de faiblesse » dans les Yvelines, l’Eglise de scientologie continue de mener sa vie comme si de rien n’était. Hier, et aujourd’hui encore, elle organise des « portes ouvertes » à son siège parisien implanté au 69, rue Legendre (XVII e). Des affichettes ont été posées un peu partout dans le voisinage et jusqu’à la ville d’Asnières (Hauts-de-Seine) pour annoncer cette opération de prosélytisme.

Hier matin, dans ce grand bâtiment blanc, la foule ne se pressait pas pour autant. Les livres de Ron Hubbard, placés bien en évidence dans la vitrine n’attirent pas vraiment les regards. Mais chez les riverains, la présence de ce mouvement classé parmi les sectes par plusieurs rapports parlementaires, agace.

Les dirigeants parisiens de l’Eglise déjà condamnés

« Je ne comprends toujours pas comment ils peuvent continuer à avoir pignon sur rue », grince Sophie, qui habite quelques rues plus loin et refuse catégoriquement les tracts régulièrement distribués par l’Eglise aux sorties du métro. D’autant que les dirigeants parisiens ont été condamnés en février 2012 pour « escroquerie en bande organisée ». Une condamnation confirmée par la Cour de cassation à l’automne dernier. Le « Celebrity Centre » et sa librairie doivent payer des amendes de 200 000 et 400 000 €.

La maire (UMP) du XVIIe, Brigitte Kuster, avait d’ailleurs saisi l’opportunité de cette condamnation pour demander au ministre de l’Intérieur la fermeture du centre. En vain.

En attendant, les habitants restent vigilants. « Maintenant que mes enfants vont seuls à l’école, j’ai pris le temps de leur expliquer ce qu’était la Scientologie et je leur ai formellement interdit de s’arrêter au centre », explique Jeanne, une mère de deux garçons de 12 et 14 ans.

Source : le parisien